Résistance Avesnois 1940 1945

Résistance Avesnois 1940 1945

Plantain

 

 

La photo de Plantain elle n'est pas jolie mais elle est là

il baisse la tête, il n'aurait jamais du pouvoir la relever

  

 Plantain

 

       Paul-Henry Plantain est né le 3 avril 1922 à Cambrai, où il fut instituteur jusqu'en 1941. Il s'engage  au 12eme cuirassé à Orange, il a d'ailleurs été condamné à dix ans de prison pour désertion par le tribunal militaire de Clermont-Ferrand, et à un an de prison pour escroquerie et abus de confiance par le tribunal de Lons- le- Saunier.

Il arrive à Landrecies en avril 1942, entre en rapport avec Roger Robert vétérinaire à Landrecies et chef d'arrondissement de l'OCM, il devint bientôt son adjoint. Robert envoya celui-ci pour accompagner les deux instructeurs qui avaient été parachutés  pour instruire  les résistants au maniement des armes automatiques et les initier  aux diverses méthodes de sabotage. Après ce stage Plantain fut lui même instructeur et se rendit dans tout les groupes de résistance de l'avesnois et du bassin de la sambre. Plantain connaissait donc tous ces groupes et la plupart de ses hommes, ainsi  que les endroits où les armes étaient cachées.  Dans le mois de octobre 1943 Robert envoya Plantain chez mon père chercher un poste émetteur, c'est de cette façon que Plantain connut mon père et mes frères, il arriva chez  mes parents en moto, et moi comme un gamin de 10 ans qui n'avait jamais vu de moto je suis resté prés d'elle  en la regardant tout le temps que Plantain a été avec mon père et mes frères, et je me souviens encore quand Plantain est ressorti de l'étable il avait une  valise à la main  la même valise que celle que j'ai transporté sur mon vélo, il fixa cette valise sur le porte-bagages de sa moto, il laissa tomber  un chiffon jaune qui resta  dans la cour après son départ, je l'ai  ramassé, je l'ai  mis dans l'étable , celui-ci resta longtemps chez nous. Le poste émetteur a été retrouvé sous le foin lors de l'arrestation de Henri Godard. Dans le mois de décembre Robert est surpris de ne pas voir Plantain pendant plusieurs jours, celui-ci   donne comme excuse à Robert qu'il avait fait une conquête et qu'il était allé passer quelques jours agréables: en réalité il était allé à la gestapo.

A la suite de détournements qu'il fait, il se trouve muté à St Quentin, où il doit participer à une attaque de la prison, dans le but de délivrer le patriote Farjon. Cette attaque n'a pas lieu, mais la plupart de ceux qui doivent la mener sont mystérieusement et soudainement arrêtés.

 Revenu à Landrecies, il se voit confier par Robert un sabotage sur une usine à Escaudœuvres le 1er janvier. Voyant en cette mission dangereuse un moyen  pour se débarrasser de lui, il entre dans une grande fureur et va dénoncer Robert à la felgendarmerie de Cambrai.

On conduit le traître auprès du sinistre criminal  Parman chef du SD à Lille et il révèle à   celui-ci tout ce qu'il sait  sur les rapports de l'OCM avec Londres, sur les agents anglais de la région, sur l'organisation des sabotages et des parachutages. Il dénonça plus de 30 patriotes et en particulier les chefs cantonaux de l'OCM pour l'arrondissement d'Avesnes, dès lors il est complètement dans les mains du SD dont il devient l'agent appointé sous le matricule 92.

Lors d'un interrogatoire de Farjon par Parman, ce dernier apprendra à Farjon qu'une attaque de la prison de St Quentin  pour

le libérer avait été organisée mais que l'agent 92 les avait prévenus.

Parman ne pensait pas que ces hommes reviendraient des camps de concentrations et il apprit à Farjon  que l'agent 92 n'était autre que Plantain. Plantain va avec Parman s'efforcer de garder  la confiance de ses anciens camarades de combat et de les attirer dans un guet-apens, avec Parman il va se créer  un alibi afin de prouver qu'il a accompli le sabotage  d' Escaudœuvres. Et c'est sans doute avec la complicité de Parman qu'il invite Carpentier à organiser une embuscade contre des policiers allemands venus dans la région. Le 6 janvier, son nouveau chef (Parman) lui apprend l'arrestation de Coupez. Dans la nuit du 6 au 7 c'est au tour des Carpentiers  Père et fils, d'André Godard, Trannois, Saccardiaux, Henniaux, Robert, Legrand, Henri Godard qui est abattu dans sa cour et les documents cachés par Robert sont découvert ainsi que le poste émetteur caché sous le foin.

    Le lendemain, Plantain prévient  certaines des personnes qu'il a dénoncées du danger qu'elles courent et file sur Paris. Les allemands pensaient que Plantain pourrait prendre la tête de la résistance dans l'avesnois et leur en livrer toutes les ramifications. Le traître revient à Landrecies mais s'aperçoit vite qu'il est grillé ce qui amène aussitôt  une nouvelle série

d'arrestations.   Fin février, une nouvelle entrevue avec Parman  apporte  à  celui-ci  des  noms  supplémentaires,  peut  être  ceux  de  mon  Père et de mes  frères  Jules et Roger Lebon , Emile Vallée, et ceux de Etroeungt. En mai Plantain, arrêté  par la police Française et libéré par les allemands,  revoit Parman et une nouvelle série d'arrestations dans la région de Le Quesnoy. C'est enfin à Paris  l'arrestation de Boulanger chef régional de l'OCM. La libération approche et Plantain réussi à se faire admettre comme lieutenant dans les FTP sur recommandation  de l'adjoint du Général Joinville. Il participe à la libération de Paris et commande des pelotons d'exécutions de miliciens.

C'est Paul Chabloz qui le fera arrêter, il nie tout d'abord, puis mis en présence de fait et de témoignages irrécusables, il avoue et reconnaît avoir été l'agent 92 et avoir touché de la gestapo la somme de 21000 francs. Plantain sera jugé au tribunal de Valenciennes, il se présente comme le type même de l'inconscient.  Il parle sans cesse de lui même avec détails et ne manifeste aucun regret de ses actes. Au contraire, il étale complaisamment ses activités et rappelle ses aventures sentimentales, il répond pendant plusieurs heures avec un calme  imperturbable aux questions que lui pose le jury. Il reconnaît 35 dénonciations sur une cinquantaine environ. Il ne reconnaît que les déportés rentrés, c'est pour cette raison qu'il nie la dénonciation de mon père et de mes deux frères qui ont étés arrêtes pour détention d'un poste émetteur "le certain poste que plantain est venu chercher chez mon père en octobre 43. 53 témoins à charge sont appelés dont ma Mère il lui répondra  d'un ton arrogant "je me souviens bien de vous, j'ai même mangé des pommes dans votre étable". Après une brève délibération le jury donne son verdict « Henri Plantain responsable OCM, agent 92 de la gestapo, lieutenant FFI, après avoir causé la déportation d'une cinquantaines de personnes  est condamné a la peine de mort et à la confiscation de ses biens » .Il accueille la sentence avec calme.

Quelques  temps après Plantain est gracié et sa peine est commuée en travaux forcés a perpétuité  et en 1953 sous le gouvernement de Georges Bidault  il sera libéré, et il travaille avec Claude Darget à la vie des animaux à la télévision ainsi que pour le journal "le chasseur Français" et maintenant il vit bourgeoisement dans l' Yonne  a Sens.

On dit toujours bien mal acquit ne profite jamais, mais pour Plantain on pourrait dire:

"Bien mal agit profite toujours"

Plantain serait décédé le 17 septembre 2003 à Sens

Il aurait publié un livre « Au pays des castors » il reçu le prix Gramont

Qui lui fut remis par Jacques Chirac

 

 

 



31/07/2009
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