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Les racontarts d'un gamin de Cartignies

 Préface

Reprenant une formule du Général de Gaulle à l’aube de sa vie : « Sentant venir en moi le froid éternel… », j’ai voulu faire mienne de cette formule et c’est pourquoi à 76 ans, j’ai ressenti le besoin d’écrire moi aussi et bien modestement « Mes mémoires » ceci afin de laisser aux générations suivantes le témoignage d’un homme franc, droit ,honnête et travailleur ayant l’amour de sa patrie, que la guerre a brisé, que la maladie n’a pas épargné mais qui a toujours fait front.

J’espère que ce récit est plein d’espérances car il n’y a aucun calcul de ma part, ni le besoin de me mettre en valeur, ni celui de me considérer autrement que le gamin de Cartignies trois fois meurtri à l’âge où l’on est encore très fragile et dont le premier horizon à l’âge de 14 ans au sortir de la guerre, fut d’aller traire les vaches et de sortir le fumier à la brouette.

N’ayant que le Certificat d’Etudes, j’ai éprouvé de grandes difficultés aussi je me suis fait aider par un ami de trente ans qui m’a demandé de conserver l’anonymat  je le remercie car il n’a pas déformé mes propos.

                                                                                   Albert Meresse

 

 

Ce récit est celui  de ma vie, la plupart des  personnes que j’ai côtoyées et qui sont citées  dans ce récit  sont encore  de ce monde, et peuvent témoigner de la vérité de mon récit. 

Cadet d’une famille de 4 enfants, je suis né le 11 Juin 1933 à Cartignies, dans une petite ferme herbagère de l’Avesnois fils de Jules Meresse Ancien Combattant de la guerre 1914-1918 et de Marcelle Marit, j’ai été élevé dans une famille unie et heureuse ayant l’amour de la Patrie  entouré de  mon père, de  ma mère, de  mes deux frères et ma sœur. J’ai eu une enfance heureuse jusqu’à l’âge de 10  ans

J’ai écrit ces pages pour rendre honneur à tous ceux qui se battus pour la liberté et contre la barbarie nazie, je l’ai fait avec peu de moyens mais aussi avec  honneur et vérité historique pour laisser un témoignage aux jeunes générations qui doivent savoir et comprendre.

Je suis entré à 6 ans à l’Ecole Maternelle de Cartignies. En 1939, la mobilisation générale avait lieu, et je me souviens très bien avoir vu des soldats français creuser une tranchée dans une pâture face à la maison Potain, il m’est même arrivé d’y aller jouer avec d’autres camarades.

Chaque matin et chaque soir, pour aller à l’école je faisais un trajet de 3kms500 à pieds avec, 2 petits camarades : Jean Rosin et Robert Mozin  .Le  midi,  nous mangions  notre repas chez Julia, une brave femme qui rendait service à tout le monde et qui nous accueillait.

En mai 1940 l’invasion du pays nous oblige à évacuer : Mon père décide de partir, nous allons donc vers l’inconnu sur les routes comme des milliers de personnes.

En 1914/1918 les Allemands n’étaient pas allés très loin, et les anciens combattants qui avaient, au plus 55 ans pensaient que l’armée française allait stopper l’envahisseur comme elle l’avait fait en 1914, et que l’évacuation mettrait leur famille à l’abri

Gérard qui a 20 ans attend son ordre d’appel, c’est la raison pour laquelle il restera à la maison

L’évacuation en C4 Citroën, nous conduit à Moulin la Marche en Normandie, nous avions de la famille du côté maternel, mon père pensant que nous serions dans cette région pour un moment chercha du travail, et il travaillera dans une ferme avec mon, frère Robert mais 15 jours plus tard à l’approche des allemands mon père décide de descendre plus bas vers la Loire que nous traversons à Angers  et nous arrivons à Chaudefonds sur Layons un petit village près de Chalonnes sur Loire,  mon père décide de louer une maison, car tout le long du trajet il fallait dormir sur de la paille, maintenant  nous avions un toit.Les jours passent et mon père suit la progression des allemands, une quinzaine de jours après les Allemands nous rejoignent ils passent devant la maison en side-car,mon père est complètement bouleversé de les voir, environ deux heures plus tard en voici d’autres qui arrivent à la maison et réquisitionnent la voiture, elle nous est rendue deux jours plus tard.

Mon père décide de reprendre la route de Cartignies, je me souviens très bien avoir eu très peur en repassant la Loire sur un pont de bateaux que les allemands avaient construit car les soldats français avaient fait sauter le pont avant de partir. Le retour ne fut pas facile mon père et mon frère étaient parfois obligés de faire plusieurs kilomètres à pieds pour trouver de l’essence, ils prenaient chacun un bidon, et ne disaient pas qu’ils étaient ensemble et de cette façon ils avaient le double de carburant car la quantité fournie ne dépassait jamais 5 lires.

Tant bien que mal nous arrivons à Cartignies le 21 juin, Gérard est toujours présent, son ordre d’appel n’est jamais arrivé, il a fait le travail de la ferme et surtout empêché le pillage chez les voisins, car dans les colonnes d’évacués qui sillonnent les routes, certaines personnes étrangères lorsqu’elles voyaient une maison vide, en profitaient pour récupérer ce qui n’avait pas été emporté par les propriétaires.  Je suis très content de retrouver mes habitudes de gosse, et de revoir mon frère, j’entendais souvent mon père et ma mère se demandant comment cela se passait pour lui.

Le premier Octobre c’est la rentrée des écoles, maman me dit : « tu vas changer de classe » car le village avait brûlé à l’arrivée des allemands et nous n’avions plus d’école.

Le premier jour de la rentrée nous sommes dans une chambre à l’arrière  du café de Pierre Dérombise, le midi je mange chez Madeleine Détrait la fille d’un voisin qui avait trois enfants Michel qui était de mon âge, Paul qui avait un  an de moins et Colette deux ans de moins, Madeleine  tenait une quincaillerie sur la route d’Avesnes après le pont de l’Helpe, son mari avait été mobilisé et était certainement prisonnier en Allemagne, je dis certainement car à ce moment là beaucoup de ces hommes mobilisés avaient été fait prisonniers et les familles ignoraient où ils se trouvaient.

Le midi après avoir mangé nous  étions  pressés Michel Paul et moi  d’aller voir les maisons brûlées du village, la première était le café de Jules Michel, ensuite les écoles des garçons, ensuite celle des filles, la maison de Charles Boise un quincaillier, la brasserie Leconte, la maison du Docteur Leprêtre, quelques maisons particulières dans la rue du cimetière, en revenant dans le village, la maison du marchand de légumes, le café de Julia la brave femme qui nous faisait à manger le midi en 1939,   l’église qui n’avait plus de clocher, il avait brûlé  aussi, la brasserie Dérombise, et plusieurs maisons de cette rue du Grand Rieux.

La vie continuait, des véhicules allemands traversaient souvent le village, nous avions peur surtout que mon père m’avait mis en garde de ne pas les regarder et surtout de ne pas les approcher.

A la ferme très souvent des personnes, venant des villes, parfois très éloignées comme Valenciennes et essayaient de trouver du ravitaillement, car la vie dans les villes était très dure,  nous dans les fermes nous consommions les produits laitiers que nous produisions, car les cartes de restrictions avaient été distribuées.

Il arrivait très souvent que la famille qui habitait soit dans les villes ou dans des villages viennent à la maison se ravitailler comme Le cousin de mon père Maurice Carniaux qui était Instituteur à Fives Lille, Gaston Delhaye  de Valenciennes le camarade de guerre de 14/18 de papa, Léon Trottin et sa femme Nelly, une cousine germaine de maman, sa fille Alice qui habitait Sars Poterie  qui avait trois enfants Denise Michel et Bernadette née en 1940 qui ne connaissait pas son père  il  était prisonnier en Allemagne, Alice n’avait pas beaucoup de ressources, et venait très souvent se ravitailler, moi j’étais très content quand je la voyais arriver avec Michel et Denise car nous étions très proches et aimions jouer ensemble.

Mon père recevait souvent des hommes souvent seuls ou parfois à deux, ils partaient dans une chambre et revenaient ensuite après avoir discuté, je ne demandais rien car je connaissais la réponse « les enfants ne discutent pas avec les adultes et ne s’occupent pas de leurs conversations ».

Un jour mon père est allé à Lille avec ma sœur Lysiane il revint deux jours plus tard, il avait acheté une montre à Lysiane, il avait rendu visite à son cousin Maurice Carniaux.

Lors d’une rare discussion de mes parents, j’entendis ma mère dire à mon père : « tu ne crois pas que tu as fait ta part à l’autre guerre ».

En octobre 1941 est arrivé à la maison un certain   Maurice très gentil avec moi, il me prenait sur ses genoux et jouait souvent avec moi, dans la journée il se rendait souvent à l’atelier il faisait des bagues avec des pièces de monnaies, il en fit une pour Lysiane, dans le mois de mars 1942 je rentre de l’école, Maurice n’était plus là, maman me dit : « Il est parti voir sa famille » Je ne le revis plus jamais.

Nous allions en classe avec des chaussures à semelles de bois, les parents avaient beaucoup de mal à trouver de quoi habiller les enfants, les restrictions se faisaient sentir de plus en plus, le beurre était réquisitionné pour les allemands, on entendait dire que des cartes de pain avaient été volées, même dans les mairies…,

En 1942, l’ennemi instaura le service du travail obligatoire en Allemagne (STO), ceux qui ne se présentaient pas risquaient gros, je me souviens que mes deux frères ne dormaient plus à la maison, ce fut le début de faits que je ne comprenais pas, des hommes venaient  discutaient, partaient dans les pâtures de Paul Lecoyer avec papa, je revois toujours ces deux hommes 25/30 ans pas très grands et assez costauds,  le soir ils sont repartis je les reverrai plus tard,  mais d’autres sont venus  aussi.

A la rentrée d’octobre 1942 nous avons changé d’école, la commune dont la plupart des bâtiments avaient brûlés avait bâti des baraquements en bois pour les écoles et la mairie, donc nous voici dans une nouvelle classe, mon instituteur Mr Ellers, était très sévère, et moi assez indiscipliné donc je me retrouve souvent face à des punitions à faire signer par les parents, ce qui provoquent des remontrances de papa.

L’hiver 42/43 fut terrible, nous avions froid pour aller en classe, et il nous arrivait souvent de laisser notre manteau pendant la classe, l’instituteur nous demandait d’apporter un morceau de bois de temps en temps pour chauffer la classe.

En juin 1943 en rentrant de l’école un homme est là, assis, je lui dis : « Bonjour Monsieur », il me répondit « Je m’appelle Henri », donc je l’appelais Monsieur Henri.

Un après midi il arrive à l’école et discute environ dix minutes avec le Directeur, Marcel  Fourmanoy, je me dis pourtant je n’ais rien fait de mal, comme je suis un peu brigand on ne sait jamais, à la sortie à 16 heures Mr Henri m’attendait à l’entrée du « chemin du bon de bout », comme on disait à ce moment là, il avait le vélo de mon père, il me fit monter sur ce vélo et me reconduisit chez moi, le lendemain mon instituteur me donne une punition à faire signer par mon père, mais je me suis rendu compte que c’était une lettre pour   Monsieur Henri , car l’instituteur regarda la lettre rendue le lendemain  mais ne regarda pas la punition.

Apres le départ de Mr Henri j’ai continué a porter des lettres de mon père  à Mr Fourmanoy et l’inverse, début décembre, papa me dit demain tu iras en classe en vélo, j’étais content, quand je pris le  vélo le lendemain papa a mis mon cartable ficelé sur une petite valise, qui se trouvait déjà sur le porte bagage et il me dit tu passeras par la ligne de chemin de fer et tu iras chez Julia Génard, de cette façon je ne passais pas par le centre du village, en arrivant cette dame que je connaissais bien m’attendait, et elle me dit prend ton cartable tu reprendras ton vélo ce midi après manger, quand je repris le vélo la valise n’y était plus, je servais donc de messager         

Et cela arriva encore plusieurs fois ensuite, les jours passaient et je servais donc de messager. Il arrivait souvent que des avions Anglais passent pendant plusieurs heures pour aller bombarder l’Allemagne et le soir ils repassaient, il arrivait aussi que en allant à l’école le matin, on retrouvait des bandes de papier qui avait été larguées par les avions anglais, nos parents nous disaient de ne ramasser aucun objet sur la route ou dans les prairies, pour nous faire peur ils disaient que cela pouvait exploser, et cela marchait.

Dans le mois de juillet Monsieur Henri partit en voiture à cheval avec mon père, quand celui-ci rentra il était seul et je ne revis plus Henri.

Après cela, les allées et venues de personnes à la maison étaient de plus en plus fréquentes, même le soir Fernand Wargnie est venu plusieurs fois mais quand il arrivait mon père disait : « allez les enfants on va dormir, » et moi et ma sœur nous allions nous coucher sans rien demander.

En mars le 17 mars exactement le midi en sortant de l’école un camion bâché démarre de la mairie avec des soldats armés à l’arrière il passe à côté de moi et des fils Détrait, nous avions l’habitude de voir des camions allemands mais jamais avec des soldats armés à l’arrière, après nous allions réviser nos leçons assis sur le petit mur en face de la quincaillerie Détrait, un camion Allemand est arrêté chez Mme Collignon, et je vois Léonce Roseleur sortir de chez Eugène  Prissette, le charron du village ils discutent ensemble et je l’entends dire en regardant le camion « Ils sont venus ce matin arrêter Jules et ses fils », mais moi trop jeune je ne comprends pas, c’est en rentrant à l’école vers 13h 30 que  l’instituteur vient me voir et me dit de rentrer chez moi, je reprends la route de la ferme  mais des choses me semblent bizarres des personnes qui me causent souvent quand je rentre de l’école, se retournent ou ne me regardent pas  et en arrivant à la maison je comprends : mon père et mes frères ont été arrêtés par les allemands, et le camion avec des soldats armés à l’arrière, mon père et mes frères étaient dans ce camion-là, voilà l’explication des paroles de Léonce Roseleur sur Jules et ses deux fils.

Et j’apprends que c’est ma sœur qui a ouvert la porte aux allemands, car mes deux frères se trouvaient dans la maison ils écoutaient la radio de Londres, et se sont sauvés mais après une brève fusillade ils ont levé les bras.

Dans la maison c’est le déluge les matelas ont été ouverts avec des coups de couteaux ou des baïonnettes, les tiroirs sont retournés.

Je ne veux pas m’attarder sur cet épisode il est repris dans « La résistance de Jules Méresse »

Je suis une quinzaine de jours sans aller en classe à mon retour les camarades me posent beaucoup de questions, qui me font pleurer, et chaque fois que je vois des allemands j’ai peur qu’ils soient venus chercher ma mère, et que nous soyons seuls avec ma sœur.

Le soir, il arrive très souvent que des patrouilles passent, nous ne vivons plus, nous avons peur.

Ma mère est souvent absente pour essayer de voir mon père et mes deux frères pour leur porter des vêtements et de la nourriture,

Mes deux cousines, les filles de mon oncle Albert dont papa avait la tutelle, étant en âge se sortir de l’orphelinat sont revenues à la maison pour aider à la ferme.

Le 6 juin 1944 nous apprenons que les américains ont débarqué en Normandie, aussitôt nous pensons qu’ils vont revenir, mais personne ne rentre, les jours passent je vais traire les vaches quelquefois avant d’aller en classe, mais le soir c’est tous les jours, je regarde la progression des américains sur une carte, en pointant les endroits avec des aiguilles et un fil, le 25 août c’est la libération de Paris, nous nous disons qu’ils approchent et qu’ils reviendront bientôt.

Un soir le voisin nous dit d’aller boire une tasse de café comme souvent, mais ce soir là j’en garde un souvenir particulier car, quand nous sommes sortis pour rentrer chez nous en passant par la prairie qui séparait notre maison  de celle d’ Emile Marion, nous entendons causer sur la route, ma mère n’a pas l’air de s’affoler nous traversons la pâture en vitesse et nous nous rendons compte qu’il y a des hommes à côté de chez nous, maman nous dit ce n’est rien n’ayez pas peur, et le lendemain, j’ai même retrouvé un couteau qui avait été perdu sous la fenêtre de ma chambre,  le jardin était tous  piétiné,   je l’ai dit à maman, elle ma répondu n’aie  pas peur,  ne t’inquiète pas ce n’est rien, et je ne comprendrai que quelques jours plus tard.

Le lendemain on entend la canonnade des américains qui se rapprochent, et vers 17 heures un avion passe plusieurs fois au dessus de la maison, et je remarque qu’il y avait un rond tricolore, je me dis c’est un avion français, maman est partie faire la traite des vaches avec ma sœur et mes deux cousines et me dit de rester à la maison, je me souviens très bien, je me cachais dans l’étable à chaque fois que l’avion passait.

Et le soir vers 19 heures Emile Marion vient nous dire que les Américains passaient sur la route Floyon à Cartignies à environs 500 mètres à vol d’oiseaux de chez nous, pour nous c’est la joie, maman dit aux voisins de venir boire une tasse de bon café pour fêter cela, car nous pensions que papa et mes frères allaient rentrer, nous ne savions pas qu’ils se trouvaient en Allemagne dans des camps de concentration.

Vers 20 heures 30 les voisins Emile Marion arrivent avec leurs deux enfants Elisabeth et Roger et nous entendons beaucoup de bruit. Dans le soir qui tombait nous voyons une colonne de véhicules qui descend la route face à chez nous, nous pensons que ce sont des Américains et ma sœur Lysiane, ma cousine Odette et moi-même nous montons à la chambre pour voir. A ce moment nous voyons que ce sont des allemands et ils tirent sur nous, cinq coups de feu claquent, personne n’est touché nous descendons à la cave, les allemands n’ayant pas de réponse à leurs coups de feu s’en vont, nous restons à la cave jusque 3 heures du matin, et ensuite nous allons nous étendre sur le lit.

Le matin comme tous est calme nous allons faire la traite des vaches, et vers 9 heures Roger Marion vient nous dire qu’il va aller voir les Américains qui passent en haut de chez Léonce Roseleur, je voulais aller avec lui, mais maman me dit que nous allions y aller tous ensemble

En effet, nous allons voir les libérateurs, et nous apprenons que la colonne de véhicules Allemands qui a tiré sur nous, a tué Raphaël Roseleur qui n’avait que 16 ans.

Après être rentrés à la maison maman nous dit qu’elle a quelque chose à nous dire, elle nous apprend que Papa et mes deux frères étaient dans la Résistance, c’est pour cette raison qu’ ils avaient été  arrêtés, et que au sujet des hommes et du bruit que  nous avions entendu quelques jours avant, en rentrant le soir de chez les voisins, c’était un parachutage, maman était au courant de tout cela, avant l’arrestation et  elle y avait participé.

Donc nous voici un peu éclairés sur certaines choses ; les hommes qui étaient à la maison un certain temps, comme Maurice et ensuite Henri étaient des résistants recherchés, les autres personnes cherchaient des terrains pour des parachutages, et les pâtures de Paul Lecoyer étaient le terrain de parachutage, et lorsque Fernand Wargnie venait le soir c’était le signe qu’il y avait parachutage et cela se produira à 5 reprises

Ensuite nous avons vu des allemands fuir et des résistants les rechercher, une dizaine de prisonniers furent fait sur la commune de Cartignies.

Pour moi ces hommes qui avaient tués et fait prisonniers des allemands, ces boches qui avaient arrêtés ma famille étaient des héros.

Malgré la libération je suis très déçu je pensais que les prisonniers allaient tous rentrer mais nous avons compris qu’ils avaient été emmenés en Allemagne

A la reprise de l’école au mois d’octobre, les commentaires sur la Résistance sont sur toutes les lèvres, ils ont appris que ma famille était dans la Résistance, beaucoup de questions qui me font mal me sont posées, il faut toujours avoir à parler de ces mêmes choses sans réponse, je suis toujours triste et ne cherche plus la compagnie de mes copains pour ne pas avoir à répondre à leurs questions.

Dans le mois de décembre, ce jour-là : je ne l’oublierai jamais, il passe beaucoup d’avions qui tirent des planeurs, ils ne sont pas très  haut, ils se dirigeait sur Bastogne où les Allemands avaient contre attaqué, nous étions en récréation, l’instituteur vient me trouver et  me dit vient avec moi, aussitôt le jour de l’arrestation me revient à l’esprit, et je pense quelle mauvaise nouvelle va-t-il encore m’apprendre, et nous nous dirigeons vers un homme  qui discute avec le directeur,  en arrivant à sa hauteur il se retourne et je reconnais Henri, cet homme qui était venu à la maison, venu voir Mr Fourmanoy le directeur d’école, qui était parti en voiture à cheval avec mon père, et que je n’avais plus revu après. Mr Henri se dirige vers moi et me demande si je le reconnais, je lui dis que oui et je me mets à pleurer aussitôt, il me rappelle trop de souvenirs, il me parle gentiment me disant qu’il était allé voir ma mère et que mon papa va revenir bientôt.

Mais les mois passent et en avril et mai 1945 les prisonniers commencent à rentrer sauf ceux de ma famille, les élèves apprennent des chants patriotiques pour accueillir ceux que l’on appelle les déportés, c’est-à-dire, mon père, mes frères, Jules et Roger Lebon et Emile Vallée, l’instituteur me dit que je ne suis pas concerné donc je ne chante pas avec les autres, j’approuve car je n’en ai pas l’envie.

Le premier qui rentre est Jules Lebon, ce jour là l’instituteur me dit de ne pas aller en classe, et l’après midi nous allons voir cet homme, il était au lit quand nous sommes arrivés, je le vois encore rentrer dans la pièce où nous étions, il est maigre et très affaibli, et il nous dit que après l’arrestation du 17 mars44  il n’a plus revu ni son fils Roger ni mon père et mes frères, à la prison de Loos Les Lille  ils n’ont jamais été dans la même cellule, mais il prend beaucoup de précautions pour ne pas nous  affoler de ce qu’il subit, et que de Loos il est parti dans le camp de concentration  de Dachau   et que tous les déportés  étaient  habillés d’un  habit rayé bleu et blanc, que sa femme va chercher pour nous le montrer.

En effet « les Meresses, » comme disait Jules Lebon avait été libérés mais repris aussitôt  sur le quai de la gare de Lille, c’est pour cette raison que Jules Lebon dit à sa femme lors de son retour « les Meresses eux sont à leur maison : Leur libération avait été connue d’une personne  collaboratrice qui les trouvaient indésirables, et qui avait fait le nécessaire pour qu’ils soient repris, et d’après les renseignements que j’ai pu recueillir en 1976/77 quand j’ai commencé mon travail de recherche, après reprise à la gare de Lille,   ils ne sont plus retournés à Loos, mais à Saint Bernard une annexe de Loos et  ils sont partis en camion à 9 hommes et une femme  le 12 juin 44 à Bruxelles à la prison St Gilles, puis embarqués dans des wagons à bestiaux direction  Buchenwald  où ils ont étés tatoués fait leur quarantaine et envoyés au camp d’Ellrich où ils seraient arrivés vers août 1944 » 

Les jours et les mois passent Emile Vallée rentre en juin  mais des quatre autres rien, ils ne reviennent pas, maman écrit à beaucoup d’endroits, mais les réponses sont négatives et le 2 mai  une carte adressée à mon frère Gérard arrive, simplement quelques mots « me voici de retour  mon premier soin  et de t’écrire pour avoir de tes nouvelles » et une adresse René Casta Marseille.

Aussitôt maman écrit à René Casta et le 15 Juillet une réponse arrive et là nous apprenons une triste nouvelle : papa est décédé le 11 novembre 1944 à Dora, il nous parle de sa rencontre avec Gérard, et dit qu’il va rentrer car il était encore vivant au 1er avril 45 à l’évacuation du camp mais n’étant pas dans le même bloc ils ne sont pas partis ensemble, et ne sait pas la direction que la colonne de Gérard a pris.

Ensuite nous recevons le journal la « Chaîne » (avec les noms des déportés, rentrés, morts ou disparus) et nous trouvons le nom de Robert Décédé le 18 décembre 44 à Ellrich.

Voici deux mauvaises nouvelles en deux mois qui ne nous remontent pas le moral.

A la rentrée des classes le 1er octobre 45, je suis très triste  et je n’ai pas de vigueur,  mon travail laisse à désirer, il m’arrive souvent d’avoir des punitions à faire signer par maman, mais je n’ai pas trop de remontrances de sa part, elle a autre chose à penser, il faut faire le travail de la ferme et plus d’homme pour le réaliser, elle est obligée de prendre un ouvrier de temps en temps, dans le mois d’ avril   l’instituteur se plaint à ma mère que je ne fais plus grand-chose en classe, et que je suis souvent inattentif en classe, un jour le Docteur Carlier  est venu à la maison et il a conseillé  à maman que je change d’école, car mes camarades me rappelaient trop souvent des souvenirs douloureux.

C’est à ce moment que maman se rend chez madame Détrait à la quincaillerie où je prends mes repas de midi, les deux fils Michel et Paul ont quittés l’école de Cartignies pour le Collège de le Cateau, et maman décide de m’inscrire à ce Collège pour la rentrée d’Octobre. 

Le 1er octobre 1946 je rentre au collège, comme interne, la rentrée à la maison est aux vacances, c'est-à-dire ; La Toussaint, Noël, Pâques et les grandes vacances, cela est un changement pour moi, mais il faut s’y faire à la fin de l’année c’est le certificat d’études, alors il faut travailler

J’ai eu de nouveaux camarades, mais je retrouve des enfants de déportés les deux Godarts,  les deux fils Trannois ils sont tous de la Groise, mais je me lie d’amitié avec Henri Godart dont le père a été tué lors de l’arrestation et la mère décédée en déportation, et Henri ne peut oublier il me raconte l’arrestation et la mort de son père et ensuite l’arrestation de sa mère, me revoici revenu dans le même environnement qu’à  Cartignies, mais je ne suis plus sur place pour revoir les mêmes endroits qui me rappellent les souvenirs, et il y a le Certificat à la fin de l’année et peut être la fin du Collège et de la scolarité ?.

Nous n’avons aucune nouvelle de mon frère Gérard qui est porté disparu ?

Quand je rentre pour les vacances de Noël,  Maman me dit que ça ne se passe pas très bien avec mes cousines et ma sœur, et que la Commune de Cartignies va inaugurer un monument à la mémoire de la famille, la date est fixée au 4 mai 1947, donc il faut que je demande une sortie pour ce jour là, qui je l’espère ne sera pas refusée, et j’invite mon instituteur à cette cérémonie, en rentrant au Collège c’est Henri Godart qui me parle de l’inauguration d’un monument à Landrecies, au sujet de mes études l’instituteur Mr Cuvelier  dit que ses jeunes de Cartignies sont des bons élèves, donc cela me remonte le moral, j’ai très souvent des bonnes notes.

Ma tante Alida, notre bonne matante est décédée le 24 janvier 1946, maman vient me rechercher au collège le samedi 26 pour l’enterrement le lundi 28, je suis reconduit par Émile Gy le lundi soir. 

Arrivent les vacances de Pâques c’est Désiré Détrait le père de Michel et Paul qui vient nous rechercher, car bien souvent c’était ma sœur qui avait eu son permis de conduire   qui nous reconduisait au Collège et Désiré Détrait qui venait nous rechercher.

J’évitais d’aller au centre du village pendant les vacances, je n’aimais pas beaucoup rencontrer les jeunes de mon âge, ils me posaient trop de questions, et surtout j’avais peur de rencontrer mon instituteur Mr Ellers, qui n’était pas content car maman m’avait enlevé de l’école de Cartignies, et l’ayant rencontré une fois il m’avait posé des questions et même demandé que je lui montre mon carnet scolaire.

Le 3 mai ma sœur vient avec maman me rechercher, quand j’arrive il y a beaucoup de monde à la maison surtout des membres de la famille qui sont venus pour nous soutenir des deuils et événements cruels subis, le jour de cette inauguration est un moment très difficile à passer.

Enfin ce jour du 4 mai  arrive, devant une assistance considérable,  le Maire qui n’est autre que notre voisin Paul Lecoyer, membre du groupe de résistance Libé-nord Couesnon équipier du terrain de parachutages   dont mon père était le responsable, c’est lui qui inaugure les rues « Jules, Gérard, Robert Méresse » et la rue Roger Lebon, ensuite nous prenons la direction du monument, C’est Fernand Wargnie  Résistant OCM chef de secteur du terrain  de parachutages, qui fait tomber le drap tricolore laissant apparaître un monument en marbre  orné d’une Croix de Lorraine et de deux branches de laurier, avec les noms des malheureux héros déportés assassinés dans les camps de concentration, après plusieurs discours relatant les actes de ses résistants martyrs, et surtout celui de madame Persyn Inspectrice de l’Education Nationale qui termina par ces paroles, «  Prenez exemple sur ces hommes , ces paysans de France qui ont appris à aimer et à défendre leurs pays sur les bancs de l’Ecole Laïque. »

Le lendemain c’est le retour au Collège, maman m’a recommandé de bien travailler pour mon certificat qui est prévu pour le début  juin,   je m’applique du mieux possible pour réussir  car  je pense que si je réussis je pourrais revenir à la maison plus vite, sans attendre le 14 juillet date des vacances.

Enfin ce jour arrive nous avons une dictée très difficile et un problème assez compliqué aussi,

ce qui me fait le plus peur c’est la dictée, enfin le soir arrive avec les résultats : Je suis reçu

Je pense que c’est fini pour moi, mais après des vacances mon grand père paternel Charlemagne dira à maman, Jules aurait voulu qu’il soit mécanicien, je pense qu’il faudrait qu’il continue ses études avant d’entrer dans un garage pour apprendre le métier.

Lui mon grand père avait fait apprendre un métier à ses deux fils pour ne pas qu’ils soient obligés d’être tisserand comme lui.

Pendant les vacances Emile Gy, qui venait souvent à la maison pour conduire la voiture avant que ma sœur obtienne son permis de conduire, a demandé à maman si elle  voulait qu’il m’apprenne à conduire, maman fut d’accord, car depuis un  certain temps il me laissait sortir la voiture du garage, ce qui me plaisait, donc à la fin des vacances je savais conduire, et en ce temps on n’avait l’autorisation de conduire à côté d’une personne qui avait son permis de conduire, chose que je faisais à chaque fois que la voiture quittait la maison.   

Au premier octobre 1947 je reprends la route pour le Collège de le Cateau, et je rentre en 5 ième Agricole une classe spéciale qui me fait rester avec Mr Cuvelier avec un programme de 5ième nous sommes à 5 élèves dans ce cours, mais le jeudi jour de repos en ce temps là, à la place de la promenade, nous avons un programme de cours agricoles, qui nous prenait toute la journée et de temps en temps, nous allions visiter une ferme.

Je me souviens encore la première fut la ferme de Mr Robrouck route de Cambrai à le Cateau.

Ensuite ce fut la ferme de Mr Godart à la Groise, et le lendemain on reprenait les cours de 5eme ce que je n’aimais pas beaucoup c’était l’Anglais et pourtant il fallait le faire, le soir nous avions étude avec les autres, avec le petit pion qui était très sévère, aller aux toilettes il fallait le demander, interdiction de parler avec les autres, et dans les mois d’hiver les jours sont courts, après le repas du soir c’était retour en étude pendant une heure et ensuite la montée au dortoir.

Arriva les vacances de Noël, c’était 15 jours à passer à la maison, Michel Détrait avait repris la classe de 5ième comme moi et Paul étant plus jeune avait encore un an pour passer son certificat d’études, Désiré Détrait est venu nous rechercher comme d’habitude.

En arrivant à la maison, je constate que ma cousine Juliette n’était pas à la maison, je dis à maman « Et Juliette ? », elle me répond que ; Juliette a voulu repartir chez son oncle Henri Colmont à Boulogne et quelle ne reviendra plus.

Le lendemain, je vois arriver un grand jeune homme, il embrasse ma sœur Lysiane, maman me dit que c’était son fiancé, car ma sœur était âgée de 18ans, il s’appelait Roger Godin.  Les vacances se passent comme d’habitude, sauf que je me rends compte qu’il y a souvent des heurts entre la cousine Odette et maman. Je remarquais aussi que mon grand père maternel, Hilaire Marit avait beaucoup changé, car depuis environ un an il était venu habiter à la maison, c’était un homme très travailleur et assez exigeant, et de voir tous les malheurs que sa fille unique avait subis après l’arrestation, et aussi il avait été très touché, lorsqu’il avait été appelé au tribunal d’Avesnes, pour témoigner contre la femme de Marc Canonne, cette femme qui avait vendu environ une fois par mois des porcs tués aux Allemands, et qui avait dénoncé deux aviateurs Anglais, pour faire rentrer son mari prisonnier en Allemagne, son mari rentra en 1943, et elle continua son commerce. Après la libération lors d’une altercation de la femme Canonne, avec Emile Montay un ancien combattant de 14/18 qui n’avait pas peur de dire ce qu’il pensait, il reprocha à cette dame son commerce avec les Allemands, cette dernière l’attaqua en justice, et Emile Montay sachant que mon grand père avait vu en passant devant chez Canonne les porcs tués près à être embarqués, alla lui demander de déposer en sa faveur, mais n’ayant pas de photo à montrer on le prit pour un menteur, et Emile Montay perdit le procès. Mon grand père était triste c’était un homme usé par le travail, il ne causait plus beaucoup, il ne voyait que Lysiane, et avait toujours quelque chose à me reprocher.  

Maman m’apprend qu‘elle avait reçu les certificats de décès de Papa et Robert, mais pour Gérard il était porté disparu de Dora, et maman me dit que papa avait eu la légion d’honneur la médaille de la résistance et la croix de guerre avec étoile d’argent, et que Gérard était sur le point de les avoir aussi, et je lui dis « Et parrain, ? » car Robert était mon parrain, elle me répondit qu’il les aurait certainement aussi, mais que pour les décédés c’était à titre posthume.

Noël et la nouvelle année se passèrent comme d’habitude sans entrain, nous ne pouvions pas être joyeux avec ce que nous avions passé. Ma cousine Odette était très gentille avec moi mais ça ne me plaisait pas quand elle appelait maman « la vieille. »

Avant de repartir au Collège maman me dit, que je ne finirai pas l’année au collège que je rentrerai certainement à Pâques, et qu’Odette ne serait certainement plus longtemps à la maison, et qu’il faudrait que je rentre pour travailler à la ferme. Le métier de mécanicien était fini pour moi, cela ne plaisait pas beaucoup à mon grand père Charlemagne, lui qui me voyait déjà dans ce métier, mais comme il était un homme compréhensif, et voyant du travail à la ferme, il se résigna vite.

Je suis reparti au Collège le 5 janvier, c’est moi qui conduisait la C4, ma sœur reprendra le volant pour le retour, et dans le mois de janvier maman prévient par lettre le Principal que je quitterai le collège, aux vacances de Pâques.

L’instituteur est venu me parler et m’a demandé de ne pas relâcher mes études parce que j’allais quitter le Collège,  à compter de ce moment tous mes camarades, garçons et filles qui connaissaient ma situation venaient  me causer, me demandant ce que j’allais faire, et me demandant si je reviendrais les voir, car parait’ il  j’étais un bon camarade, et surtout une fille de mon âge «  Jeannine » avait souvent les larmes aux yeux quand elle me causait, d’ailleurs j’ai appris par ses deux amies Claire et Renée quelques minutes avant mon départ qu’elle avait  pleuré. Je ne l’ai jamais revue, il faut dire que je ne suis jamais retourné au Collège ni à Le Cateau, nous n’avions pas de moyen de locomotion pour nous déplacer facilement et souvent.

Donc me voici rentré à la maison comme maman me l’avait dit Odette n’était plus là, elle était partie chez son oncle Henri Colmont retrouver Juliette, nous ne sommes plus que trois, car mon grand père Hilaire  est de plus en plus faible,  Roger Godin est souvent à la maison.

Mon Grand-père Charlemagne m’apprend qu’il est désormais Chevalier du mérite agricole

Je commence à travailler à la ferme, les vaches sont encore à l’étable le matin et le soir c’est enlever le fumier, Georges Contesse un voisin, ancien combattant de 14/18 vient souvent pour m’apprendre à travailler, je savais déjà faire certaines choses, j’ai été élevé à la ferme, La traite des vaches que je faisais avant, atteler le cheval et le conduire, il faut charrier le fumier, et bien d’autres choses que je ferai peu à peu.

Au printemps il faut herser (Ploutrer comme’on disait) les pâtures pour enlever toutes les taupinières, c’est la première chose que je ferai, fin Avril c’est la sortie des vaches en pâtures nous aurons moins de travail.

Dans la nuit du 3 au 4 mai j’avais entendu maman se lever plusieurs fois elle était allée voir son père, donc mon grand père Hilaire qui était de plus en plus mal, et quand on s’est levé elle nous apprend qu’il est décédé, c’était un homme qui avait beaucoup souffert, ma grand mère était décédée en 1933 d’un cancer, la guerre en 39, l’évacuation en 40, en 1944 l’arrestation de la famille, il était venu aussitôt travailler à la ferme, c’était un homme usé par le travail.

Nous nous retrouvions avec 5 décès sur 4 ans, et toujours les souvenirs de l’arrestation et du décès de papa et de mes frères, maman me force souvent le dimanche à aller retrouver mes copains à la messe, pour me changer les idées, et dans le mois de juin nous commençons les foins, je vais faucher, déroder ( c’était couper l’herbe à la faux que la faucheuse avait  laissé  autour des pommiers et des haies)   passer à la faneuse à tambours pour sécher le foin   j’ apprends à faire des charrettes de fourrage en vrac, mais nous avons une saison très humide ce qui nous fait finir les foins très tard

                                                        Chapitre 2

Dans le mois de juin, je surprends une discutions de maman avec ma sœur et le lendemain maman m’apprend que Lysiane allait se marier le 7 août ce fut un mariage simple uniquement avec les proches.

Dans le mois d’Octobre maman décide que nous irions passer quelques jours à Paris chez la cousine Lia, et que ma sœur et son mari feraient le travail de la ferme, à ce moment là il n’y a que la traite à faire matin et soir, et que moi je n’étais jamais sorti je verrai la capitale.

Nous sommes rentrés une huitaine de jours après, très impressionnés, j’avais vu la tour Eiffel, le musée Grévin le Sacré cœur, le Panthéon et bien d’autres choses que la cousine Lia nous avez fait visiter.   Apres notre retour j’ai remarqué que maman avait eu une discussion très vive avec ma sœur, au sujet de son mari, bien sur ma sœur  soutenez son mari, car appart la traite rien  d’autres n’avait été fait, il était toujours chez son père qui habitait st Jean.  

Avec l’hiver c’est la rentrée des vaches à l’étable avec beaucoup plus de travail, maman décide que ma sœur et son mari reprendraient la ferme de mon grand père Hilaire sur la route de Beaurepaire, à la sortie des vaches, je remarque que ma sœur grossissait et maman me dit qu’elle allait avoir un bébé, je m’en doutais un peu, mais je n’aurais pas osé demander, en effet au mois d’avril, j’ai une petite nièce que l’on appelle Réjine, je serai son parrain.

Le premier mai nous sortons les vaches et ma sœur emménage à sa nouvelle maison ; nous avons conduit ses vaches et celles que son beau-père donnait à son fils, et je me souviens que le père Godin avait dit à maman à côté de moi, maintenant ils n’ont plus qu’à travailler ils ont tout pour être heureux, la suite nous en donné la preuve.

A compter de ce jour je me retrouve seul avec maman  Je fais mon travail à la ferme , maman est contente de moi, elle est souvent obligée de me commander, et moi je ne suis qu’un gamin de 14 ans,   Nous sommes heureux ensemble, ma sœur vient de temps en temps  avec la petite Régine.   Le vendredi, je porte avec maman le panier au beurre au marché et ensuite je porte les œufs au marchand, ensuite je rencontre les copains et ils me décident à apprendre le clairon, une répétition toutes les semaines chez André Royaux, maman est contente ce qui me fait sortir, et je rencontre Jean Marie Baillon un camarade d’école qui me décide à aller au cinéma avec lui le dimanche après midi.

Bien souvent le vendredi après le marché nous allions à Beugnies chez Léon et Nelly, la cousine germaine de maman, nous mangions le midi et c’était notre journée de sortie

Le 14 juillet 49, j’ai seize ans, c’est ma première sortie avec les pompiers, nous partons en camion sonner le réveil à tous les hameaux, ensuite le défilé aux monuments, et à la fin de l’année j’apprends à danser avec Paul Bosquette, ce qui va me faire sortir au bal aux   ducasses des villages environnants.

Ce qui ne m’empêche pas de faire le travail de la ferme car l’amusement n’est que le dimanche, et comme nous avions des cerises et des pommes à cueillir, Roger Rouly me demandait d’aller chercher son échelle pour la cueillette.  

Roger travaillé a Montbard Aulnoyes  Pour les foins j’ai été beaucoup aidé, par ce camarade qui est venu fourcher le foin, pour moi faire la charrette, car le beau-frère ne venait pas souvent    nous aider et maman préférait comme cela,  Je voyais bien qu’il y avait un froid de maman avec mon beau-frère, il avait acheté la voiture du prêtre de Cartignies et il préférait  rouler en auto plutôt que de travailler,  d’ailleurs dans le village on l’appelé  5 litres d’essence paquet de cigarettes  et d’après les ont dit courir les femmes     En 1950 le 21mai la croix de guerre est remise à la Commune de Cartignies, ainsi que la légion d’honneur à Fernand Wargnie et à maman et la croix de guerre avec palme à Robert Roseleur, ce jour là, la clique était de sortie, mais mon grand père exigea que je porte le drapeau de la Résistance comme il m’a dit tu ne peux pas refuser c’est un honneur pour la famille, et je suis allé voir André Royaux  le chef de clique pour lui expliquer, celui-ci approuva mon choix.

                                                             Chapitre3

Tous les hivers je faisais du bois pour nous chauffer l’hiver suivant, et au mois de mai juin il fallait le couper  avec la scie circulaire, Norbert Walemme le beau fils de Léon et Nelly, le mari d’Alice qui venait avec ses enfants pendant la guerre chercher du ravitaillement et Norbert très content de ce que ma famille avait fait, voulait m’ aider, cette année là travaillant à Vallourec Aulnoyes,  étant en grève, il vint à la maison et comme ma scie ne coupait plus, ,il m’a montré comment l’affûter, et ayant des ennuis avec la ligne électrique intérieure, il m’a aidé à réparer et à monter l’électricité, il a été un bon professeur pour moi car de ce jour j’ai toujours monté l’électricité moi-même, je lui en ai toujours été très reconnaissant.

En août je suis en âge de passer mon permis de conduire, Camille Robert un camarade de papa s’en occupe je l’obtiens le 19 septembre  1951.

Je suis en âge aussi d’aller à la chasse, et comme je suis comme mon père et j’ai entendu causer de ses exploits avec Emile Marion, je serai chasseur, ayant pour ami Robert Lixon qui est un chasseur, il me dit tu viendras faire l’ouverture avec moi, et c’est lui qui me donne mes premiers conseils de chasseur. J’étais loin de me douter que cet homme était le parrain de celle qui allait devenir ma femme    

Le dimanche je me rendais au bal des ducasses je sortais souvent avec Michel Méresse, Yves Scottez de Cartignies, la rentrée du bal était toujours vers 1heure 30 à 2 heures, le matin le réveil pour la traite était à 6 heures, j’avais l’habitude, il arrivait souvent que j’entendais dire, c’est le fils Méresse dont les parents sont morts en Allemagne, cela me bouleversait et bien souvent je rentrais à la maison.

En 1952 un camarade vient me voir, Marcel Desjardin de Cartignies avec sa fiancée Ginette Pelsez de Prisches pour m’inviter à son mariage le 9 août, je ne savais pas que ce mariage allait être un tournant dans ma vie. Je me faisais une joie d’être invité au mariage avec plusieurs de mes camarades, mais quelques jours avant la nuit du 6 au 7 août nous sommes réveillés en pleine nuit, c’est Emile Gy, qui est voisin avec ma sœur, il vient nous prévenir que la maison est complètement brûlée, ce qui fait un choc pour maman, la maison de son père, aussitôt nous nous rendons là-bas, il n’y a personne de brûlé ni de blessé, mais je me rends à l’évidence les bruits que nous avions entendu au sujet de mon beau-frère  n’étaient pas pour nous rassurer, et maman était  maintenant convaincue qu’ils étaient réels.

Je me souviens très bien que maman a dit  à mon beau-frère  « maintenant vous dormirez a la belle Etoile », il fallait vraiment que maman en voie de routes les couleurs, après  tous ce qu’elle avait passé maintenant la maison de son père    

Le 9 août je me rends avec la voiture de maman, au mariage de mon camarade, il fait un             temps épouvantable de la pluie toute la journée   ma cavalière est une ravissante jeune fille, elle  est la cousine germaine de la mariée, elle est fille d’honneur ce qui nous fait aller chez le photographe à Avesnes sur Helpe, nous rentrons vers 17 heures  pour danser et se mettre a table 

Je passe une journée admirable, non s’en être rappelé à la réalité par Yvonne la mère du marié, qui vient me demander ce que ma mère pense du malheur qu’elle a subi avec la maison qui a brûlé. Vers 3 heures du matin j’apprends que c’est moi qui tire la jarretière de la mariée et ensuite couper la jarretière et en remettre un morceau, à chaque personne avec ma cavalière, elle embrassera tous les hommes et moi toutes les femmes, donc j’ai été obligé d’  embrasser  ma cavalière ce qui ne  me déplaisait pas. Nous nous sommes quittés vers 5 heures du matin, sans promesse de nous revoir, mais je me doutais que cela l’intéressait puisqu’elle m’avait chanté la chanson « Tu me plais, tu me plais » ce qui m’avait ému.

J’ai appris ensuite qu’elle avait demandé à sa cousine de me choisir comme cavalier.

La ducasse de Boulogne sur Helpe,  village prés de chez moi   c’est le 15 août, mais je ne cesse de penser à ma cavalière, et le dimanche suivant je me rends à  la ducasse de Beaurepaire, et là je la rencontre, nous dansons tout le bal ensemble, et nous  nous rencontrons tous les dimanches.

Pour moi le métier de mécanicien est oublié, surtout à cause de Jeannine ma cavalière qui est fille de fermier, donc je suis parti pour ce métier, au mois de février je demande à son père   l’entrée de la maison qu’il m’accorde : c’était la tradition en ce temps-là.

Mon beau-frère ne venait plus à la maison depuis un certain  temps,  nous avion eu la  visite de Paul Lemoine qui était garde champêtre  et qui était un ami de papa,  il avait mis maman au courant de ce qu’il se passait, Godin courtisait la femme de Daniel Carlier et qu’il avait  la certitude que c’était lui qui avait mis le feu a sa maison, et qu’il avait dit  avant  de foutre le camps je ruinerai ma belle-mère, Paul Lemoine dit a maman qu’il allait s’en occuper, mais maman l’en dissuada, je me souviens très bien  car j’étais présent que maman lui avait dit cela va se retourner sur ma fille et ma petite fille, nous en avons déjà vu assez comme cela ma sœur  venait  très rarement avec Réjine  ce qui semblait dure pour maman car à chaque fois c’était des disputes  au sujet de son mari.

En 1953 le 8 mars mon grand père Charlemagne décède, il était à la maison depuis un certain temps car il ne pouvait plus rester seul,  c’est un choc  pour moi, mon grand père qui m’aimait tant, lorsque je rentrais du Collège j’y allais tous les jours, il habitait à 500 mètres de la maison, en hiver je lui coupais du bois pour allumer son feu, je lui rappelais ses deux fils, Albert décédé en 1932, et Jules mon père, en 1944, lui qui était si fier de son fils Jules, engagé en 1913 cité à l’ordre de la division en 1917 entré dans la Résistance en 1941,  pour lui,  il était  l’honneur de la famille Meresse, il m’avait dit quand  j’avais porté le drapeau de la Résistance, c’est le drapeau de l’honneur, je ne l’ai jamais oublié c’est certainement la raison, pour laquelle maintenant je mets l’honneur avant tout.

Au mois de Septembre Lysiane vient nous rendre visite, en vélo avec Réjine derrière,  ce jour là en arrivant elle se met à pleurer et dit qu’elle voulait divorcer, Maman lui dit tu as quand mêmes compris   et puisque tu es décidée nous allons te conduire chez Maître Allard  à Avesnes  .Celui-ci lui donna la marche à suivre et vint avec nous mettre les scellés sur tout ce qui leur appartenait, ce jour était un mercredi le jour que j’allais voir ma fiancée, et quand  nous sommes rentrés d’ avoir posé les scellés à 21 heures, maman m’a dit pour une fois nous n’irons pas traire les vaches  « Il est tard, mais va  voir Jeannine car elle va  s’inquiéter », en effet quand je suis arrivé elle pensait que c’était fini, que je l’avais abandonnée, en ce temps là nous n’avions pas de téléphone.  Ma sœur était restée chez nous donc nous étions trois mais ma sœur avait toujours eu beaucoup d’emprise   sur moi  et depuis que nous n’étions plus que deux avec maman cela se passait bien mais  maintenant ce n’était plus la même chose.   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mais tous cela ne m’empêchait pas de faire mon travail de la ferme, que je faisais très bien parait-il, je n’avais que 20ans.

Comme j’avais passé le conseil de révision, les conscrits faisaient un bal, nous avions décidé que ce serait le 25 octobre et ce jour là Jeannine est venue me rejoindre, car nous allions au bal tous les dimanches.  

Maman avait fait les démarches pour que je sois exempté du service militaire, quelques mois plus tard nous recevons un papier du recrutement disant ;  Le jeune Albert Méresse sera exempté du service obligatoire «  a deux proches parents morts pour la France. »

Logiquement c’était trois, mais puisque deux était la solution, il n’y avait pas à discuter, mais j’allais en subir les conséquences plus tard.   

Au mois de Novembre le  père de Jeannine tomba malade, et il décéda le 29 décembre  à 53 ans. Durant le mois de mars nous décidons de nous marier en août.

Il fallait prendre une décision car, nous n’avions plus de père, et une ferme de chaque côté et nos mères ne pouvaient pas continuer la ferme seule, ce jour c’est décidé : maman voulait que je reprenne à la maison ce qui était normal et comme le frère de Jeannine était prêt à reprendre la ferme de sa mère tout s’arrangeait, donc je serai fermier à Cartignies sur la ferme familiale.

Nous sommes mariés le 21 août 1954 à  Prisches, j’avais 21ans, ce fut un mariage très simple les témoins et les proches, en ce temps-là  pas de voyage de noces  le surlendemain c’était le travail à la ferme moi à Cartignies et Jeannine avec sa mère, et nos mères décidèrent de faire une vente de cheptel ma belle mère au mois de Octobre 54 et ma mère au mois de février 55, moi je reprenais la ferme le 1er mars1955, nous avions du travail à préparer, après la vente de ma belle mère, nous sommes allés habiter à Cartignies à la ferme.

La maison est grande, maman garde le bas côté gauche du couloir, et nous, nous avons en bas la chambre de droite et toutes les chambres à l’étage, le soir maman  ira dormir chez sa fille qui va emménager chez mon grand père Charlemagne.

 Nous faisons le travail à l’étable où les vaches sont rentrées et je me rends compte que ma femme est une fermière accomplie, bien plus exigeante que moi dans le travail de la ferme et le soin au bétail, il faut dire que moi je n’avais pas reçu  un long apprentissage.

Ensuite, c’est la préparation de la vente du cheptel de  maman, qui est prévue pour février 1955. J’ai presque  22 ans, au 1er mars nous sommes à notre compte, nous n’avons pas une grosse ferme pour débuter, 8 vaches, et il faut se mettre en route, il n’est pas possible de trouver des pâtures facilement pour s’agrandir.

Dans l’été n’ayant pas de moyen de locomotion nous décidons d’acheter une moto, c’est une 125 cm3 Motoconfort elle nous rendra beaucoup de services.

En  Octobre 1955 Jeannine et moi, nous allons pour une fois au marché d’Avesnes, et nous voyons la Cousine Alice elle m’avait toujours dit nous voudrions Norbert et moi, reprendre une succursale de Comptoir Français, je lui dis les gérants du Comptoir Français de  Cartignies vont partir, demandez la place, et quelques jours après noue apprenons que Norbert et Alice l’ont obtenue.

La guerre d’Algérie a commencé en 1954, et cela aboutit à des rappels de ma classe au mois d’août 1955, ils seront libérés pour Noël. Ce qui suit va me ramener à la réalité ; l’arrestation et la déportation, je ne l’avais pas oubliée mais le travail m’avait  absorbé et la guerre est finie depuis 10ans, pourtant.  J’ai  23 ans quand je suis  rappelé à Soissons au 67 ième BIP. Je ne comprends pas pourquoi avec trois parents morts pour la France. Maman fait des démarches, mais c’est la loi,  si les services du recrutement avait mis la vérité c'est-à-dire  trois parents à la place de deux, je n’aurais pas été rappelé.  Je rencontre mon camarade de collège, Henri Godart, qui a deux parents morts pour la France, il  partira à Neuf Brisach moi je resterai à Soissons, Jeannine est seule à la ferme sa mère qui est venue habiter avec elle, moi  je fais mes classes, beaucoup de marches j’ai les pieds en sang, fin juin les classes sont terminées et  je vais partir en Allemagne, puisque avec ma situation je ne peux aller en Algérie  je reviens en permission pour 48 heures, quand j’arrive à la maison il faut aller faucher une pâture pour épargner le frère de Jeannine qui vient souvent pour faire les gros travaux de la ferme,  et le lundi matin je retourne à Soissons ,sans savoir pour combien de temps puisque je vais aller en Allemagne, le lendemain nous  partons en train à 5 dans ma situation et nous arrivons à Trèves. Je suis affecté au 13ième Génie, le lendemain, je suis appelé au bureau du commandant, il me dit de m’asseoir et me donne une feuille de papier et un crayon et me dit : «  Ecris ce que je vais te lire »  après avoir écrit plusieurs lignes  j’entends, « Bon ça va, tu iras  travailler au bureau des effectifs », donc me voici « bureaucrate, » je reçois les messages et je les classe avant de les porter  à l’adjudant des effectifs, j’arrive à avoir une permission en août, mais ca va mal avec l’Egypte  le  canal de Suez  est bloqué, la France va envoyer des troupes, comme le 13 ième génie fait parti de l’OTAN  les régiments concernés passent chez nous, et je suis avec un camarade désigné pour faire les fiches de départ de ces hommes,  ce qui change les idées,

En août j’ai une permission pendant laquelle je vais travailler à la ferme

Depuis que je suis arrivé à l’Armée, j’ai raconté mon histoire à toutes personnes qui m’en parlaient, même  les gradés car  nous avions beaucoup  de rapports avec eux au foyer,  ils  trouvaient que c’était absurde d’avoir été rappelé. Arrive le mois d’Octobre en arrivant le matin  je classe les messages comme d’habitude et j’en vois un du CGFFA  qui m’intéresse particulièrement,  « Vu le lourd tribut payé par sa famille, le  jeune Albert Méresse devra être dégagé de ses obligations militaires après 3 mois de service. »

Bien sûr, je mets ce document bien en évidence, sur le dessus, et en arrivant, l’adjudant me dit « Quoi de neuf aujourd’hui Meresse,?- Voyez  vous-même mon adjudant en lui montrant le télégramme, » aussitôt il me dit en riant, «  Tu pars quand Meresse ?,-Aujourd’hui mon  adjudant-, alors prépare les papiers je m’occupe du reste,  l’après midi même je passe la visite médicale, à sept  heures, avec deux  camarades des effectifs et  du  vagmestre  arrivés avec moi de Soissons je mange au foyer de la croix rouge et à minuit je prends le train pour Avesnes, ce qui me fait arriver,  à la maison vers midi, par surprise, puisque Jeannine n’avait pas été prévenue de mon  retour,   Environ un an après j’apprends que le voisin Mr de Hautefeuille  Agent d’Assurances à Epernay dans la Marne, qui possède la ferme de 25 hectares près de chez nous  cherche une personne pour faire le travail, car son concierge Mr Bouteau est très souvent souffrant, je vais rendre visite à Mr de Hautefeuille  qui est un  homme très courtois et très compréhensif,  il me propose de travailler 4 heures tous les matins, ce qui me fait plaisir.et me convient bien.

Je commence mon travail au 1ert mars 1957, tout se passe très bien, je coupe  les haies car toutes les clôtures sont en très mauvais état, et en supplément, j’ai à remettre 5 hectares de terre en herbe, et clôturer  ensuite, il me demande de faire des barrières pour les pâtures et il me dit «  Je ne vous ai demandé que 4 heures par jour, vous avez le travail de votre ferme en supplément »,   Cela me fait beaucoup de travail, mais comme celui-ci ne me faisait pas peur, ce n’était rien, à côté de ce qui m’attendait.

Je fis ce travail pendant deux années, et un samedi, car ce patron ne revenait que le samedi, il arrive et me dit « Mr Meresse je suis très content de vous et je vais vous augmenter, mais avant je voudrai vous demander de venir  habiter ici, car Mr Boutteau va partir, je ne peux pas garder sans location un  ménage qui ne travaille plus à la ferme, » Ce concierge ne travaillait plus. Le midi en rentrant manger j’en cause avec Jeannine, qui est d’accord contrairement à ma mère qui ne veut pas que nous quittions la maison, mais comme je paie le loyer, je passe outre, surtout que ce n’est toujours le beau fixe entre Maman et Jeannine, l’après midi je vais donner mon accord  à Mr de  Hautefeuille qui est très content.

Je prends mes fonctions de concierge au 1er mars 1959,  pour le travail m’occuper des  bêtes en pension et surtout des 120  brebis Texel, je suis très pris par mon travail mais beaucoup aidé par Jeannine qui s’occupe surtout de  notre ferme,

En avril 1960 notre cheval souffre de crises d’asthme, nous sommes obligés de le vendre, Jeannine a mal au cœur car c’est le cheval que nous avion racheté à sa mère, nous sommes obligés et nous achetons  un petit tracteur Kramer, heureusement que nous avons notre travail chez  de Hautefeuille.

L’année suivante, c’est la moto qui nous lâche et nous décidons d’acheter une  voiture, mais il faut calculer car les fonds ne sont pas très hauts, et nous n’avions pas l’habitude d’acheter à Crédit, il faut trouver une voiture  qui ne coûte pas cher, et neuve si possible,

Nous décidons d’acheter une petite Fiat 500, à 450000 francs, elle fera notre affaire jusqu’à 1971.

Et ce travail va continuer pendant quatre années sans jamais un seul reproche de mon patron, au contraire Mr de la Gorce cousin du patron venait de temps en temps pour me féliciter sur mon travail,  mais je suis obligé de négliger le travail chez moi, nous décidons d’en causer avec le patron, savoir si il me laisserait partir, ce qui ne lui convient pas du tout, mais nous trouvons un arrangement, je lui trouve un remplaçant travailleur, et je continue  à faucher les pâtures, et il me remet une  pâture de 3 hectares.

Je lui trouve un  ouvrier  que je connaissais depuis longtemps Marcel Dupont il travaillait dans plusieurs fermes, il était content de déménager et de travailler pour ce patron,  celui-ci   n’a jamais regretté de l’avoir embauché et l’a même gardé dans sa maison lorsqu’il est arrivé à l’âge de la retraite.

Le premier mars 1963 j’ai 30 ans et je quitte la maison de Mr de Hautefeuille pour retourner à notre ferme, nous n’avons jamais regretté, car maintenant nous avions un troupeau de 16 laitières, nous avions acheté du matériel neuf, et le peu de travail que je faisais encore pour mon ancien patron, était suffisant, nous ne roulions pas sur l ‘or  mais nous étions heureux.

Notre voisin Gilbert Moyse avait un troupeau de vaches de race frisonne pie-noire inscrites au Herd Book, m’offrit un jour de me vendre un veau génisse, cela m’intéressait je pourrais avec l’insémination me monter en vaches de valeur, ce qui arriva et un an plus tard je décidais avec Jeannine,  de faire une étable moderne, avec couloir d’alimentation et d’évacuation du fumier. Après les foins,  je prépare les coffrages et mes beaux frères arrivent pour faire  le béton à la main, sur deux jours la totalité du béton est placé, mais maintenant il faut faire les séparations et les attaches par chaines, j’achète un poste à souder électrique, car je suis paraît il un bon bricoleur, et j’attaque ce travail, au mois de novembre les vaches étaient dans leur nouvelle étable.      

                                                      Chapitre 4

Gilbert Moyse me demande pour lui faire des barrières pour faire boire les veaux à l’écurie, il m’explique ce qu’il voulait, et je lui fais 3 barrières il est tellement  content qu’il nous achète une horloge à la mode en ce temps  là, l’horloge 400 Day que nous avons encore en fonctionnement 44 ans après. 

L’année suivante Gilbert Moyse, qui possédait une presse pour le foin me fait une proposition  et demande si nous serions d’accord pour qu’il vienne presser notre foin auquel cas nous chargerions ensemble le foin sur les remorques d’un côté comme de l’autre et la même chose pour le déchargement. Nous sommes d’accord ce sera un peu plus d’efforts, mais le travail ne fais pas mourir.  Nous continuons jusque en 1969, car depuis plusieurs années j’ai des torticolis, et ils sont de plus en plus forts, le Docteur Moret que j’avais consulté m’avait dit que si je continuais à faire du tracteur dans 4 à 5 ans vous ne saurez plus vous bouger, il vous faudrait changer de métier. Cela nous donne à réfléchir et  Jeannine me dit tu peux aller travailler à la laiterie de Dompierre et moi je resterai avec 7 vaches.

Mais des choses indépendantes de notre volonté nous font changer d’idée, comme mon père et ensuite mon grand père Charlemagne voulait que je devienne mécanicien, j’irai apprendre ce métier, et sur les conseils d’un ami qui apprend un métier dans un centre FPA il  me donne la marche à suivre.

Maintenant que nous allons quitter la ferme, il nous faut un toit  et  le 1er décembre 1970  nous allons en voir plusieurs, mais toutes dans la même région, car le Docteur Lemaire de Le Nouvion en Thiérache  m’a dit qu’il   pourrait me faire entrer à l’usine Nestlé de Boué, nous   achetons donc une maison à Fesmy Le Sart, à environ 4 kilomètres  de la SOPAD Nestlé Boué. Après ma demande  au bureau de placement d’Avesnes je suis convoqué pour passer des tests  psychotechniques  et je suis admis pour apprendre le métier d’ajusteur mécanicien,

Dans l’attente de partir et n’ayant plus beaucoup de travail a la ferme, je décide d’aller quelques jours à Prisches chez mon cousin Joël Hanon il fait du bois pour se chauffer l’hiver, je vais l’aider à faire ce bois, cela lui fait plaisir, nous avons toujours été très proches, il est venu  à la maison quand  j’ai acheté mon poste à souder électrique, il avait à souder des coffres à grains et des séparations pour ses vaches.  

Le 8 février 1971 un courrier m’avertit  que je rentre au centre FPA  de Calais   le 15 février.

J’ai plus de 38 ans  quand je rentre au centre, le jour du départ, un voisin me conduit à la gare d’Avesnes sur Helpe pour le train de 6 heures 57,  changement à Aulnoyes  et en  route pour Calais, en arrivant à la gare de Calais je rencontre des personnes qui se rendent au Centre  après le repas de midi on nous conduit    aux chambres, des chambres de huit lits, comme nous sommes à dix,  je me retrouve avec Gabriel Pacou dans une chambre, nous sommes contents de n’être que deux dans la chambre.   L’après midi  c’est la rencontre avec le moniteur Mr Michel Fiolet  un moniteur exceptionnel, qui n’a pas arrêté de me faire des reproches du début à la fin pour me dire le jour du  retour, qu’il n’avait jamais eu un si bon  élève de cet âge, car  j’avais 39 ans.

Nous avons commencé le lendemain l’emploi du temps était ; une semaine en  atelier de 6 heures à 12 heures repas de midi et à 14 heures dessin et technologie jusque 16 heures, et la semaine suivante, l’inverse car nous étions deux sections en ajustage. Je me fais deux camarades Patrick Dewinter et Hervé Dieu, ils  sont sur un établi derrière moi, envoyés par USINOR Dunkerque pour une formation, ils resteront mes meilleurs amis.

Le vendredi  je rentre à Cartignies, car Jeannine était restée avec 7 laitières pendant les 34 semaines  de mon stage de formation à Calais.  Le lundi matin je faisais la route Cartignies Avesnelles en Vélo solex même par temps de neige,  et ensuite  d’Avesnelles  à  la  gare  d’Avesnes  à pieds  et  la même chose pour le retour le vendredi soir  à 22 heures.

Le samedi je vais travailler à notre nouvelle maison à  Fesmy le Sart,  il y a assez bien de travaux à faire et on veut que la maison soit prête à nous accueillir après le 22 octobre,  jour de la remise des diplômes, si réussite il y a ???

Pour l’apprentissage de mon métier au début, c’était très difficile, Le dessin industriel, la  technologie et l’apprentissage de la trigonométrie, moi qui n’avait que mon certificat d’études primaires, mais  il fallait réussir, le soir des camarades de l’autre section qui étaient  en avance de 3 mois sur nous, m’expliquaient ce que nous allions avoir le lendemain, de cette façon je comprenais aussitôt ce que le moniteur nous expliquait.

J’étais très bien accepté par les autres élèves étant le plus âgé,  ils avaient beaucoup de respect pour  moi et j’étais toujours proposé pour les responsabilités, un  exemple un jour, le moniteur rentre du bureau,  et il vient vers moi et  il  dit «  Meresse  Pacou,  Sarahui, venez avec moi » nous nous dirigeons vers le bureau du directeur, en arrivant face à la porte, le moniteur me dit « Entrez  Meresse »et lorsque nous sommes entrés j’entends un léger bruit, je me retourne et je vois Sarahui qui avait les menottes aux poignets, le directeur me dit que je peux disposer, au retour je demande le pourquoi au moniteur, il me répond « Meresse en vous prenant avec nous Sarahui ne s’est pas méfié, car ce jeune avait volé des voitures à Calais,  plusieurs semaines de suite pour lui retourner à Roubaix. »

Puis arrive le mois d’octobre le mois de l’examen, les pièces sont de plus en plus difficiles, malgré cela lors d’une correction par le moniteur de la pièce 60 le rainure en T, celui-ci m’appelle et me félicite «  Meresse vous avez 19 vous allez me faire une très belle finition à traits croisés  et vous la mettez  dans l’armoire remplacer l’autre qui  n’a que 18,5»

Puis arrive la semaine de l’examen,   le lundi 15 nous entrons à l’atelier,  nous avons 24 heures pour faire notre pièce, elle doit être finie le jeudi à 15 heures, le vendredi 15 nous passons l’examen de : Calcul, Dessin, et la Technologie tout se passe bien surtout en Technologie ou j’ai un 11,75 sur 12.

La semaine suivante pendant la correction des pièces d’examen par les examinateurs, nous sommes à l’atelier pour remettre en état tous les outils et débarrasser les casiers  pour le stage suivant, et le vendredi 22 octobre  vers 10 heures matin, c’est le  verdict,  nous avons peur.

Premier nom cité,  Patrick Dewinter   premier avec les félicitations, 2ième Gabriel Pacou avec les félicitations, 3 ième Albert Meresse  avec félicitations car vous êtes le plus âgé et vous avez toujours montré  le bel  exemple à suivre.

Je suis reçu, à 39 ans avec une moyenne de stage  de 16,5   j’avais le métier auquel mon père et mon grand-père m’avaient destiné quand  j’étais jeune : ,ils auraient été fiers de moi s’ils avaient été encore vivants Le midi un repas spécial au réfectoire après 13 heures, nous avons bien mangé et avec des bonnes bouteilles nous avons arrosé notre réussite mais avec un petit pincement au cœur pour nos trois camarades qui avaient échoué, je devais reprendre un train à 16 heures 30  à la gare mais je l’ai manqué, peut être volontairement à cause des camarades qui voulaient me garder, ils m’ont dit nous irons te conduire à Hazebrouck, le moniteur nous dit que lui et sa femme  viendraient avec nous, mais qu’il me reconduisait chez lui, En arrivant, : «  Reposez vous dans le fauteuil Méresse » me dit-il, et quand sa femme arriva il lui dit «  Voici  le meilleur élément que j’avais dans cette section », en le regardant je lui dis « C’est pour cette raison que vous avez été dur avec moi-, Il le fallait pour votre réussite, et si je ne vous avais pas pris ici aujourd’hui, vous seriez ivre en ce moment. »

A l’heure prévue nous sommes partis pour Hazebrouck, mais le train était parti, Patrick Dewinter qui avait pris sa femme Marie-France, et Hervé Dieu  me disent  Albert nous te reconduisons chez toi, nous avions 160 kilomètres à faire en Alfa Roméo, pas trop frais nous avions bien consommé, nous sommes arrivés vers minuit trente, la famille était là à attendre mon retour pour fêter ma réussite, Jeannine avait fait à manger et je voulais que les camarades restent pour se reposer mais ils  ont voulu repartir après le repas, ils ont eu un  bon retour et ont gardé un très bon souvenir de cette journée.

Quelques jours après Jeanine me dit que tout le matériel de la ferme était vendu, elle avait nettoyé les greniers, coupé à la scie à mains toutes les planches qui servait de séparations pour les porcs, tout était propre il ne restait que les sept vaches à partir mais elles étaient retenues par des personnes de connaissance qui savaient que nous avions un très bon troupeau inscrit et issu de contrôle  laitier.

Maintenant je devais me faire inscrire au bureau de l’emploi pour avoir une couverture sociale et trouver du travail car ce n’était pas le moment de rentrer chez Nestlé, pas avant le mois de février, en attendant de trouver je travaille à la maison à Fesmy le Sart, il y a toute l’électricité à refaire des écoulements, monter l’eau au robinet avec une pompe électrique car l’eau ne passe pas encore,  toutes ses choses ne sont pas un problème pour moi, étant à la ferme j’avais déjà fait ces choses, je commence par l’électricité ce qui me permet aussitôt rétablie, de travailler plus tard le soir, après tous ces travaux terminés, nous pensons à déménager.

En effet nous déménageons le 26 novembre 1971, et le lendemain je reçois une lettre : Je dois me présenter dans une usine à Bohéries  hameau de Vadencourt, Usine Sadosky Fabrication de blocs, enveloppes, pour un emploi d’ajusteur, Le lundi 29 je me présente pour mon premier emploi  après mon apprentissage, je suis reçu par le Directeur Mr Pinson, après  avoir discuté avec moi  il m’embauche à 800 francs par mois, avec promesse de 1000 francs au 1er Janvier 72, si je fais l’affaire., et je commence  le lundi 6 décembre à 7 heures poste de jour.

Je suis très content surtout de trouver du travail aussitôt, sans attendre le mois de février pour entrer chez Nestlé. Le 6 décembre à 6 heures 45 je suis présent,  mais il faut attendre que le directeur soit  arrivé, un chef d’équipe Mr Maurice Moneuse vient me chercher, et appelle un ouvrier Erwin Bénédict  qui va me guider dans mon nouveau travail,  pour commencer j’affûte des lames pour les massicots, pas difficile  avec une machine automatique mais il faut fixer les lames sur la machine, elles  coupent encore comme des rasoirs, malgré qu’elle ne coupent plus pour les massicots, et le temps de l’affûtage remettre de l’ordre dans l’atelier car je suis seul, pas de chef d’atelier, tout se passe très bien, je ne suis pas trop fier quand la première lame est installée sur un massicot, Erwin m’a prévenu que  l’ouvrier n’est pas facile si ca ne coupe pas, une heure environ après il arrive avec un grand sourire pour me dire, continue comme ça, on sera toujours copain, je suis rassuré, le midi, il y a un réfectoire je suis seul pour manger car les ouvriers  de l’entreprise, sont presque tous du village, l’après midi se passe de la même façon et je finis mon travail à 17heures 30 et je rentre tout content, le soir le frère de Jeannine vient voir comment  la journée s’est passée.

Le lendemain je suis présent à l’heure prévue  ma carte de pointage est à la pointeuse, je me dis c’est bon signe je dois avoir bien travaillé hier, la journée se passe comme la veille, mais à cinq heures  Maurice Moneuse vient me voir  et  me demande de rester, car la machine à bloc est en panne et il ne faut pas de coupure elle doit tourner le lendemain à six heure du matin

Je ne me fais pas prier pour rester c’est le travail, Jeanine n’est pas prévenue mais cela arrivera encore plus d’une  fois..

A 17 heures 30 Maurice Moneuse m’explique ce qu’il y a faire, les pinces de la chaîne des blocs lâchent  les blocs il faut  les refaire, après les avoir rechargés au chalumeau il faut les ajuster car les pinces ne doivent pas lâcher les blocs, et ne  doivent pas  pincer trop fort, et  surtout ne pas  laisser de marques, ensuite  il faut les remonter les ajuster sur la machine les essayer, après 2 heures environ nous sommes arrivés aux essais ils sont concluants, Moneuse  est content car voici plus de 6 mois qu’il n’y a plus de mécanicien.

Le lendemain matin en arrivant Moneuse vient me dire d’aller voir le directeur je me dis il n’est pas content je suis mis dehors, en arrivant il me dit Méresse beau travail les 1000 francs promis pour janvier je vous les donne en décembre, continuez comme ca tout ira bien pour vous, le soir je suis reparti content d’aller apprendre la nouvelle à Jeannine.

Les jours suivants les responsables des divers ateliers viennent me voir pour   faire des réparations sur leur machines, le responsable des enveloppes avait sur une machine une goupille qui cassait et était remplacée environ tous les 15 jours, il vint me voir et me dit j’espère que vous allez réparer cela pour de bon, après  avoir réfléchi à ce que j’allais faire je décide de refaire un  aze au tour et de lui mettre une goupille conique, je me souviens des conseils du moniteur du centre, « Un ajusteur doit toujours trouver une solution » l’atelier était assez bien fourni en outillage et quincaillerie après avoir trouvait la goupille je réalise la réparation, la goupille n’a plus jamais lâchée.

Après plusieurs réparations de ce genre il décide d’embaucher un deuxième mécanicien, qui pourra s’occuper des lames de massicot pour me laisser aux réparations, c’est ce qui arrive et je me retrouve régleur sur 5 machines D C M, machines à imprimer le papier et le mettre en rame, ce fut un travail très compliqué au début car je ne connaissait pas ces machines, un ouvrier sur une de ses machines, Christian Fillon, il était un ouvrier travailleur et  n’aimait pas que sa machine soit en panne, et ne pas travailler, il arrivait toujours à remettre sa machine en marche, il me donna quelques tuyaux et ce que je comprenais au travail de la machine fit que les machines qui ne faisaient plus que environ 40 rames sur la  journée arrivèrent à 60, puis  80 et 1 mois 1/2  de présence  à  l’usine  110 rames ce  qui était le maximum pour ces machines.

Le  31décembre nous sommes invités à Caudry, au mariage de Gérard  le dernier des enfants d’Alice et Norbert Walemme, mes cousins reconnaissants, les frères et sœurs du marié qui m’ont toujours considéré comme leur frère, me disent  le repas se fait à St Aubin, après la soirée et la présentation de nos vœux pour 1972, Jeannine et moi nous leur disons, à compter de cette année, et que nous sommes à Fesmy, vous viendrez manger à la maison, et nous décidons ensemble, comme ils sont tous dans l’enseignement, le dernier dimanche de Juin, le premier jour de vacances scolaires, et cela durera 25 années 

Après ce beau travail arriva le mois de Février, et vers le début de ce mois  je recevais une convocation pour  me présenter à l’usine Nestlé de Boué, et je suis embauché pour commencer le 14 février, le lendemain je vais voir le Directeur Mr Pinson et lui dit je vais vous quitter,  pour venir ici j’ai 21 kilomètres et pour  Boué 4 kilomètres, et une paye plus importante, bien sûr il me fit une proposition 1400 francs par mois et passer ajusteur outilleur, mais rien ne me fit changer d’idée, le lundi 14 je rentre donc chez Nestlé, on me donne des  habits blancs cela me semble bizarre, des habits blancs pour travailler dans la mécanique en arrivant à l’atelier le contremaître Mr Raoul Prudhomme, me dit que j’allais être pilote sur un machine à faire la farine pour enfant, mais  cela ne me plait pas du tout, avoir passé 34 semaines à apprendre un métier de mécanique tout cela pour travailler à  la farine, c’est décevant. Quelques jours plus tard; Maurice Moneuse, de mon ancienne usine vient à la maison, il me dit qu’il faut que je retourne  à Bohérie car les DCM  ne tournent plus très bien, et bien d’autres pannes, je lui dis que c’est impossible mais après son départ cela me donne à réfléchir, et le lendemain je vais voir  le chef du personnel de chez Nestlé, Mr Léger et je lui dis : «  Si vous ne me mettez pas à la mécanique je pars ». Le lendemain je suis convoqué à la ferblanterie : Atelier de boites : pour faire un essai de tourneur  .On me donne une pièce à faire avec filetage intérieur chose que je n’avais jamais appris, je travaille jusque midi et retourne manger chez moi  me rendant compte que l’on se moquait de moi, me faire faire une pièce en tournage moi qui avait appris l’ajustage, et je décide de ne plus retourner chez Nestlé et d’aller voir Mr Pinson mon ancien Directeur.

En arrivant il me dit avec un grand sourire, « Vous voilà revenu », mais sur mes gardes je lui dis « Je voudrais savoir si vos propositions tiennent toujours, » Il me répond « Oui mais à une condition,  je vous fais un contrat de un an de cette façon vous ne pourrez plus partir » J’accepte et je recommencerai  à  travailler le 28 Février. Je retourne bien heureux apprendre  la nouvelle à Jeannine, et le lendemain je vais demander mon compte chez Nestlé et  j’apprends que j’étais rentré comme sédentaire, mais ma décision était prise et je continuais à avoir du travail.

Lors d’une visite au cimetière de Le Sart je regarde le monument aux morts, et  je vois Lucien Grosperrin fusillé, par les Allemand le 30 mars 1945 à l’âge de 25 ans. Pour quelle  raison me dis je, nous sommes libérés depuis le mois de septembre 1944, un homme fusillé par les Allemands 

Me voici en quête d’une chose à éclaircir mais je me rends compte que dans le village on ne sait rien, à la mairie, fusillé en 1945 par les Allemands, aux anciens combattants, on nous a demandé de mettre une plaque.

Je reprends le travail que je connaissais, en effet mes D C M ne tournaient plus bien mais après une semaine tout était revenu dans l’ordre,  et je me plaisais très bien à ce poste.

Comme j’étais parti le Directeur avait recherché à me remplacer, et en mars arrive un chef d’atelier, Mr Scali  il est  bien, nous les mécaniciens car nous sommes deux,  nous  nous entendons très bien avec lui, mais maintenant c’est lui qui nous  donne le travail.   Au mois de mai Mr Pinson est remercié il est remplacé par Mr Leblanc   L’année se passe normalement l’usine tourne bien mais le travail n’est plus très abondant, nous sommes trois avec le chef.

Le mercredi 24 janvier suivant, Mr Scali vient me dire : «  Méresse, vous venez avec moi le directeur » Mr Leblanc désire  vous causer, et en arrivant celui-ci me dit, «  Méresse votre contrat arrive à échéance le 28 février, et je n’ai pas du tout l’intention de le renouveler, vous êtes un très bon élément, mais Alain Lasserez n’a pas de contrat et vous vous en avez un, donc pour vous je suis en droit de ne pas renouveler, je n’exige pas que vous restez jusque fin février, cherchez du travail, vous partirez aussitôt que vous aurez trouvé. » C’est un choc, c’est le défilé des chefs d’équipe dans le bureau du directeur ils veulent tous intervenir en ma faveur, mais il ne cède pas, en arrivant j’apprends la nouvelle à Jeanine, mais le soir j’ai la visite d’un  cousin Jean Lahaye qui est responsable des ventes à la boulonnerie de Fourmies, et il me dit le directeur  invite tous les ans les directeurs d’usine qui travaillent avec la boulonnerie

J’ai mangé au repas de la boulonnerie avec le directeur de chez Renson à  Landrecies, il avait fait une commande en urgence, et m’a remercié de l’avoir dépanné rapidement et il m’a dit que si un jour j’avais quelque chose à lui demander de le faire. Donc demain je vais lui téléphoner, en effet le lendemain Le cousin m’appelait pour me confirmer que je serai appelé chez Renson et le soir en rentrant le voisin  Mr Lévêque   Alfrenaize  me disait que son futur beau fils  André  Plateau   travaillait au bureau chez Renson, et qu’il avait fait un courrier pour moi et que, je serai  certainement embauché à Landrecies, en effet le samedi 26   je reçois le courrier de chez Renson.

Le lundi 29 je me présente,  je suis reçu par Mr Meurant Paul Directeur qui fait venir le chef d’atelier,  Mr Fernand Laine qui me pose un certain  nombre de questions et me dit : «  Vous commencez lundi  5 février à 7 heures vous travaillerez de jour à l’atelier : rentrée à 7 heures le matin,  de 8 heures 30 à 8 heures 45 déjeuner, de 12 heures à 13 heures diner, sortie à 16 heures 15  vous êtes d’accord ? »  Je lui répondis que oui.

Je pense que je pouvais être content le lendemain j’allais voir le Directeur de mon ancienne usine Mr Leblanc, qui me dit voici une affaire de réglée Méresse, il ajouta avec des employés comme vous c’est toujours facile de trouver une solution, et vous quitterez l’entreprise   vendredi soir, tous vos papiers seront prêts.

Le lundi 5 février 1973 j’ai 40 ans et je rentre chez Renson je suis affecté aux pompes à Lisier, un ouvrier Pierre Damenfelser  électricien de métier, il  remplace la personne qui montait  les pompes MIX 300, il m’explique le montage qui est assez compliqué, montée sur roulements à billes avec beaucoup de bagues d’étanchéité qui tournent dans un bain d’huile, la première est montée avec Pierre, mais la deuxième,  je serais seul, attention de ne pas faire de bêtises.

La deuxième est montée avec plus de temps que Pierre, mais le chef qui est responsable de ce modèle de pompe est Clément Petelot, il me dit qu’il viendra un jour où je ferai les démonstrations vente des MIX 300. Mes premières pompes parties elles fonctionnent très bien,  ce sont des pompes très chères environ 7000 francs en 1973.

Dans  le mois de juin arrive un  J 7 Peugeot  caisse rallongée, avec une inscription en bas « Service Pompes à Lisier », Clément Petelot vient me dire tu vas voyager ton véhicule est arrivé,  mais la première fois j’irai avec toi.

                                                 Chapitre 5

Vers fin juin j’ai une pompe à monter la fiche est pour une ferme de Ste Marie Labergement à la frontière Suisse, je pense que je ne vais pas aller aussi loin, et bien si, Clément Petelot vient me dire, «  Lundi à minuit nous partons pour la frontière Suisse. Et nous voilà partis, mais non avec le Peugeot, mais en camion avec le chauffeur Henri Parisse,  car il y a une livraison à faire à Bourg en Bresse, le temps de la démonstration, le chauffeur ira faire sa livraison.

Donc nous voilà partis pour faire la démonstration, le fermier est président d’une coopérative agricole, et nous fait comprendre qu’il n’a pas beaucoup de temps à nous consacrer, ce qui ne plaît pas trop à Clément, enfin pour vendre il faut faire avec,  la pompe est mise en marche avec un tracteurs de 60 chevaux car ces pompes sont à prise de force et il faut un tracteur d’une certaine puissance pour la tourner,  ici la puissance est bonne,  la tonne à lisier est une 5000 litres  tirée par un tracteur Kramer d’ environ 80 chevaux, le patron  commence mais à la deuxième tonne il est long à revenir, il est en panne de gasoil, Clément m’envoie avec le patron en voiture et  un bidon de gasoil, il faut abreuver la pompe  du tracteur, le fermier ne sait pas comment  faire, mais comme j’ai été fermier et que j’ai eu un Kramer ce n’est pas un problème pour moi, après je suis obligé de repartir avec le tracteur  et le fermier avec sa voiture, mais je n’ai jamais conduit en montagne, je suis très prudent dans la descente qui est  forte, quand j’arrive à la ferme Clément rit en me regardant, voici le spécialiste de chez Kramer  me dit’ il, le fermier  lui avait dit, c’est un ouvrier de chez Kramer que vous avez là  il a abreuvé la pompe directement, mais le fermier a été appelé à sa coopérative, et Clément qui n’a peur de rien, me dit allez c’est toi qui va aller épandre,  j’ai une surprise  quand j’arrive en bas d’une montée  très importante, je n’ai pas l’habitude en ,montagne, et arrivé à mis côte je suis obligé de rétrograder,  j’ai une cuve de 5000 litres derrière, j’ai peur de dérouler dans le bas, debout sur le frein et l’embrayage, je lâche les deux pédales en même temps le tracteur bondit se dresse un peu, et avance, je pense avoir eu la peur de ma vie, mais c’est parti. Je fais environ 6 à7 voyages, La fosse est vide quand le fermier rentre de sa coopérative, il est très content et achète la pompe, nous c’est surtout cela qui nous intéresse.

Les congés arrivent, j’ai beaucoup de travail à la maison, démonter des bâtiments qui ne me servent  à rien ; une remise, deux étables, une grange, un fournil, et une écurie pour un cheval, le tout en mauvais état et à supprimer, je suis aidé par mes deux beaux frères qui sont venus enlever des briques avec leurs tracteurs et vers le 15 août le tout est démonté.

Le lendemain je commence à charrier les briques avec  la brouette, il y a trois heures que j’y suis la partie enlevée n’est pas importante, le voisin Alfrenaize Lévêque me dit « Tu irais voir l’entreprise qui fait le parking de la commune, ils ont terminé ils viendraient peut être avec  la pelleteuse », Me voici parti demander au chef de chantier qui me dit je vais lui dire d’aller chez vous, il arrive vers 11 heures, à midi les travaux sont terminés ce que j’aurais fait sur 5 à 6 jours, j’invite cet homme à venir se désaltérer,  lui donne une  pièce   et lui recommande de dire à son chef de me faire envoyer la facture.

Comme la facture n’arrive jamais j’ai contacté  l’Entreprise Gruselle, ils m’ont répondu «  Nous ne faisons jamais payer les personnes honnêtes, seulement les profiteurs. »

Arrive la saison de chasse, le président de cette société   Mr Alexandre est décédé,   il faut le remplacer par un membre du comité,  je suis nommé membre de la commission à cette  réunion, dans la semaine suivante réunion pour nommer un président, et je me retrouve avec ce grade, ce qui ne m’intéresse pas beaucoup, il faut être souple avec se genre de société, et je serais plutôt autoritaire, il faudra mettre de l’eau dans son vin. Il faut un garde si possible un  bénévole,  le comité convoque en réunion Raymond Oudart qui accepte. 

La saison de chasse se passe bien, quelques petites choses mais rien de grave.

Nous avons de la famille au cimetière de, le Sart,  Jeannine demande à aller sur les tombes de sa famille, en arrivant à proximité du monument aux morts, je le regarde et une plaque  me frappe « Lucien Grosperrin Fusillé par les allemands le 29 mars 1945 » pourquoi, alors que nous sommes libérés depuis septembre 44.  Je pense à ma famille, absorbé par mon changement  de métier, mon nouveau travail en usine, ma maison à restaurer, je ne les avais pas oubliés loin delà, mais un peu délaissés ce qui ne m’empêchait pas d’aller voir ma mère tous les quinze jours, depuis notre départ  de Cartignies.

L’année 1975   Clément Petelot qui installe le salon de la machine agricole de Paris  me désigne pour ce travail, chose que je ferai jusqu’en 1984  j’ai   beaucoup de déplacements à faire, pour les démonstrations vente de pompes à lisier, à mes moments creux je monte des aplatisseurs à grains, et à certains moments  je vais à l’atelier  soudure ou je travaille sur un tour. 

Je suis un polyvalent, il m’est arrivé aussi de recevoir au moment du salon de Paris, un car avec des Suédois nous sommes allés avec,  Albert Renson le patron,  Clément Petelot , André Vallier, cher Arsène Hautecoeur, de Poix du Nord, et ensuite chez Mr Lemoine à Gouzeaucourt, pour une démonstration de pompe à lisier Mix 300, cette pompe intéressait les suédois, ils prirent beaucoup de photos et un jour Clément Petelot vient me voir, et me donne une documentation de Suède et j’ai la surprise de voir que nous sommes André Vallier et moi sur la doc, et que je suis désigné comme technicien de pompe Mix 300, j’ai monté quelques pompes pour la Suède, mais c’est une vente qui a été laissée ensuite, à mon grand soulagement car je ne voulais pas me retrouver en Suède.

Le patron, Albert Renson décède il est remplacé par son fils Jean Pierre Renson.

L’année 1976 voit la chute des ventes de ces pompes, nous avons des ennuis d’étanchéité, une transformation est faite,   par le remplaçant de Clément, qui est parti de l’entreprise.

Jean Pierre, car il voulait que nous l’appelions  par son prénom,  vient me voir à l’atelier, et me demande ce que je  pense de la transformation faite sur la MIX300,  j’en avais discuté avec André Vallier qui était un maître ouvrier, et nous étions d’accord tous les deux pour dire, les pompes ne dureront plus longtemps, Je demande à Jean pierre d’appeler André, celui-ci lui dit directement Mr Jean Pierre les pompe MIX 300 sont finies, et c’est ce qui arriva,  à chaque réparation je remplaçais le palier d’étanchéité  par un palier avec bague de bronze, ce qui ne durait pas plus de un an et rendait la réparation très  chère.

Avec la baisse de cette production,  j’ai une autre pompe à fabriquer la pompe LNP genre de la pompe PCV mais sur roulement à billes, moins grosse mais très demandée et de fabrication plus simple.

Arrive la toussaint ce qui me fait aller au cimetière de le Sart et revoir cette plaque « Lucien Grosperrin »Je me décide de demander à la secrétaire de mairie qui me dit ne rien savoir sur cet homme , il est né à Le Sart mais rien d’autre, je demande, à un oncle natif du village « René Lixon » Il ne sait rien,  au président des anciens combattant , on nous a dit de mettre une plaque mais on ne sait rien d’autre, je pense c’est quand même bizarre cette affaire.

Et à chaque manifestation patriotique je revois cette plaque  je formule d’autres demandes  mais jamais rien Je recherche aussi des renseignements sur ma famille pour essayer de retrouver leur parcours après Loos et la prison St Gilles à Bruxelles ce n’est pas facile.

En 1978  exactement le 8 juin René Grimbert,  vient nous rendre visite, en arrivant il me dit, il fallait que je vienne aujourd’hui « tu vois père Meresse » il y a 57 ans aujourd’hui je venais au monde dans ce coin là, en m’indiquant un  endroit, je lui dis, René vous êtes de la St Médard et bien oui répond t’il aussitôt, je lui dit moi je suis de la St Barnabé, et vous connaissait le dit on «  si Médard pisse, Barnabé ne doit pas pisser ou il pleuvra   pendant six semaines »  et Jeannine d’ajouter dans ses conditions je fais un repas pour l’anniversaire d’Albert et vous viendrai manger avec nous.   

Un jour arrive un fermier de Bourbourg, Monsieur Dering, Clément Petelot lui avait fabriqué une pompe spéciale pour tirer de l’eau jour et nuit, dans ces fossés du « bas pays » ce pays plus bas que le niveau de la mer, c’est vraiment une pompe spéciale, un déverseur de 130 m/m avec  un palier en caoutchouc, et une hélice en aluminium, il faut la réparer, elle a beaucoup travaillé, elle serait plutôt à remplacer, mais il faudrait un certain temps Mr Dering ne peut pas attente.

Je vais voir Jean Pierre, il revient avec moi voir ce monsieur et ils décident que je répare la pompe, mais que je lui en fais une neuve, qu’il prendra une fois finie. Je lui fabrique une pompe avec des modifications sur les parties un peu faibles et qui avait lâché sur la première.

La pompe terminée Le beau fils de Mr Dering est venu la chercher, car ce monsieur était malade, il est d’ailleurs décédé d’un cancer quelques mois après.

Mon travail chez Renson s’est enrichi du service après vente et de la réparation dans les fermes,  mais l’entreprise n’est pas en bonnes affaires, mais malgré tout l’on me renvoie au lycée Dampierre à Valenciennes pour un perfectionnement en ajustage, qui doit durer trois ans à raison de trois heures deux fois par semaine, le professeur a une maison à Cartignies mon pays natal, nous échangeons aussitôt car il est sympathique, et me dit : «  Tu es venu faire un  perfectionnement car le responsable de l’atelier d’ajustage, Alain Heniart doit être chef de fabrication et toi tu dois être nommé responsable de l’atelier Ajustage Modelage, » me voici renseigné sur mes nouvelles activités, mais après la première année, l’entreprise qui avait été reprise en location gérance  par  Renson Belgique, le projet fut abandonné.

Chez moi la maison était embellie , joints refaits, sur tout les murs, cimentage sur la façade, Chauffage central au fioul que  j’avais  installé moi-même, j’avais fait l’acquisition d’un tour à métaux et j’étais très souvent demandé dans les fermes  de Fesmy , il faut dire que ces personnes étaient toutes mes amies, quand vous donnez des  renseignements sur le matériel,  et que cela ne coûte rien vous avez toujours des amateurs  je faisais des montages  de pompe à eau,  pompe de marque  Renson, et aussi les fermiers ayant des abreuvoirs qui fuyaient, Mr Jean Alexandre me  demande un  jour de passer chez lui, il a des problèmes  avec des abreuvoirs qui fuient, après avoir regardé je me rends à l’évidence,  ce modèle d’abreuvoir avait un défaut de construction que nous connaissions et que beaucoup avaient signalé, ils avaient été changé gratuitement mais cela datait de 6 ans.

Le lendemain je vais voir Jean Pierre  et lui explique, il ne veut pas les changer et je lui demande de mettre à la disposition de cette personne un établi, une meuleuse à air comprimé et qu’il viendra le faire lui-même, il fut d’accord et Jean Alexandre vînt sur un établi à côté de moi et fit la transformation de ses abreuvoirs et une fois remontés, il avait des abreuvoirs comme neufs.

Il m’est même arrivé d’aller chez Alain Harbonnier Instituteur habitant le hameau de La Carrière Etreux, et petit fils de nos voisins Mr et Mme Harbonnier Fernand que ma femme a soignés jusque leur dernier souffle, chez ce monsieur je lui ai appris à tailler les pattes des moutons, chose que je faisais à 120 brebis plus les suivants,  lorsque j’étais concierge chez Mr de Hautefeuille à Cartignies en 1960.Il a bien suivi mes conseils puisque 30 ans plus tard il me dit n’avoir jamais eu de brebis boiteuses…Je lui ai aussi fabriqué un crochet d’attelage pour sa R12.  et je lui ai monté ses premières paraboles J’étais demandé aussi chez des personnes âgées, par exemple, pour régler une porte de cuisinière, réparer une porte de clapier, et bien d’autres choses.

Je recherchais des livres sur la vie dans les camps de concentrations, cette chose qui ne m’a jamais quittée  et qui ne me quittera jamais, si l’on me disait il fait froid aujourd’hui, il m’arrivait de répondre  ma famille dans les camps était dehors par moins 15  à  moins 20 degrés, ou la viande n’est pas tendre je répondais  ma famille n’en n’avait pour ainsi dire pas dans les camps.

En 1980 je suis invité par Michel Cadart qui connaissait ma situation de famille, à une exposition sur la deuxième guerre mondiale  à la salle des fêtes de Fesmy, elle remporta un très grand succès, cette remise en mémoire me fit commencer la rédaction des actions de ma famille dans la Résistance au fur et à mesure que les renseignements me parvenaient.    

Chez Renson suite à mon travail de réparation à l’extérieur, cela avait dégradé la bonne ambiance avec certains autres ouvriers et surtout les chauffeurs, c’était de la jalousie, un exemple,  pour ces personnes à l’heure du repas je devais arrêter le travail et reprendre après une heure après chose que je ne faisais pas, si il me restait une demi heure de travail je terminais et rentrais alors que les autres avait fini le repas j’étais un fayot, ou si j’allais sur une machine  qui dérangeait certains,  je me retrouvais avec la machine déréglée et cela me conduisit à la dépression, et même un séjour de 15 jours à l’hôpital de le Nouvion.

Quand je suis rentré,  le chef d’atelier José Paris,  avait été licencié. Je me souviens il est parti le jour de mon retour,  il est venu me dire au revoir en passant par le derrière l’usine, il me dit, tu es le seul à qui, je dis bonsoir, j’ai été sali par la plupart des ouvriers, fais attention à toi tu n’as rien à te reprocher mais la jalousie est présente avec certains, je lui répondis je viens d’en subir les conséquences, et lui de me répondre donc, tu as compris.

En 1981 je décide de monter une pompe a chaleur, la crise pétrolière a fait augmenter les prix de fioul et ce modèle de chauffage est très économique mais coute très cher 18000 francs, mais parait’ il amorti en 5 ans, Jeannine n’est pas trop consentante , mais comme c’est économique elle accepte mais ce fut une bêtise de ma part, je fus un cobaye.     

En 1983 Mr Brocheton Maire me demande de me présenter sur les listes électorales, cela ne

m’intéresse pas,  j’ai appris à connaitre les gens avec la société de chasse, il s’adresse à Mr Girard qui est élu. 

Au mois de janvier 1984 maman fait une congestion cérébrale, très bien soignée par le Docteur Prévôt de Cartignies et par ma sœur Lysiane,  elle s’en sort mais il lui reste des séquelles.   

La situation de l’entreprise n’est pas des plus brillantes un nouveau licenciement a lieu 50 personnes je passe encore à côté, sauvé par Jean Pierre, «  je ne veux pas me séparer d’un ouvrier qui m’ a toujours donné entière satisfaction » leur dit il,  pour la préparation du salon de l’agriculture on a voulu m’évincer, mais Jean pierre  et  Bernard Ethuin,  Bernard était présent au salon depuis 1970, ils  exigèrent  ma présence avec Claude Coquenet pour faire le damier, assez compliqué et que je faisais tous les ans avec Claude.

Nous voici en 1984,  Renson Belgique avait déposé le bilan donc nous voici sous syndic de Maitre Parmentier Avocat à Avesnes.

Jean Pierre Renson nous propose de reprendre l’usine à notre compte à 25, employés de bureau compris, nous mettrons  notre prime de licenciement dans l’entreprise, 25 personnes sont désignées, sur les 47 restantes les autres seront licenciées, certaines de ces personnes ne croient pas à la survie de l’entreprise,  d’autres sont presque en âge de la retraite, tous s’arrangent  pour le mieux.

À ce moment j’ai 51 ans, Je suis des 25 désignés  pour reprendre l’usine, un comité de surveillance est nommé Alain Heniart, Daniel Waignier, Bernard Druesnes et Daniel Coquenet

Jean Pierre exige que le salon de l’Agriculture qui est du 27 février au  4 mars   soit fait comme les années précédentes, mais nous apprenons que nous n’avons pas droit à notre prime de licenciement parce que nous faisons la reprise de l’usine, et que nous seront obligés de chômer une journée.

Donc, après le salon nous voici actionnaires, le travail est 3 semaines d’atelier au montage et ensuite 1 semaine à la fonderie, le travail a la fonderie est très dur.

Je continue à travailler au montage des aplatisseurs, Jean Pierre Renson qui est Gérant de la société, vient me voir pour me causer des pompes LNP,  il faudrait abandonner la fabrication où comme je suis polyvalent sur les machines, et en soudure, il désire  que je fabrique la pompe entièrement, c'est-à-dire aller sur un tour et à la soudure,  j’accepte de les faire car pour moi c’est de la routine.  Jean Pierre  ajoute, les pompes auto amorçantes qui étaient fabriquées en Belgique, vont être reprises par l’entreprise, et qu’il aura besoin de moi pour le montage, certainement d’ici quelques mois.

Maman qui a 87 ans et qui avait fait  une congestion cérébrale en janvier est  de plus en plus, faible,  le dimanche 24 juin elle décède, je suis prévenu par un ancien voisin  de Cartignies René Garin

Nous réglons, ma sœur  et moi même toutes les préparatifs, les personnes à prévenir mais malgré tout il y aura encore des oublis.

Nous recevons beaucoup de monde, de la Résistance, Jean Pierre Deshayes le célèbre Commandant Jean Pierre qui habite Le Pouliguen,  cet homme qui était venu à la maison pendant la guerre à  la recherche de terrains de parachutages  et dont j’avais entendu les exploits mais que je n’avais pas revu  depuis l’inauguration du monument en1947  il est prévenu et sera présent aux obsèques qui, aurons lieu  le mercredi 27 juin.

Le jour de l’enterrement de maman, nous arrivons au village en suivant le corbillard,  il y a une foule considérable qui attend, Impossible de trouver une place pour garer les voitures, nous reprenons notre place à pieds cette fois derrière le corbillard, en arrivant face au monument de la déportation nous faisons une  halte en hommage  à  la  Résistance,  nous montons vers le cimetière, et  Pierre Deshayes (celui que nous appelions Jean Pierre dans la résistance) rend les derniers hommages à maman et retrace le parcours dans la résistance, de la famille, lui Jean Pierre est le seul à tout connaitre de ce parcours, il rappellera ceci   j’ai connu la famille Méresse en 1943, étant à  la recherche de terrains de parachutage, lui jules Méresse déjà dans la Résistance depuis 1941,était connu à Lille comme un pionnier, pour avoir formé une filière, pour cacher les Résistants recherchés par la gestapo, sa femme Marcelle très impliquée elle aussi, a eu la chance de ne pas être présente le jour de l’arrestation de son mari et de ses deux fils Gérard et Robert, pour ses actions qui ont continué après l’arrestation, elle fut décorée de la Légion d’Honneur avec citations et de la  croix de guerre avec  palme, et Jean Pierre termina part  « Lysiane et Albert vous êtes les héritiers d’une grande famille durement éprouvée, une famille d’honneur, le nom des Meresses est lourd  à porter, je sais que vous en serez dignes »

Le lendemain c’est le retour au travail, je dois aller dépanner  un moulin à farine « moderne »

à Forest en Cambrésis chez Mr Raverdi mais je dois prendre le mécanicien agricole du village qui est intervenu à plusieurs reprises, mais sans résultat, en arrivant chez lui il me dit «  Mon petit gars si tu réussis à faire tourner cette machine je ne suis plus un  homme » En arrivant à la machine je me rends compte du travail fait, Je fais ce qui me parait être la solution, et cet homme qui me dit à plusieurs reprises ça n’ira pas, après une heure environ la machine démarre elle tourne, et elle tourne même très bien, le fermier est très content, le lendemain Alain Heniart vient me voir et me dit, après midi tu retournes chez Mr Raverdi comme tu as fait du bon travail hier tu y retournes pour réparer son aplatisseur de grains                                            qui est en panne, je lui dis : «  Envoie André Vallier  moi j’ai des aplatisseurs à monter »,Il me répond « André a une réparation  à faire à la fonderie, et Mr Raverdi  avec le travail que tu as fait hier sur le Moderne,  il n’en veut pas un autre que toi. »

Donc l’après midi je me rends à Forest  et je dis à ce monsieur, pourquoi vous ne me l’avez pas dit hier, et me répondre, le dire devant  le bricoleux de village,  avec lui ça coûte cher et rien ne marche,  je n’en veux plus, je répare l’aplatisseur, et le monsieur me dit nous nous reverrons.

 

                                                   Chapitre 6

Vers le mois de juin Mr Loiseaux vint me voir et il me dit, j’ai reçu un appel de Belgique au sujet des trois pompes que tu as faites hier,  ses pompes doivent être sur le bateau a Dunkerque demain matin,  ils ne comprennent pas elles ne montent pas en pression au dessus de 2 kg500, je lui dis toutes les pompes sont essayées à 8 kg de pression, je leur ai dit que j’allais envoyer  l’ouvrier qui les monte, vers 11 heures je rentre chez moi pour manger et partir à Poperinge,   j’ai 160 kilomètres a faire je connais la route j’y suis déjà allé, en arrivant je vois les employés en haut de la cour, je me rends à cet endroit,  ils ont pour les essais une prises de force montée sur un moteur électrique car ses pompes tournent avec une prise de force. Sans mettre mon bleu de travail car je suis pressé de voir ce qui se passe, je leur demande de faire tourner la pompe, pression 2 KG 500, mais j’ai compris, en riant je leur demande si ils ont un électricien, ils me regarde d’un  air bébête et me disent  pourquoi  je leur répond allez le chercher, quand celui-ci arrive, c’est un flamand qui ne cause pas le français je lui fait comprendre de changer  deux fils conducteurs et de les intervertir ce qu’il fait et un nouvel essai, la pompe monte à 8  kg 200, ma réparation est terminée je n’ai pas mis mon bleu de travail, mais je demande à voir le contremaitre, celui, qui la fois précédente avait protesté au sujet d’une pompe qui avait un voile fonderie que j’aurais du remarquer, j’étais fautif   ici c’était l’inverse et je lui fit remarquer, car quand j’allais en réparation  j’avais les pleins pouvoirs,  que j’allais faire 320 kilomètres pour rien. Je repris la route et je repassai à Petite Foret vers 19 heures 45 je me suis dit je vais arrêter au centre commercial pour manger, car j’avais mangé chez moi  vers 11 heures, et je commençais à avoir faim.  Le lendemain je vais au rapport comme après chaque intervention, quand Mr Loiseaux apprend la raison il me dit j’espère que tu leur as dit ce que tu pensais, et je lui ai répondu que  je ne  m‘étais pas gêné.

Après les congés, on rentre à l’usine c’est la routine, l’ambiance est mauvaise car il y a deux clans opposés : celui du comité : ceux qui ont besoin de soutien, et le notre. Nous n’avons pas les mêmes habitudes horaires, vers 10 heures la « pose canette » et à 11 heures 30 la « pose apéritif » d’une demi heure, Dans notre clan, nous avons acheté une cafetière électrique  à 6 et le matin quand les autres font la pose canette, c’est notre pose café de 5 minutes, le midi rien, une nouvelle pose café de 5 minutes à 14 heures 30.

Le 28 Août, je suis appelé au bureau de Jean Pierre, cela ne convient pas au comité de surveillance, qui doit être averti en premier. Jean Pierre m’indique que je vais commencer les pompes auto amorçantes et que je n’irai à la fonderie uniquement pour couler les moules, certains me traitent de fayot, mais cela me laisse froid car j’en ai vu d’autres :ce n’est pas grave .Les pompes sont très difficiles à monter surtout parce que l’usinage des pièces est de mauvaise qualité et, il m’arrive souvent d’avoir des problèmes avec les tourneurs qui prétendent bien travailler, je suis obligé de réagir et de m’adresser au chef, celui-ci  m’approuve toujours, mais cela n’arrange pas l’ambiance avec le comité de surveillance, dont un des membres est responsable des machines fabriquant les mauvaises pièces.

Un jour, je dois me rendre à Noyelles sur Escaut chez Mr Doysi, Bernard Ethuin avait traité avec ce client et m’accompagne, il avait monté une pompe PCV capable de tirer de l’eau dans une rivière et la refouler dans un étang à environ 50 mètres, la pompe refoulait trop loin et chauffait, donc il fallait étudier l’installation d’une pompe qui ne chaufferait pas tout en  refoulant  loin.

Après avoir étudié avec Bernard toutes les possibilités, je propose de fabriquer une pompe avec un corps de PVC montée sur un palier à roulements de L N P et Monsieur Doisy fera une canalisation depuis l’étang jusqu’à la pompe avec un entonnoir de récupération de l’eau à la sortie de la pompe, ainsi celle-ci n’aura  plus à pousser l’eau à 50 mètres.

Jean Pierre est d’accord je passerai une semaine environ à la fabrication et à l’installation à Noyelles s Escaut, environ un mois après Mr Doisy ayant installé la canalisation je vais sur place pour démarrer l’installation, tout fonctionnait bien, et cela a du continuer ensuite car nous n’en avons plus jamais entendu parler, sauf que ce client est venu chercher des pièces de rechange environ 2 ans après.

A la fin de septembre,  Paul mon beau frère nous invite à aller à Dieppe avec eux, mon filleul Jean Paul est papa d’un petit garçon,  Pierre, c’est le premier petit fils qui porte le nom de Lixon,  cela ne m’arrange pas trop car le lendemain du  retour ce sera l’ouverture de la chasse, mais je vais lui faire plaisir. Nous y allons et quand nous rentrons le samedi soir, je suis très fatigué mais malgré cela le lendemain je vais à la chasse, je fais une bonne ouverture, avec mon cousin Raymond comme d’habitude, nous nous arrangeons  très bien à deux, le travail à l’usine est toujours le même, mais avec les réparations en supplément. En octobre, on me met un jeune pour apprendre au cas où je serais malade.

Le 31 octobre je suis allé chercher ma nouvelle voiture, c’est une Citroën Visa Diesel de couleur rouge

Le lendemain jour de la toussaint, nous allons à Cartignies, au cimetière et au monument de la déportation, c’est le seul endroit où nous pouvons   nous recueillir en ce jour des morts.

Depuis quelques d’années du  premier  décembre au premier mai  je porte un thermo de café, que nous buvons au petit déjeuner avec André Bonnaire, Jacques et André Moulin, Gilbert Legrand, ceci nous évite de prendre une canette, voici la raison pour laquelle j’ai acheté la cafetière avec eux mais je ne porte jamais de café ni de sucre pour le café de la journée. Le 15 décembre,  ma filleule Marie Josée, une nièce de  Jeannine,  se marie, une journée à passer en famille   Quelques jours avant Noël je vois beaucoup de réunions des membres du comité de surveillance, avec mon camarade André Bonnaire nous nous disons qu’il se  prépare  quelque chose. Nous allions bientôt être fixé car le lendemain matin, nous apprenons que André Vallier, le meilleur mécanicien de l’usine, un de nos camarades, la bête noire du conseil pour sa franchise avait été conduit par Alain Heniart au bureau de Jean Pierre, et qu’il a du vider son sac, dans lequel  il y avait une pièce de machine à farine, André que j’ai revu après m’a certifié que la pièce avait été mise dans son sac à son insu  il était mis à pied en attente de décision de Jean Pierre, celui-ci demandait à réfléchir avant de le licencier, car André Vallier était un ouvrier ayant réalisé avec Jean pierre la plupart des prototypes, mais la décision fut vite prise, avec la pression du conseil de surveillance qui ne demandait qu’une chose se séparer de lui. En effet, deux jours plus tard le vendredi un  nouveau arrive et vient faire un essai en réparation, au service après vente  endroit où travaillait André, celui-ci n’étant pas encore licencié  mais nous avions compris ce qu’il allait lui arriver, le lundi matin André est convoqué, il est licencié, mais Jean Pierre exige qu’il ne le soit pas pour faute grave et surtout pas pour vol, car Jean Pierre avait très bien compris mais ne pouvait rien faire le comité avait tous les droits. Le lundi arrive le mécanicien qui était venu faire un essai, il est embauché, c’est le beau frère d’un des membres du conseil.

Le  réveillon de Noël se passe comme les années précédentes chez Paul le frère de Jeannine et le réveillon du jour de l’an chez nous.

En1985, l’hiver fut très dur, avec des gelées à moins 23 degrés, nous ne savions plus tenir un  morceau de fer dans les mains on travaille donc avec des gants, les voitures sont difficiles à démarrer surtout lorsqu’elles passent la journée dehors. Un jour à 14 heures 30 Mr Loiseaux Responsable du service commercial vient me voir et me dit Albert nous avons livré un aplatisseur à Lavaqueresse  mais il ne fonctionne pas, je lui demande qui a monté cette machine car depuis un certain temps ce n’est plus moi, il me répond demande à Daniel, celui-ci étant à quelques mètres de nous Mr Loiseaux l’appelle il nous dit c’est « Michel » et pourquoi Mais pas de réponse.

Et Mr Loiseaux me dit par ce temps froid, car il avait neigé, il faisait environ moins 12 à moins 14 degrés, «  Tu fais comme tu veux tu pars maintenant, ou tu pars demain matin de chez toi, » Je décide je pars aujourd’hui, l’on ne connaît pas le temps qu’il fera demain.

A 15 heures me voici parti, en arrivant entre Iron. et  Lavaqueresse je suis pris dans des bancs de neige, j’arrive à passer tant bien que mal, Mr Jacques Blondeau, le fermier est heureux de me voir il n’avait plus rien à donner à ses vaches pour le lendemain,   je répare l’appareil ce n’était pas grave une pièce mal réglée par manque d’expérience dans le montage, ce fermier  me dit, je vous accompagne avec une pelle jusqu’à Iron, au cas ou  vous auriez  des ennuis, mais le retour se passe très bien un chasse neige était  passé.

Le lendemain en rentrant à l’usine je suis pressé de questions par ce Daniel à qui nous avions demandé qui avait monté l’aplatisseur, «  Alors l’aplatisseur est réparé ? Il avait quoi exactement ? », Je remarque un petit sourire narquois et méchant en même temps, je pense aussitôt ne touchons pas à son chouchou et je lui réponds : « Je suis allé faire mon rapport à Jean Pierre, tu peux venir avec moi, il pourra t’expliquer, et tu pourras te rendre à l’évidence je n’ai pas touché à ton Michel, » en colère il me répond « J’irai seul », mais une fois de plus  je remarquais que cela n’allait pas arranger les affaires entre moi et le conseil, et pourtant j’avais fait ce que je devais faire.

La production des auto amorçantes était en augmentation  je travaillais pour la Belgique, la Pologne et la Russie, mais nous avions beaucoup d’ennuis avec les obturateurs et les bagues de porcelaine, il y avait beaucoup de fuites et aussi avec de nombreux corps de pompe en fonte qui étaient poreux, et surtout ceux qui étaient coulés chez Joassart à Wassigny,  nous étions obligés de les badigeonner avec un produit, il fallait qu’il soit mis au moins 24 heures avant de les monter en pression, l’année se passa avec beaucoup de travail, mais  une ambiance de pire en pire.

La Saint Eloi se passe comme d’habitude, le conseil dans leur coin et nous à 6 au réfectoire, Jean Pierre vient comme les années précédentes nous souhaiter la bonne fête, un du conseil passant pour aller à sa voiture voit Jean Pierre  et le dit aux autres, qui sont vexés, car il n’est pas allé à eux avant et à la reprise du travail le 2 décembre nous sommes traités de fayots, quel mal avons-nous fait ?,Nous n’avons rien à nous reprocher, l’année se termine  nous avons notre cinquième semaine de congé comme à l’habitude entre Noël et la  Nouvelle Année.

Nous abordons l’année 1987 avec un carnet de commandes bien rempli nous ne regrettons pas d’avoir repris l’usine, nous passons une visite médicale et un électrocardiogramme, le docteur me dit vous avez vos coronaires un peu encombrées il faudrait peut être voir un cardiologue, mais comme je suis très bien, je me dis que nous verrons plus tard..

Nous reprenons le travail le lundi 5 janvier, à la fonderie, je continue à y aller pour couler et pousser les moules, mais je remarque que j’ai de plus en plus de difficultés pour  pousser 5 moules à la fois comme d’habitude, et le vendredi 9 je ressens  une douleur dans la poitrine, ce qui ne m’est jamais arrivé, je préviens Gilbert Legrand avec qui je vais prendre une douche tous les vendredis après  l’heure de sortie, que je n’irai pas, d’ailleurs j’arrive à  peine à pousser trois moules alors qu’avant c’était 5,  Daniel Waignier du comité de soutien vient me dire que je ne suis pas exempt de pousser les moules, je ne lui réponds pas. Après, vers 3 heures la douleur se passe et je vais quand même prendre une douche, le soir nous allons chez une nièce présenter nos vœux.

La nuit vers 1 heure du matin  je  suis réveillé  par  une  douleur atroce  dans  la  poitrine  et  dans  les  bras . Jeannine fait appeler le docteur Michaux par mon neveu et voisin  Georges Lixon ,car  nous n’avions pas le téléphone, c’est  le docteur Hiolle qui est de service, il me connaît très bien, me  prend  ma tension j’ai 18, il me dit vous avez les symptômes de l’infarctus, mais avec une tension à 18  je  ne  pense  pas que ce soit ça , mais je vais vous faire  une  piqûre, après  son départ   je  me suis endormi  et  le  lendemain  samedi  j’étais bien.

L’après midi nous avons une visite, lorsque le docteur vient voir comment  j’étais, il a la surprise de me voir en forme, et de me dire  avec un infarctus hier  vous ne seriez pas en forme  aujourd’hui, il déguste un quartier de tarte avec nous.

Le lendemain  je fume une cigarette, après deux bouffées,  il me prend une douleur dans la poitrine, qui ne me quitte pas avant le soir, nous ne rappelons pas le docteur puisqu’il nous a dit que ce n’était pas un infarctus. Le lendemain c’est le travail mais je n’arrive pas à me lever, Jeannine  appelle le docteur, c’est le docteur Michaux, mon médecin  habituel, il est au courant que  le docteur Hiolle est venu, il me dit en arrivant, vous, je vous connais  c’est encore votre estomac, mais avant son arrivée suivant les conseils du docteur Hiolle, j’avais pris un rendez vous avec le docteur Dupont  pour passer un électrocardiogramme, et  j’avais mon  rendez vous pour le mercredi 14 janvier à 17 heures, je dis au docteur Michaux : «  j’ai un rendez vous avec le docteur Dupont,- allez y un électro ne vous fera pas de mal, et vous serez rassuré. »

Il gèle a moins 13 / 15 degrés et  les canalisations d’eau de l’étable sont gelées, donc le mardi je fais la réparation,  j’ai beaucoup de difficultés à faire le travail, je me rends compte que  quelque chose  ne va pas, je serai fixé après mon électrocardiogramme.

Le lendemain  mercredi je me rends  chez le cardiologue, qui me dit «  Vous faites  un infarctus et un gros, il faut vous hospitaliser  aujourd’hui, » Je  refuse  car,  ma voiture est sur le trottoir  et ma femme ne conduit pas, j’arrive  à le faire céder, mais il téléphone, au docteur de venir chez  moi à la première heure demain  matin, et nous sommes repartis  sans penser au risque que je prenais, comme il gelait à moins 14 degrés, en arrivant à Englefontaine  la voiture diesel gèle, elle ne nous lâche pas, nous retournons à Fesmy à 15 km à l’heure.

J’ai 54  ans et je fais un infarctus.

Voici la raison de ma fatigue intense lors de la réparation de la tuyauterie eau, j’avais fait la réparation avec un infarctus, j’aurais pu tomber sous l’effort, car pour fileter un tube il faut donner beaucoup d’efforts.

Le lendemain le docteur arrive du matin, fait les papiers pour les 100% et me dit qu’il viendra tous les jours, environ 4 semaines après il me dit ça ne va pas il faut vous hospitaliser, vous pouvez aller à l’hôpital de Le Quesnoy,  le médecin  est le docteur Dupont, le vendredi 6 février  je suis hospitalisé 15 jours et avant de partir  le docteur me dit, de passer une coronarographie à Lille à la polyclinique Dubois, qui va prendre le rendez-vous, celui-ci est prévu le mardi 3 mars.

Après mon retour de Le Quesnoy, je reçois la visite d’un ouvrier de chez Renson, Daniel  Waignier ce membre du comité de surveillance, tout en causant  me dit, tu n’avais jamais rien remarqué avant, aussitôt  je  lui  réponds,  quand j’étais à la fonderie que tu m’as dit que je n’étais pas exempt de pousser 5 moules  à la fois, ce jour là, j’avais mal dans la poitrine, il me répondit : «  Je n’ai jamais dit cela »,Je ne lui ’ai pas répondu,  je  n’ai  jamais su  si  il était venu pour voir,  ou   si  j’étais vraiment  malade ou non. 

Comme ambulance je prends Delattre de Landrecies, et me voici parti à Lille, que vont-ils me trouver ?, le lendemain ,c’est le docteur Delomé qui me fait passer cette coro, tout se passe bien, je me retrouve avec le sac de sable sur la cuisse jusqu’ au lendemain matin, j’ai la visite du docteur Delomé qui me dit vos coronaires sont obstruées  toutes les trois, il faut vous faire des pontages à vous de décider, si non   vous risquez de faire infarctus sur infarctus, vous pouvez sortir aujourd’hui, et en causer avec votre Cardiologue.

Le cardiologue  m’explique et  je  décide  l’opération qui est prévue  le 7 mai,  entrée le 5 et opération le 7  et retour si pas de  complications le 18 mai

Début avril nous décidons de faire installer le téléphone, c’est chose faite le mercredi 8 avril.

Le  22 Avril, je suis convoqué par le médecin de la sécurité sociale pour une consultation, qui me dit : « Vous après votre opération vous ne travaillerez certainement plus ». Je reçois une lettre de Jean Pierre Renson datée du 20 avril 1987, avec ceci : , Cher Albert, Merci pour ton petit mot de ce jour. Surtout ne t’inquiète pas pour les pompes AA. Thierry est un excellent élément et il se débrouille très bien grâce à ton enseignement. Pense surtout à ta santé et à un bon rétablissement. Je te souhaite en mon nom et de la part de tous ici une bonne amélioration et une guérison la plus rapide. Tous mes souhaits signés : Jean-Pierre Renson

Je me prépare  pour l’opération et le 5 mai me voilà parti conscient de ce que j’allais subir, le  7 à 8 heures du matin je monte au bloc opératoire, passe sur la table d’opération que je trouve étroite, l’infirmière me dit  à demain,  je me réveille  à  3 heures du matin en réanimation,   un  infirmier me demande si ça va,  je lui fais signe que oui car je ne peux pas causer  j’ai des tuyaux partout, il me dit de dormir ,de me  reposer, l’opération est bien réussie,  et  je me suis rendormi jusque 6 heures et après plus possible de dormir, car c’est un va et vient continuel, nous sommes à 6 en réa et il y a toujours des piqûres et des soins à faire à chacun de nous  le lendemain vers 10 heures une infirmière me dit que tout se passe très bien chez vous, je vais vous débarrasser de vos  tuyaux et après vous aurez un bol de soupe,  ensuite je vous remonterai à votre chambre. J’étais content de voir que tout se passait  bien, pas de douleur  car l’opération du cœur n’est pas douloureuse, et  à 14 heures j’étais dans ma chambre, Jeannine n’était pas venue  me voir, le chirurgien nous avait dit qu’ en réa ce n’était pas possible d’avoir des visites pour  10 minutes : faire 200 kilomètres  aller retour pour 10 minutes c e n’est pas la peine, j’avais remarqué en arrivant dans la chambre  qu’il y avait un téléphone, je me dis essayons de téléphoner, et il était branché Jeannine est  toute surprise de m’entendre, et elle me dit  qu’elle viendra le lendemain Dimanche.

Dimanche 10  mai Jeannine arrive avec Marie Blanche et son mari Jean Pierre. Ils sont saisis de me voir en forme après une intervention aussi délicate, 4 pontages  et je leur explique  ce que j’ai passé en leur montrant mes cicatrices avec les fils, Marie Blanche manque de tourner de l’œil, nous passons un bon  après-midi ensemble, mais à l’heure de leur départ j’ai les larmes aux yeux, le choc opératoire certainement, mais enfin Jeannine revient le lendemain, elle est venue tous les jours, le dimanche 17 elle est venue conduite par un ancien de chez Renson Hubert Halluent, et mon voisin  Alfrenaize Lévêque, en arrivant dans ma chambre  ils ont la  surprise  de voir un opéré avec des fils et des tuyaux partout.

Et ils n’étaient pas prévenus car le matin suite à une urgence, j’avais changé de chambre et j’avais quitté les soins intensifs. J’étais content de leur dire que je rentrerai  le lendemain lundi 18.

Quelle joie de retrouver sa famille et sa maison, de reprendre ses habitudes, mais maintenant il faut remonter la pente il y a  beaucoup de soins à faire, les piqures dans le ventre pour éviter la phlébite, le docteur Michaux vient tous les jours, environ  une quinzaine de jours après,   je ressens des douleurs dans le dos et une démangeaison, le docteur me dit vous faites un beau zona, une série de piqûres à faire,  quelques jours après les douleurs étant plus importantes, le docteur  dit  il faudrait faire des rayons, cela ne plait pas à Jeannine mais il faut, Je prends le téléphone et demande au docteur Leroy  de Berlaimont  un rendez vous, pour la première séance et ensuite quatorze  séances de Rayons. A cette date  j’avais repris la conduite de  la voiture

J’ai souffert plus de mon zona que de mon opération du cœur, il a fallu un mois et demi pour la guérison, non totale car les douleurs ont encore persisté  un  moment.

Dans le mois d’août  je suis convoqué au cabinet de la sécurité sociale à Boué,  j’ai la chance  d’être reçu par le même docteur que la première fois,  je lui dis que j’ai un zona,  et lui demande si je retravaillerai, il me répond qu’il va me  mettre en invalidité et de  penser plutôt à soigner ma pompe cardiaque plutôt que de réparer celles de Renson.

Quelques jours après Jean Pierre Renson me demande de passer à  l’usine,  il faut prendre une décision pour le travail, car je suis toujours employé et actionnaire.

Après l’avoir mis au courant de mon entretien avec le médecin de la sécurité sociale, Jean Pierre me dit : «  Aussitôt que tu apprendras que tu es en invalidité tu me le dis et je te licencierai à cette date ».

J’ai  reçu l’avis de mon  invalidité  le 30 septembre, je préviens Jean Pierre aussitôt, et je fus licencié, dans le mois d’octobre, convoqué  à  l’Assemblée  Extraordinaire  au  sujet de mes actions, pour me demander si je suis décidé à les laisser à un autre actionnaire,  je dis que oui et je sors de la SARL Renson.

                                                            Chapitre 7

 

A Noël nous sommes invités pour le réveillon chez Paul  le frère de Jeannine comme il le fait depuis 1976  une merveilleuse soirée, avec la famille et avec Jules  et  Louis ses beaux frères qui sont comme des frères avec moi, c’est assez fatiguant pour moi, nous repartons avant la fin, mais contents 

Quelques jours après notre chien si affectueux et si gâté qui m’a fait une fête incroyable, quand je suis rentré de l’hôpital tombe malade, et malgré les soins, le vétérinaire nous prévient qu’il faudrait mieux le piquer car il ne guérira pas, et malgré notre déception il est piqué le 31 décembre, le jour du réveillon de nouvel an que nous avions repris comme avant mon opération.

Malgré cela le réveillon se passe bien en famille, et à minuit nous voici en 1988,  il y aura dans  9 jours et un an que j’ai fait mon infarctus.

Comme les années précédentes nous recevons la famille pour les vœux, et  j’apprends que  certains reçoivent la cinquième  et  la sixième chaine de télévision, et comme cela m’intéresse et que je suis assez restreint dans mes occupations, je vais me renseigner pour savoir quel émetteur il faut utiliser.

Et je me décide à faire une antenne râteau, il y a un certain temps  j’avais fait l’acquisition d’un livre  pour fabriquer des antennes, il fut le bienvenu.

Voici quelque chose pour passer le temps ce n’est pas fatiguant, pas lourd, et le plaisir de retrouver mes machines et environ un mois plus tard je passe aux essais, je ne peux pas dire concluants mais presque

Mais je reçois un petit quelque chose, enfin nous verrons avec le temps il y aura peut être un émetteur plus puissant un jour, je reprends de plus en plus de force, je ne ressens plus rien, mais je suis facilement fatigué,  c’est normal me dit le docteur ne croyait pas que vous allez retrouver vos forces d’avant.

Nous voici, en juin 1988   le 8  c’est  la  St  Médard, l’anniversaire de René, il savait très bien que le 11 était réservé pour le repas d’anniversaire à la maison,   Le samedi 11 juin  René vient à la maison nous demander à quelle heure il devait venir manger le lendemain dimanche  car il y avait des élections, et comme  Adjoint au Maire, il était de service à la mairie. Le lendemain nous allons voter à 9 heures du matin,  en arrivant aux abords de la mairie, nous voyons Albert Lévêque, un ami je lui dis bonjour  avec le sourire, il me dit : « A vous voir vous ne connaissez  pas la nouvelle ? Quelle nouvelle ?, Et il me dit que René est mort ce matin à 7 heures, il était avec sa femme occupé à la traite des vaches, il est tombé mort brutalement.

Je rentre à la mairie pour voter, et Jeannine et moi nous éclatons en  sanglots, car René était un ami et un ami fidèle, cet homme a rendu gracieusement beaucoup de services  à la population du village, jusqu’à délaisser son propre  travail pour aider les autres,  le mercredi 15 juin, une foule considérable le conduit à sa dernière demeure. Quelques années plus tard sous le mandat  de Mr Girard,  étant de la commission des impôts nous devions donner des  numéros  et des noms aux  rues du village,   je proposais de donner le nom de  « Place René Grimbert » lui qui aimait  tant sa commune, on s’est moqué de moi, le monde  est devenu très cruel……

J’ai enfin trouvé  un émetteur pour les nouvelles chaines de télévision,  c’est celui de Villers-Cotterêts c’est loin mais malgré tout,  je réussis  à capter ce n’est pas joli mais je  reçois.

1989 est l’année des élections municipales, Mr Brocheton se retire, il faudra un nouveau maire, Jacques Détrait conduit la liste des intérêts communaux, quelques jours après les élections nous apprenons que c’est Mr  Girard qui est maire, tout marche  très bien mais, il est assez  autoritaire, je me dis cela ne va pas aller, Fesmy est  un  pays conservateur, il ne faut pas toucher à leurs petites affaires,

Et personnellement, connaissant bien Mr Girard, je me suis dis notre maire est  intelligent et instruit, mais il  n’est pas un bon maire de village, il serait un très bon maire de ville. Ce qui devait arriver, arriva, le conseil demande la démission du maire, qui n’accepte pas, le conseil municipal est divisé en deux, surtout que ce n’est déjà pas facile avec deux communes jumelées

Il voudrait faire une grande salle des fêtes  pour accueillir, les réunions des villages voisins et même de le Nouvion en The, ce qui le fait acheter la maison  de Camille Louis pour faire la Mairie.

Le tout se chiffre à une somme astronomique, les conseillers restés avec le maire  commencent à se poser des questions si bien que le temps passe.

En août, la commune organise la fête du regain avec faucheuse à deux chevaux, machine de fenaison ancienne,  il faut une personne qui fauche à la faux  qui rebat les faux, et affûte les lames de faucheuse ne trouvant personne  je suis obligé de me dévouer, ce sont des choses que j’ai faites étant  jeune, mais faucher à la faux ce n’est pas  recommandé pour mon cœur, je le ferai modérément, il y a un film qui est fait sur la fête  par Beffroi Vision,  le maire me demande de me renseigner pour me le procurer, j’arrive à  me le procurer  ainsi que celui réalisé  par Roland Marlier, mais il faut faire un montage     

C’est encore à moi que cela est demandé.

En 1990 exactement le 7 mai  nous allons à Maubeuge en arrivant à Prisches après le croisement de la route  de Fayt,  au lieudit « Les Linières »  chez le vétérinaire Mr Couttier, une voiture  recule de sa cour, et je me rends  à l’évidence, la voiture n’a  pas de chauffeur  et elle  nous envoie dans le fossé  les 4 roues en l’air, nous ne sommes pas blessés mais il faut sortir de l’auto ce n’est pas facile avec les ceintures de sécurité, et la porte coincée, et personne pour nous aider  car il n’y a pas eu de témoins, nous arrivons à nous sortir, à ce moment Daniel  Pottier  arrive  et se dirige vers sa voiture qui a le derrière dans le mur en face, notre voiture retournée dans le fossé  avec les branches de la haie qui sont  assez importantes est presque invisibles  au moment où nous sortons de la voiture,  Pottier  nous aperçoit et nous  dit, « Que faites vous  là ? »,  Je lui réponds en colère car je savais que sa voiture nous avait  poussé dans le fossé,  « Et vous que fait votre voiture à cet endroit ?Vous ne vous  rendez pas compte que votre voiture nous a projeté dans le fossé ! » Il me répond «  Regardez ma voiture n’a absolument rien, »  En effet  sa voiture une grosse XM Citroën avec un pare-choc rembourré de caoutchouc n’avait presque  rien.

Je fais appel à mon agent d’assurance Charles Herbert, qui arrive environ un quart d’heure après, je lui explique ce qui s’est  réellement passé, ce qui fait bondir Pottier, qui réplique, « Regardez ma voiture elle n’a rien,  je peux  partir ?-Attendez que  la voiture soit remise sur ses roues après on verra  si vous voulez   partir, j’appelle la gendarmerie ».

Charles Herbert fait appel au garage Alain pour sortir la voiture,  Pottier ne rit plus quand  la voiture est remise sur ses roues, car elle a la  marque de son pare-choc  qui commence à la porte du chauffeur jusque l’arrière, il est bien obligé de se rendre à l’évidence,  et nous dit  j’avais certainement oublié de serrer  mon frein à main,  et j’ajoute  « Avec la bêtise que vous ne vouliez pas reconnaitre, ma voiture est morte, la votre n’a rien. »

Je suis désolé ma voiture une Visa  Diesel   a 43000 km et en parfait état, nous sommes obligés de la remplacer,  par une AX diesel.

Le dimanche 13 mai c’est le Comice Agricole à le Nouvion le nouveau maire Mr Girard qui avait organisé la fête du regain en août 1989 me demande d’aller habillé en fermier ancien, faire la présentation du stand et commenter  la projection du film, qui a été réalisé  à la fête du regain, n’ayant plus de voiture, Albert Lévêque me conduit  pour la tenue du Stand 

Mr  Girard Maire me demande de réparer les pompes communales  qui servent à abreuver les bêtes des herbagers, comme elles sont à refaire à neuf toutes les deux, il faut choisir le moment  car elles travaillent souvent, il en faut au moins une qui fonctionne le temps de la réparation de l’autre, connaissant ces pompes à fond pour en avoir montées chez Renson, pour ne pas courir deux fois chercher  les pièces, je  calcule  les pièces  à changer sur les deux pompes et lors de la réparation je suis obligé se retravailler certaines pièces sur mon tour  à  métaux,  environ une huitaine de jours après les deux pompes tournent,  j’ai continué à réparer les pompes jusqu’ en 2002,  après ma  deuxième opération du cœur,  mais j’avais appris  Pierre Dupré,  l’ouvrier communal à les réparer, j’ai fait don de toutes mes pièces, gabarit de montage et pieds de support de pompes, à la Commune  et depuis cette  date l’ouvrier communal s’en sort très bien et c’est une grosse économie pour la Commune.        

En  1991 nous sommes invités pour les 80 ans de la cousine Alice,  Jeannine me décide à  acheter un caméscope, et comme  j’en fais  l’acquisition un peu avant il me vient une idée, pour me faire la main je vais demander pour faire un film sur l’usine Renson,  je demande à Jean Pierre qui est d’accord.

Je commence par un entretien avec Jean Pierre d’environ dix minutes, ensuite nous passons à la fonderie et en arrivant pour filmer l’atelier de montage il est 16 h 15 heure de la sortie   

Cela m’arrange bien car la semaine de fonderie terminée c’est le retour du travail à l’atelier

Le lundi  après  midi  je  retourne  pour  filmer l’usinage, la découpe du fer, le montage, la peinture, l’expédition, et les bureaux, j’ai terminé pour 16 heures.

Le lendemain je fais, le montage, l’enregistrement, et le vendredi je porte une copie à Jean Pierre

Ce qui me vaut le lundi matin un coup de fil de celui-ci pour me remercier et de me dire ce film va faire le tour des pays qui travaillent  avec nous, le premier partira au Togo.

Le dimanche 4 octobre, nous allons aux 80 ans de la cousine, je lui fais un film de cette journée en famille, elle est très contente, d’avoir un souvenir de cette journée inoubliable.

La toussaint me fait retourner au cimetière de le Sart, et de revoir ce monument, et je repose des questions et j’apprends que  Grosperrin’ aurait une cousine dans la région, encore des recherches qui échouent.

J’ai enfin retrouvé bon nombre de renseignements sur les activités de ma famille pendant la guerre ce qui me fait faire un recueil d’une quarantaine de pages, Le maire de Cartignies est très content il me propose d’en déposer un exemplaire à la mairie  qui sera offert  à toutes  personnes qui le demanderont et il en cause avec un reporter du journal l’Observateur, celui-ci me contacte pour le passer dans son journal.

En novembre 1992 le maire de Cartignies me demande de  recevoir un autocar venant de Lille avec des déportés qui désirent se recueillir sur la tombe d’ Emile Vallée, cet homme arrêté en même temps que mon père, rentré de déportation, et Directeur du journal ADIF à Lille décédé  en  novembre 1991 d’un infarctus foudroyant, est  inhumé à Cartignies, après la visite au cimetière, il y a une halte au monument des déportés, et un verre à la salle des fêtes est offert par la Commune.  

On commence à parler  de paraboles  pour recevoir la télévision, ce qui m’intéresse car avec les antennes nous avons une très mauvaise réception et avec une parabole il paraît que c’est parfait.

Un cousin qui habite près de Compiègne,  qui est entouré de bois et qui  reçoit dans de très mauvaises conditions,  me dit ; «  j’ai vu  une image de parabole  c’est cela qu’il me faut,  renseigne toi car c’est très cher ».Je regarde les publicités et je trouve des paraboles en Belgique exactement à Leuze en Hainaut, à moitié  prix de celles  vendues  en France.  Son beau père qui est mon oncle René Lixon me dit ; «  on va aller ensemble en Belgique, on verra si c’est valable », Nous  sommes allés à la maison MTS, en arrivant  nous voyons environ une vingtaine de paraboles ’installées, et nous sommes reçus  par Thierry Schuermans qui nous explique qu’il travaille avec l’Europe et l’Afrique, et emploie  deux ouvriers,  et il nous fait une démonstration qui est très concluante et  intéressante sur le prix, nous achetons, avant de partir il me dit ; « , Monsieur je vois que vous êtes intéressé, je vais vous donner des autocollants cela me fera de la publicité », Je pensais que j’y retournerai.

Après l’installation, ce fut un défilé à  la maison pour voir l’image parabole, et beaucoup de personnes intéressées, et  une  personne  me dit ; « Je te conduis  en Belgique  maintenant que tu connais », En  arrivant chez MTS,  Mr Schuermans  me dit « Je savais que vous reviendriez »,Nous faisons affaire pour deux paraboles, et une proposition de ce monsieur « Pourquoi vous ne travaillez pas pour moi. ? Si vous travaillez  pour moi, je vous livre le matériel et vous l’installerez, vous demanderez  le prix que vous voulez, et c’est  pour vous, et  la facture c’est  moi qui la ferait, en disant oui je ne pensais  pas que cela irait aussi loin

C’est de cette façon que je fus installateur de paraboles, pour un patron Belge.

Lors de l’installation d’une parabole chez Mr Da Sylva à Etreux Jeannine me téléphone et me dit de revenir aussitôt fini, en arrivant à la maison, je vois que Roger Lixon m’attend, il me dit que suite a une dispute avec sa femme Nicole, et  ses parents il part tous droit devant lui, il en a marre, Roger est complètement anéanti, pensant bien faire et surtout lui éviter de faire une bêtise, je lui dit Roger tu vas rester ici quelques jours, laisser calmer tu verras après, en effet les choses se sont calmées, je pense avoir fait une bonne chose.   

En arrivant en juin 1993 J’ai 60 ans  et je passe à la retraite, encore beaucoup de papiers à faire mais après six mois environ  c’est un affaire réglée, la retraite n’est pas grosse, j’ai  droit à l’allocation supplémentaire du FNS ce qui aide.

Quand nous avons quitté la ferme en 1971, j’ai voulu apprendre un métier pour que Jeannine ne soit pas obligée d’aller travailler, car elle était une vraie fermière et elle aurait été malheureuse d’aller travailler en usine, voici la raison  pour laquelle  Jeannine n’a pas travaillé après notre arrivée à Fesmy, et ne peut donc avoir qu’une retraite forfaitaire agricole de 310 francs en 1997  à 65 ans, et moi je perds l’allocation supplémentaire, donc bénéfice  net, moins 300 francs par mois, mais nous avons été  appris à économiser, il faut faire avec.

Après mon recueil, je décide de le mettre en film avec mon caméscope, c’est une passion pour moi je ne peux pas oublier que des fils ont perdu leur père, des mères, ont perdu leur époux  et leurs fils  Et pourquoi ? Pour que la France retrouve sa liberté.

En 1994 pour le cinquantième anniversaire de la libération, un journaliste du journal l’Observateur me contacte pour des renseignements sur les actions de la résistance à  la libération, je prends un rendez-vous avec  Robert  Roseleur  le dernier vrai résistant de la commune et le journaliste fait son reportage avec de vrais renseignements, et non des renseignements de résistants de dernière heure, comme beaucoup qui veulent s’accaparer des quelques actes de bravoure qui furent faits dans le village.

Je continue à  installer des paraboles, mais un jour je reçois une lettre anonyme avec :«travail au noir fais gaffe à toi » je  contacte  aussitôt la maison MTS qui me dit, «  Mr Meresse  vous ne travaillez pas au noir puisque vous travaillez pour moi », mais malgré tout je décide d’arrêter,   si certaines  personnes  jalouses  n’osent pas me le dire en face,  moi je n’ai  rien  à me reprocher elles n’auront plus ce plaisir.

Donc  me voici avec un travail en moins je décide d’acheter un ordinateur d’occasion  pour commencer d’après ce que j’ai entendu dire je pourrais faire mes compte- rendus de recherche, je ne serai plus obligé de demander de me le taper à la machine,     j’ai beaucoup  à apprendre et personne pour m’aider, enfin j’en ai vu d’autres.

Je commence  par  taper un nouveau  recueil, comme traitement de texte je n’ai que Works et on me conseille  Word  me voici à la recherche de ce programme, Mathieu Brocheton qui possède un ordinateur me dit qu’il va me le procurer, et en effet, il vient me l’installer et me donner quelques conseils et me voilà parti.

Je reçois la visite de Gérard Walemme lui qui est proviseur adjoint au lycée de Caudry  il regarde  l’ordinateur, et me dit tu ne peux pas avancer avec un vieux coucou, tu ne feras rien de bien avec cela

Ce qui me fait demander à Denis Dumortier qui est ingénieur en informatique et il me sort un ordinateur vraiment performant.

Courant 1996, le maire vient me voir pour  me demande s’il serait possible de refaire un film avec un ancien film, qui a été retrouvé dans le grenier de l’école, ce film relate l’inauguration de la salle des fêtes de octobre 1952 et la réorganisation du corps des sapeurs pompiers, je lui explique qu’il serait peut-être possible de le projeter et de le refaire avec un caméscope, mais je ne peux  garantir la qualité, et  j’ ajoute pourquoi moi ?Il, faudrait- mieux demander à un professionnel, le maire trouve que quand il ya une chose à bricoler je m’en sors toujours bien, alors pourquoi chercher ailleurs ?.

Dans ces conditions il faut un projecteur pour le film, la réponse, nous en avons un mais en 110 volts.

Le maire s’occupe de trouver un transfo pour 220 volts, environ un mois après nous passons aux essais qui sont concluants avec une  légère perte de qualité.        

Gérard Walemme me demande d’aller à  son lycée pour faire un exposé sur la résistance ,j’accepte mais ce n’est pas, un succès, je n’ai pas l’habitude de ce genre de chose.

Gérard me dit qu’ il a téléphoné à Jean Pierre Renson pour lui demander si une visite de la fonderie serait possible avec  des enfants du  Lycée Prévert de Caudry, il se recommande de moi, et celui-ci lui répond dans ces conditions je suis d’accord, mais Albert sera votre  guide, et le 13 novembre, je me rend chez Renson pour cette visite qui dure environ deux heures, les enfants sont contents, ils n’avaient jamais vu de fonderie, et surtout couler, et vers 16 heures la visite est terminée.

Je suis souvent à l’ordinateur mais j’ai des demandes  de personnes de connaissance  pour des conseils, justement Mr Harbonnier a l’intention de  monter  une deuxième parabole, il fait appel à moi et je vais le conduire  en Belgique à la maison MTS, J’accepte et cela me fait plaisir de revoir Mr Schuermans, et nous prenons la route de Belgique son fils Thomas qui est étudiant et qui possède un ordinateur nous accompagne, nous discutons de cela et il me dit j’irai chez vous voir et vous donner des conseils.

En arrivant chez Mr Schuermans, il est très content de me  revoir, et dit à sa femme de nous apporter le café, Mr Harbonnier achète une parabole à un prix intéressant et surtout du matériel de marque (Pace)

Et il me dit : « Vous allez lui installer vous serez couvert par la maison », Je ne peux refuser, et il me demande si j’ai encore le film  que j’avais fait en 1993 au moment où je travaillais  pour lui, ce film avait été réalisé pour faire connaitre la maison MTS aux personnes qui voulaient acheter une parabole, il faut dire que ce monsieur avait une vingtaine  de paraboles  exposées   jusque 1metre 50  de diamètre  et en état de faire des démonstrations, je lui promets de lui faire parvenir le film.

Environ 15 jours  plus tard j’ai la visite de mon camarade de collège,  Jacques Godart avec qui je suis toujours resté  très ami, et il me dit : « Montes- tu encore des paraboles ? », Je lui réponds que non, mais qu’il peut aller en Belgique car elles sont beaucoup moins chères, environ 1500 francs avec du matériel de marque soit Pace ou Nokia, il est très intéressé et il me dit j’irai là-bas, et quelques jours après il vient chez moi et me demande d’aller en Belgique  avec lui, je ne suis pas trop emballé, mais  Jeannine me dit tu dois lui envoyer le film alors tu le porteras, donc c’est décidé j’irais avec Jacques   Je lui remet son film il est content mais pas enthousiasme, cela me semble drôle, surtout que sa femme est venu au bureau, mais je remarque qu’ils se causent  plutôt sèchement, je me dis une brouille dans le ménage cela arrive Jacques décide de prendre un démodulateur Nokia 1202 T, mais  malheureusement  il n’en avait plus en réserve, mais ne vous inquiétez pas pour ne pas faire la route  je vous l’envoie, Et Jacques veut à toute fin régler la totalité, j’avais une confiance aveugle en cet homme.

                                                            Chapitre 8

Environ une quinzaine de jours après Jacques vient me voir et me dit le  démodulateur  n’est pas arrivé, nous avions ramené le reste du matériel,  donc il ne manquait  que le démodulateur

Je  dis à Jacques que  je vais lui téléphoner et il nous apprend que le matériel n’est pas rentré chez lui mais qu’il ne saurait tarder, et il me dit aussi que il a des problèmes dans son ménage, et qu’il allait divorcer, et il ajoute ne vous inquiétez pas pour le démodulateur.

J’avais une confiance en cet homme, mais malgré tout j’étais inquiet, et je voyais que Jacques l’était aussi

J’avais remarqué depuis un moment que sa femme était souvent au bureau et que lui allait sur les chantiers,  il arrivait que la femme faisait des erreurs  et quand on prenait le matériel lui était obligé de rectifier, si l’erreur était à notre avantage, il laissait mais l’inverse il laissait aussi.  

Le démodulateur n’arrivait toujours pas je lui avais retéléphoné et il m’avait dit que suite à son divorce il était en liquidation, mais de ne pas m’inquiéter, mais moi je ne savais plus quoi penser, il me prouva qu’il était un homme d’honneur, car le démodulateur fut expédié par un de ses amis, nous avions eu peur.

Mes performances  sur l’ordinateur sont en net augmentation mais je le mets souvent en panne, Denis Dumortier m’avait dis si vous avez des ennuis demander à un de mes amis qui est aussi compétent que moi,  Sten Jacquet  d’ Etreux , en effet cet homme très compétent devient mon ami, et il  m’apprendra tout ce que je dois savoir pour dépanner mon ordinateur mais sans oublier de me sermonner de temps en temps pour les bêtises que je faisais et quelques années plus tard  j’étais  capable de monter un ordinateur complet.

Malgré mon ordinateur je n’ai pas oublié mon  travail de mémoire sur la résistance, j’ai terminé de taper mon recueil mais avec une idée en tête refaire une cassette vidéo couleur cette fois.

En Avril 1997 c’est le décès de Brigitte la femme de Jean Paul Lixon mon filleul qui habite Dieppe,  notre nièce était atteinte d’un cancer, nous nous rendons aux obsèques  avec notre cousine Thérèse et son mari Joël Hanon.

En septembre 1997 j’ai ,64 ans et je  ressens quelques douleurs dans la poitrine et à un retour de Dieppe je dis à Jeannine que  je devais revoir mon cardiologue car j’avais ressenti des douleurs dans la poitrine étant à Dieppe, mais que je n’avais rien dit pour ne pas être hospitalisé là-bas.

Une visite chez  mon cardiologue le Dr Dupont de Le Quesnoy, j’ai refait  un infarctus pas très important mais à surveiller, et que je dois aller passer une coronographie à Lille après la coro Le Dr Delomé  me dit qu’il faut faire une angioplastie, il me renvoie chez moi pour faire une préparation, et l’angio sera pour le 3 novembre.

Le 26 octobre après le début de ma préparation, je me retrouve le soir avec des hémorragies, le docteur Michaux me fait hospitaliser au Quesnoy mais le docteur Dupont mon cardiologue  m’envoie à Lille à la polyclinique Dubois où l’on doit me faire l’angio, je passe la toussaint là-bas et le 3 comme prévu, une surprise  m’attend : mes coronaires sont en très mauvais état il n’est pas possible d’y toucher car elles éclateraient, le docteur Delomé me rassure avec un traitement ça va aller mais un régime très sévère, et nous décidons d’arrêter les repas de famille très copieux.

Au début c’est dur, et très difficile à accepter de la famille, mais pour vivre il faut faire des sacrifices.

Je continue  à travailler sur mon ordinateur et même de bricoler sur celui des autres, il paraît que je me débrouille bien, et on me demande souvent des conseils, c’est en travaillant que l’on apprend.

Un jour en revenant d’une visite à la famille Mme Madeleine Legrand dit à Jeannine hier une voiture immatriculée 37 cherchait après vous, une cousine d’Albert qu’elle n’a pas vu depuis au moins cinquante ans,  je cherche mais je ne vois pas, après réflexion je pense à une cousine germaine,  Laurette Carnoy, fille de Carmen Meresse et de  Léon Carnoy.

Léon Carnoy m’avait téléphoné en 1994 quand le récit de mon recueil était passé dans le journal l’Observateur, et ayant encore des relations  dans la région, ces personnes  lui avaient envoyé l’article et il m’avait dit que sa fille était à Jouez les tours, ayant l’habitude des recherches je me mets en quête de retrouver  ma cousine, et quelques mois après j’obtiens son adresse et son  numéro de téléphone.

Je m’empresse de lui téléphoner et elle me dit : «  oui c’est bien moi qui suis allée à Fesmy ce jour là »

Et elle me promet qu’en 1999 ils remonteront dans le nord et qu’elle viendra chez nous.

En 1995 1996 1997 ,suite aux plaintes de Mr Robson, qui se trouve gêné par le bruit occasionné  par les personnes qui  louent la salle des fêtes, ce qui occasionne la  fermeture de la salle des fêtes de Fesmy, le maire et le conseil municipal font entreprendre des travaux  acoustiques et rendre la salle accessible à la location, les travaux et les tests sont  terminés  en octobre 1998, et l’inauguration de la nouvelle salle a lieu le 19 décembre 1998, comme les fois précédentes  je suis demandé par Me Legrand Yves, pour filmer l’inauguration, le ruban  tenu à droite par Mr Le Maire et à Gauche par Mme Lacoche premier adjoint à le Sart, et ce ruban est coupé par Mr le député Jean Pierre Baligand   

Et fin septembre 1999 la cousine Laurette  me téléphone qu’ils sont dans le Nord, et qu’ils nous rendront visite le dimanche 3 octobre, nous sommes très contents de les voir, la dernière fois que je l’ai vue elle était encore gamine, et moi j’ai trois ans de moins qu’elle, donc je ne pouvais pas la reconnaitre, mais quel plaisir de retrouver une cousine après si longtemps, je fais la connaissance de son mari, Jean Thuillier  un homme  merveilleux avec qui on, a plaisir à discuter, lui Jean, Professeur à Fourmies est nommé  Principal à Jouez les Tours  et après la retraite ayant leurs enfants mariés dans la région, ne sont pas revenus dans le Nord.

Nous passons une journée magnifique  face à une assiette copieuse préparée par Jeannine,   nous  causons  de la famille et nous  regardons   des photos, mais vers 17  heures nous voyons des gyrophares chez le voisin qui est notre neveu, je me renseigne aussitôt et j’apprends que la sœur de Jeannine qui est la belle mère de notre neveu,  a eu un malaise et que les pompiers sont là pour la ranimer, mais environ une heure après nous apprenons qu’elle  est décédée.

Notre belle journée est terminée, la cousine Laurette repart avec la promesse qu’elle reviendra.

Jeannine est très affectée du décès de sa sœur, elles étaient très liées.

Les obsèques furent célébrées  à Prisches le mercredi 6 octobre.          

Il m’arrive très souvent  de me  rendre à Beaurepaire  chez Robert  Lixon, le parrain de Jeannine avec qui nous sommes fort liés, pour des petites réparations, ils ont un fils Roger dont les visites laissent à désirer, et en cas d’ennui, il fait appel à moi, et à chaque fois que j’arrive c’est la même rengaine «  Je t’ai encore dérangé, avoir un fils et être obligé de passer par un étranger » et je lui réponds en riant, « Merci de prendre votre neveu pour un étranger », lorsque la mère de Roger est obligée de subir une opération des intestins, c’est moi qui prévient son fils Roger. Par la suite lorsque le père de Roger est hospitalisé et décède le 13 février 2001 un couple de  leurs amis de Beauvois en Cambrésis  s’occupe des obsèques  et  par la suite ce couple d’amis viendra tous les quinze jours voir Marie la femme de Robert,  et nous,  nous la prenons à tour de rôle pour manger le dimanche,  avec son petit fils Philippe  le fils de Roger qui n’est plus en très  bons termes avec ses parents.

C’est très difficile pour  Philippe car ses relations étroites  avec  ses grands-parents,   qui, sont normales, n’arrangent  pas ses relations avec son père et sa mère qui se détachent de plus en plus de lui.

Au printemps 98, notre barrière d’entrée de cour casse, nous sommes obligés de la changer par une en PVC,  je reprends le travail avec précaution, pour la barrière, je continue  à travailler avec l’ordinateur il n’est plus un problème pour moi, je commence d’ailleurs à donner des conseils aux autres, je travaille aussi à mon projet de cassette vidéo, il faut faire les photos c’est compliqué.

A la société de chasse, me rendant compte que  l’organisation du balltrap, laisse à désirer depuis que je ne suis plus chasseur, car  j’ai arrêté de chasser en 1992  mais toujours tireur à cette manifestation, certains membres ne sont même pas présents ce jour là,  et laissent tout le travail aux autres mais pourtant profitent des mêmes avantages, la réduction de 50 francs sur la cotisation pour présence.    Je suis convoqué à la réunion et demandé pour  m’occuper de l’organisation du Ball-trap,  je  mets une condition, de  nommer trois personnes pour m’aider  Claude Thurette, Guy Porreau, et Patrick Harbonnier, et pour les autres membres  une présence active le jour  du balltrap, ou alors ils n’auront pas la réduction de cotisation,   toutes ses conditions sont acceptées par les adhérents présents à la réunion.

En  mai  2000  la commune de Fesmy Le Sart organise la fête cantonale, toutes les personnes du village sont invitées pour participer  à l’organisation de la fête, moi vu mon handicap du cœur, le maire me dit, Albert, serais tu d’accord pour filmer la fête, moi qui ne demande que ça, j’ai filmé le  vendredi  l’après midi dansant des clubs, le lendemain Samedi le marché à l’ancienne à le Sart,  le soir le coucous avec 850 personnes, le Dimanche le défilé folklorique de l’après midi  et le soir, le repas choucroute et dans la soirée  le feu d’artifice à l’Abbaye, et le tout sans profiter d’un repas ni d’une dégustation.

Le lendemain j’ai fait le montage des trois jours de fête,  il m’a été demandé 27 cassettes que j’ai données en échange de cassettes vierges. Et environ un mois après le conseil municipal a invité tous les participants  ayant participé à l’organisation, à  un souper, merguez, Brochettes et côtelettes grillées, il y eu une telle ambiance que le maire m’a demandé de filmer la soirée.

Comme vous pouvez le remarquer je suis l’homme bénévole des petits boulots et des manifestations communales, comme Mme Bénédicte Legrand épouse de Mr le maire, me disait   Albert l’homme aux doigts d’or, est toujours disponible. Elle a raison ou pas  moi je ne peux que laisser dire.         

 Je termine ma cassette vidéo couleur, elle m’est très demandée, derrière la peine j’ai  mis des mots,  derrière les mots des images,  j’en fais part à la journée de la déportation à Cartignies le 30 avril.

Je participe à beaucoup  d’expositions et très souvent c’est pour commenter certains détails sur la résistance et la déportation, car les vrais Résistants sont de moins en moins nombreux.

Le 29 janvier j’apprends le décès de Fernand Wargnies à la maison de retraite de le Nouvion

Les obsèques sont célébrées le 2 février,   je suis demandé par le maire  Georges Garin   pour  prononcer  l’allocution envoyée par Pierre Deshayes, trop âgé pour se déplacer depuis  Le Pouliguen.  Je refuse car je suis très touché par ce décès et prononcer le nom de ma famille risque de me faire craquer.

Je suis souvent demandé aussi pour réparer  gracieusement des ordinateurs cela ne me déplait pas car en réparant on  se trouve souvent confronté à diverses pannes et cela vous instruit en même temps.

Un ami Jean Louis Séaux  très expert avec Excel me donne des conseils et même nous faisons un facturier et ensuite un programme pour faire le calcul des fermages

Nous voici arrivés  dans une mauvaise passe.    En août nous apprenons le décès  d’Emile Walemme, le mari de ma cousine Odette, nous allons rendre visite à Obrechies où ils habitaient. Et lors de notre retour à Fesmy   un appel téléphonique nous apprend que la cousine Alice Walemme de Ramousies est décédée,     Le lendemain nous nous rendons pour les obsèques du cousin Emile et nous repassons à Ramousies pour bénir le corps de ma cousine Alice, cette cousine qui m’avait toujours regardé comme son fils,  ses obsèques sont célébrées le jeudi 7 octobre,  je suis très affecté par cette disparition brutale.

Le dix octobre la  tante de Jeannine   Alice Lixon,   lors de son transfert pour un examen à Maubeuge, décède en cours de route, d’une embolie pulmonaire, c’est encore  un coup dur pour nous, nous étions très proches et avions l’habitude de jouer à la manille tous les quinze jours, une fois chez eux nous restions  pour manger et reprenions notre jeu après le repas, et la même chose chez nous quinze jours plus tard.les obsèques se sont déroulées à le Sart, et notre oncle n’a plus jamais voulu jouer à la manille ensuite. Mais Jeannine a gâté son oncle il vient manger avec nous tous les mois.

Tous les ans je faisais le calcul du fermage de plusieurs personnes, dont celui de Élie Marécaille un voisin et ami, et je l’avais prévenu que je lui porterai le calcul du fermage le lendemain de Noël, il en avait fait par à son beau fils Bernard.

Le jour de Noël nous avons un appel téléphonique vers 20 heures nous demandant de nous rendre à Beaurepaire, Robert Lixon le parrain de Jeannine nous demande d’aller  chez lui car sa femme a un malaise et le SAMU va arriver, nous y  arrivons aussitôt en même temps que le SAMU qui nous dit qu’il faut l’hospitaliser à Maubeuge.

Le lendemain matin nous allons soigner les chiens et les poules car le parrain,    ne sait plus rien faire il est un homme usé par le travail, après sa retraite il est allé travailler chez son fils Roger et user ses dernières forces, après ce petit travail nous rentrons chez nous, et repassons en face de chez le voisin Élie Marécaille, je donne un coup d’œil en passant sur la route et je remarque  qu’il est tombé sur son  trottoir, j’arrête aussitôt et je m’avance pour me rendre à la réalité Elie Marécaille s’est suicidé à l’aide de son fusil de chasse, je rentre chez moi en vitesse et je téléphone aux pompiers, à la gendarmerie, et au maire de la Commune. Cet homme était déprimé il avait perdu sa femme en avril 1998 et le jour de  son suicide correspondait à celui des obsèques de son frère, il se retrouvait seul,  après réflexion je dis à Jeannine, Elie savait que c’était moi qui allait le retrouver, puisqu’il avait dit à son Beau-fils que j’allais lui porter le calcul de son fermage.

Le 4  février 2001 la Commune de Cartignies inaugure une stèle à  la mémoire de Fernand Wargnie

Le 29 avril je suis présent a la journée souvenir de la déportation comme les années précédentes

En Janvier  2002  mon beau frère René Mercier décède d’un cancer, et nous apprenons que mon autre beau frère Paul Lixon est atteint aussi d’un cancer des poumons, ce n’est pas une bonne année qui commence pour nous. Début mars je suis demandé par Anaclet  Dubail pour organiser une exposition sur le général de Gaulle, avec Michel Cadart elle a un très grand succès

Dans la nuit du 22 au 23 mars je me réveille vers 5 heures du matin avec des fortes douleurs dans la poitrine et dans les bras, j’ai compris, je dis à Jeannine appelle  le docteur, mais par manque de chance c’est la grève des docteurs et le répondeur nous dit d’appeler le 15, ce que Jeannine fait aussitôt et un quart d’heure après les pompiers de Fesmy sont à la maison   « Pascal Denhez le responsable des pompiers et un jeune qui est à sa première sortie, Nicolas Legrand   le fils du maire  de la commune » les pompiers sont arrivés en attente du SAMU qui, arrive environ une demi heure après, je remarque que le docteur fait une grimace après m’avoir ausculté, et il dit : «  Il faut l’hospitaliser immédiatement, » et je suis mis sous perfusion  et embarqué dans l’ambulance,  un pompier qui est un de mes amis Francis  Quétin était de faction pour la circulation, il s’approche et me dit «  Albert tu es dans de bonnes mains, » et moi de lui répondre « Un Meresse il faut le tuer pour l’avoir », ce qu’il n’avait pas dit et que j’ai appris plus tard, que le docteur du SAMU lui avait dit,  il n’a pas beaucoup de chance.

J’ai 69 ans et un troisième infarctus.

Je suis conduit à l’hôpital de Hirson  et en arrivant là-bas, j’apprends que je vais être évacué en hélicoptère sur l’hôpital de Valenciennes, en effet moi qui n’avait jamais monté ni en avion ni en hélicoptère, je me dis c’est  mon baptême de l’air, non sans comprendre que mon départ précipité était signe, que c’était grave,  mais comme je n’avais plus mal dans la poitrine je ne m’inquiétais  pas outre mesure. En arrivant là-bas, je suis mis en soins intensif et pas de visites, pas de téléphone.une infirmière me dit que Jeannine avait téléphoné et quelle viendrait demain.

Jeannine arriva le lendemain après midi vers 15 heures, l’infirmière ne lui avait pas dit que les visites étaient de 14 heures à 15 heures et aussitôt arrivée elle fut obligée de partir.

Deux jours plus tard je suis envoyé en chambre particulière, la chambre est occupée par un autre patient  Etienne Kalec à qui  on a posé des STEN. Pour Jeannine c’est plus pratique  pour venir, les heures de  visites sont très strictes, le docteur Vilarem   me dit que  j’allais passer une coronarographie le mercredi 27 mars.

Je profite  de l’après midi pour téléphoner au docteur Michaux pour lui demander des explications

au sujet de sa grève le jour de mon infarctus, et je lui confirme que je me passerai de ses services 

Après cet examen j’apprends que l’on ne peut plus rien me faire que mes coronaires sont en très mauvais état, à moins qu’un chirurgien veuille m’opérer.

Je demande à voir mon cardiologue le docteur Dupont, j’apprends qu’il vient  faire des gardes au centre hospitalier où je suis, mais je remarque que le Dr Vilarem  n’aime pas beaucoup mon cardiologue, et celui-ci me dit «  Vous sortirez samedi et vous verrez votre cardiologue. »

Le samedi matin 30 mars  je suis prêt à sortir,  mon camarde  de chambre avec qui nous faisons bon ménage est sortant aussi,  nous discutons ensemble en prenant le petit déjeuner, soudain il me prend une légère douleur au cou, et je ne me souviens plus de rien, quand je suis revenu à moi j’étais sur mon lit complètement déshabillé et beaucoup de monde autour de moi,  et j’entends dire ; «  Monsieur Meresse ouvrez    les yeux c’est moi Marie votre infirmière vous me reconnaissez, vous avez  fait un malaise et votre camarade de chambre nous a appelé », J’avais passé un scanner, mais je ne me souvenais de rien, bien sûr plus question de sortir.

Le Dimanche soir jour de pâques, vers minuit arrive dans la chambre un homme qui a des difficultés pour respirer, le lendemain matin nous faisons connaissance, Robert Marouzé de Bermerain a été opéré de pontages et a des ennuis d’adaptation aux  médicaments. Nous  discutons avec Mr Marouzé et le mardi matin les trois  docteurs passent, le Dr Vilarem me dit « Vous êtes encore là vous », Je  lui réponds : « Quand vais-je voir le Dr Dupont ? »,Il me répond « Débrouillez- vous », il s’avance à Mr Marouzé discute de son état, et sort de la chambre, Il reste un médecin qui écrit sur un dossier , je suis tout surpris  des réponses du Dr Vilarem, je m’adresse au cardiologue restant et je lui dis : «  C’est quand même malheureux,  trois cardiologues dans votre chambre, et  on n’arrive pas à avoir une réponse, que  vais-je faire ?. »

Celui qui reste dans la chambre me dit, «  Monsieur je suis le Dr Laurent Dutoit  cardiologue,  je vous écoute », Je lui explique que j’avais été opéré en 1987 par le docteur Pommier à la clinique Dubois à Lille et que je voudrais voir ce docteur, il me répond ; « Je vois votre dossier et je reviens vous voir ».

En effet moins de 1 heure après ce docteur revient et me dit : «  J’ai regardé votre dossier,  j’ai téléphoné à la clinique Dubois et  j’ai réussi à parler au Dr Pommier, donc demain  mercredi, au matin vous partez à la clinique et vous voyez le Dr pommier et si c’est possible vous serez opéré jeudi matin. »

                                                                   Chapitre 9

 

Le  lendemain l’avant midi se passe et personne ne vient me chercher  je demande à une infirmière, elle se renseigne et vient me dire : « L’ambulance est prévenue vous allez partir, »  Je n’ai jamais, su  si j’avais été oublié ou non,  vers midi trente après avoir mangé un ambulancier est venu me chercher et me conduire à la policlinique Dubois, en arrivant je me fais attraper par la secrétaire, qui me dit « Vous voilà quand même ,on vous attend depuis le matin, » Je monte à la chambre 100 qui est la chambre de préparation, je la connais j’y suis déjà allé deux fois, environ un quart d’heure après le docteur Pommier vient me voir, regarde le compte rendu de la coro les radio et me dit : «  Je ne sais pas ce que je vais vous faire, c’est quand vous serez ouvert que je pourrai me rendre compte, de toutes façons , vous avez une opération qui va durer plus longtemps que la première et c’est à vous de décider car elle va être très délicate et beaucoup de risques, vous avez  80 % de chance d’y rester,  à vous de décider » Je lui demande «  Si je ne suis pas opéré quelles sont mes chances de survivre ? »  Il me répond « six mois au plus », Je réfléchis et lui dit « On m’opère » il me répond «  Vous avez pris une sage décision,  vous allez faire cet après midi la préparation  accélérée, et donc  à  demain matin au  bloc opératoire. » Environ une demi-heure après une infirmière arrive pour me raser,   et me conduit pour passer des examens et ensuite un bain complet,  mais comme je suis allergique à l’iode, j’ai un produit de couleur rose, pour sept heures du soir la préparation est terminée,   je reste à jeun,  mais deux cachets pour la nuit et dormir nu sous le drap,  le matin à six heures trente l’infirmière  arrive me donne deux cachets et me dit « On y va », c’est la montée au bloc opératoire et l’infirmière me dit à samedi car après l’opération vous allez en réanimation, et vous remonterez si tout va bien, samedi dans la journée,   je me dis si je suis encore de ce monde car je suis bien conscient de ce que je vais subir.

Je me réveille vers trois heures  du matin  je passe ma main sur ma poitrine et je me dis  « je suis opéré et je vis encore » un infirmier arrive et me demande si ça va,  je lui  dis  que oui,  il me dit que l’opération a bien réussi  que ma femme a téléphoné pour prendre de mes nouvelles.  

Je me rendors  jusque vers sept heures du matin et là plus possible de dormir à tous moments ce sont des soins,  la tension automatique,  des tuyaux dans le nez, dans la bouche, mais pas de souffrances, car l’opération du cœur n’est pas douloureuse, la journée du vendredi se passe  très bien, à regarder ce  qui se passe autour de soi, sur un lit à coté de moi un opéré est très énervé, ils ont beaucoup de mal à le calmer,  j’entends un infirmier lui dire les autres sont au même point que vous et ils sont raisonnables .

Le lendemain dans l’avant midi l’infirmier vient me dire je vais vous débarrasser de tout, vous aurez un bol de soupe et vous remontez  dans votre chambre cet après midi, je suis bien content  je me dis je suis sauvé, et on commence à me débarrasser des tuyaux dans le nez, ensuite celui que j’ai dans la trachée

Après ce sont les drains, c’est assez douloureux, quand il a enlevé le premier, je lui dis : «  Enlevez l’autre et on sera tranquille » mais  pour le dernier  j’ai crié tellement la douleur était forte, il me dit : «  c’est fini » Je vais avoir un bol de soupe, à ce moment le téléphone sonne c’est Jeannine qui prend de mes nouvelles.

Il est environ midi, j’ai la soupe et l’infirmier me dit de dormir en attente que l’on vienne me remonter dans ma chambre,  et vers deux heures  c’est la remontée en soins intensifs, et comme la première fois en 1987, je regarde mais le téléphone n’est pas installé, environ une demi heure après une aide soignante  s’en charge,  et  je  peux  appeler  Jeannine qui me dit qu’elle viendra le lendemain dimanche.

Je n’ai pas vu Jeannine depuis le vendredi 29 mars puisque je devais retourner le samedi 30 et que j’ai eu mon malaise ce jour là, donc  je suis très content de la voir ce dimanche 7 avril nous faisons des prévisions sur mon retour en pensant que ce sera comme la fois précédente, mais le lendemain Lundi on m’apprend que comme ca va bien je dois quitter la clinique pour aller en convalescence à l’hôpital d’Avesnes sur Helpe le mercredi 10 avril, le départ est prévu pour 14 heures.

A onze heures trente une ambulancière arrive pour me dire qu’elle me conduit à Avesnes, je lui dis je n’ai rien de prêt et je n’ai pas mangé, elle me répond ce n’est pas grave je vous prépare vos affaires

Et en arrivant à l’ambulance  je vois qu’il y a déjà deux personnes dans la voiture,   elle me fait monter à l’arrière, et en route pour Avesnes c’est ce  que je pensais mais pas du tout, il faut d’abord reconduire les autres,  une de Jeumont et l’autres de Maubeuge .Elles  étaient allées en consultations à Lille, et l’ambulancière faisait un transport pour trois personnes, la première est reconduite à Jeumont, la deuxième  à Maubeuge et elle me dit je retourne chez moi, à Neuf Mesnil  manger un morceau,   mon fils vous conduira à Avesnes, donc parti vers onze heures trente de Lille   je suis arrivé a Avesnes à 16 heures 30,  j’étais le seul opéré dans la voiture et j’étais reconduit  le  dernier  à Avesnes, arrivé à Avesnes je suis obligé de dire à ce monsieur qui  conduisait  l’ambulance de prendre ma valise il me l’aurait  fait porter , j’étais très fatigué, si bien qu’ en arrivant dans ma chambre l’infirmière me dit vous vous mettez dans le fauteuil, je lui réponds que je vais au lit, je suis crevé  je me suis endormi jusqu’ au souper,  je commençais à avoir faim, je n’avait pas mangé le midi.

Le lendemain Jeannine est venue me voir, c’était plus près pour elle,  le surlendemain   arrive dans ma chambre un malade, et j’apprends que cette personne   Mr Pierre Carion habite la bouchère à Cartignies, nous faisons connaissance  c’est un homme sympathique et nous avons assez bien parlé de Cartignies cela rappelle des souvenirs, le lendemain j’ai mal dans une jambe, j’en parle au docteur  qui me fait passer un doppler et découvre que j’ai deux  phlébites à la même jambe, quand Jeannine arrive je lui dis que tout allait très bien mais voici les ennuis qui commencent,   je suis changé de chambre je monte en cardiologie et je suis sous appareil de contrôle, chose que j’aurais du avoir à mon arrivée.

Le lendemain le mardi 16 avril 2002  une infirmière vient me dire que j’allais être transféré  dans un centre de cardiologie, je lui en demande la raison elle me répond  nous craignons une embolie pulmonaire, c’est pour cette raison que vous allez au centre hospitalier de Maubeuge.

En arrivant je suis pris en charge aussitôt ; monsieur interdiction de vous lever même pour aller au toilettes, nous somme à deux dans la chambre,  mon voisin n’est pas bavard, j’aime autant il me faut beaucoup de repos Jeannine vient me voir tous les jours je vois bien qu’elle est inquiète

A chaque fois il y a toujours quelque chose qui ne va  pas,  mais je ne suis pas  plus mal,  mais c’est très long car j’avais bien fait une embolie pulmonaire,  les jours passent  le vendredi 26 je change de chambre, mais malgré que cela va mieux je n’ai toujours pas le droit de me lever, le lundi je peux me lever et le mardi 30 je préviens Jeannine,  je pense sortir jeudi 2 mai, il faudra prévenir  le Docteur Lefevre de Prisches qui est mon nouveau docteur depuis que j’ai remercié le docteur Michaux.

En effet, je  rentre le jeudi 2 mai  après 42 jours, quel bonheur de respirer le bon air de son village retrouver ses habitudes, l’après midi je fais connaissance du Docteur Lefèvre, maintenant il ne reste plus qu’à reprendre des forces, le dimanche 5 mai il y a des élections, je vais voter, les personnes rencontrées sont surprises de me voir.

La suite de la convalescence se passe  bien, il faut dire que l’opération du cœur a plus d’un mois le plus difficile est passé, je reprends des forces et de la vigueur Jeannine est obligée de me freiner, je reçois une demande de l’hôpital d’Avesnes  pour aller faire de la rééducation cardiaque, je me dis qu’ aller à Avesnes me passera le temps et je  donne mon accord pour 20 séances deux fois par semaine je retrouve des personnes que je connais  comme  un voisin  René Bevière qui a été opéré en même temps que moi  Alexandre Canonne  qui a été opéré aussi,  et je fais d’autres connaissances

Entre temps je remets  un peu d’ordre dans mes recherches qui ont été abandonnées ce qui me fait aller sur l’ordinateur  qui me manquait un peu, je reçois assez bien d’appels téléphoniques d’amis qui viennent me voir et aussi de personnes qui ont des ennuis d’ordinateur.

La santé de Paul laisse de plus en plus à désirer, nous nous rendons compte que son cancer du  poumon   malgré la chimio n’est pas de mieux en mieux,  et le jeudi 12 septembre vers 20 heures Paul nous quitte, nous avions encore passé l’après midi avec lui, nous savions que c’était la fin.

Ce décès me touche beaucoup car Paul était comme un frère avec moi, comme je disais  précédemment  si je n’avais pas supporté mon opération nous serions partis les trois beau frères la même année.

A Noël Marie Blanche sa fille a voulu continuer le réveillon, mais il manquait Paul, l’ambiance n’y était plus, ce fut le dernier  depuis 1976, ces réveillon avec toute la famille, avec une ambiance familiale,  nous ne verrons plus jamais ça.        

Le 23 Avril 2003 je suis retourné à la journée de la déportation à Cartignies, car l’année précédente je n’avais pas pu y assister étant à l’Hôpital,  je fis une allocution sur le camp de concentration de Dora

Je continue à travailler mon travail sur la mémoire, et  un diaporama sur la résistance, début 2004 ce diaporama est terminé, une personne  à qui je le montre me dit pourquoi ton diaporama que l’on ne pourra voir que sur un ordinateur tu ne le met pas en film et sur DVD,  c’est vraiment une bonne idée et je me lance aussitôt ce qui me  fait travailler sur ordinateur et sur caméscope,   je me suis engagé sur un projet extrêmement délicat et celui qui me l’a conseillé ne peut pas m’aider.

Petit à petit comme l’on dit  « l’oiseau fait son nid » ça avance doucement, il est fini pour la journée souvenir de la déportation, et je profite de ce jour pour l’offrir à la commune, et à certaines  personnes du défilé, et ce jour le maire me demande si je prêterais des documents, pour le début septembre car la commune a été contactée pour organiser le soixantième anniversaire de la libération, avec véhicule d’époque, défilé, exposition de documents, bien sûr je suis d’accord.

Depuis environ un mois nous sommes en préparation    pour  organiser un repas de famille pour nos 50 ans de mariage le samedi  21 aout, ce repas est au « restaurant pêche Paradoxe » à Rejet de Beaulieu, nous passons une journée magnifique avec la famille et devant un  repas à l’ancienne,  comme Jeannine avait l’habitude, et confectionné par Mr et Mme Foulon,  excellents cuisiniers,  à 21 heures tout était terminé.

Le dimanche 5 septembre nous sommes à Cartignies pour la commémoration de la libération, j’en profite pour faire un petit film.

Ce jour là, je vois une dame s’approcher de moi et elle me dit, « Tu ne me reconnais pas,  je suis ta filleule Réjine »:  Je ne l’ai pas revue  depuis  près  de  20 ans,  elle est   grisonnante,  mais elle me revient à l’esprit, et  aussitôt   je m’avance  pour l’embrasser en lui disant «  Oui je te reconnais », Je sais qu’elle s’est remariée  avec un Michel mais que je n’ai jamais rencontré.

Et je vois un homme près d’elle je lui dis c’est ton mari, elle me dit oui c’est Michel,   je m’avance vers lui   je  l’embrasse et  lui dit,  content de faire votre connaissance,   Réjine me dit : «  Marraine n’est pas là ? » Je lui réponds  qu’ elle est assise sur le banc en face, ils se dirigent vers elle, et moi je vais à mes occupations  car le défilé de véhicules militaires  va commencer  et comme j’ai habillé deux personnes du village en FFI, je vais  leur indiquer où se placer, et pour filmer, bien sûr cela me rappelle des souvenirs, je pense que  ma famille serait heureuse de se trouver présente ce jour mémorable,  pour des Volontaires de la France Combattante, mais malheureusement ce n’est pas le cas.

Environ une demi heure après le début  je vois une jeune fille s’avancer vers moi  et elle ne dit : « Je suis Valérie la fille de Réjine ».Comme sa mère  il y avait presque vingt ans que je l’avais vue, je me souviens c’était la dernière fois que j’ai rencontré ma  sœur, et Valérie  était chez sa grand mère  certainement en vacances et je me souviens  que c’était elle qui m’avait servi  le café, donc je ne pouvais pas la reconnaitre, je m’avance vers elle pour l’embrasser, donc ce fut un jour de retrouvailles, surtout que Jeannine me dit : «  j’ai invité Réjine à venir à la maison, ce qui lui a fait plaisir ».

En effet, environ une quinzaine de jours après nous avons la visite de Réjine et de Michel, je suis peut être un peu distant au début mais je suis content de les voir  je fais attention à ce que je dis pour ne pas blesser,  car    je  n’avais pas de bonnes relations avec ma sœur, mais Réjine  me  pose une question sur son père, suite à une réflexion d’une personne du village, ce qui me met à l’aise, pour mettre certaines  choses  au point,  et j’ai dit  à  Réjine, «  laissons ses choses anciennes de côté car si l’on veut on irait peut être trop loin, et cela ne ferait pas plaisir. »

Et nos relations se sont améliorées et je pense sont même parfaites maintenant.

Nous arrivons au 11 novembre à Cartignies   journée que je ne voudrai manquer pour rien au monde

Mon père ancien combattant de 14/18 et décédé ce jour du 11/11 1944 au camp de Dora et l’exposition de Charles Cornet, ce collectionneur  qui nous rappelle   des choses anciennes du village de Cartignies

Je commence par une visite à l’exposition ensuite à 11 heures le défilé au cimetière et la visite au monument de la déportation, ensuite le monument aux morts, et accueil par  la commune  à  la salle des fêtes où se trouve  l’exposition de Charles Cornet ce STO qui est obligé de quitter son travail de secrétaire a la mairie, pour se cacher de l’occupant.

Le 21 février 2005 Réjine nous apprend le décès de son beau-père Lucien le mari de ma sœur, car ma sœur divorcée de Roger Godin en 1953 s’était remariée avec Lucien Normand en 1961,  un brave homme qui travaillait en 1941 au Ponts et Chaussées  d’Avesnes et de la classe 1942 classe du STO et réquisitionné sur la route à son travail par les Allemands et envoyé  travailler en Allemagne.

Renvoyé en permission 6 mois après il ne retournera plus en Allemagne,  mais  se  cachera chez  Henri Carlier à Beaurepaire  jusqu’à la fin de la guerre, Lucien  après   la guerre  travaillera  jusque sa retraite à Vallourec Aulnoyes. Si je ne parle pas de  mon beau-frère Lucien,  vu les rapports  avec ma sœur, ce que je raconte ne doit pas être un règlement de compte.

Le jour des obsèques  je sais que  ma sœur qui est dans un fauteuil depuis 7 années ne sera pas présente aux obsèques, ce n’est pas que je redoute de la rencontrer, mais je ne veux  pas gêner mais faire plaisir à Réjine, je suis présent avec Jeannine,  à  la messe  mais pas  au cimetière, mais nous y sommes allés une semaine  plus tard.

Dans le mois de mars, je rencontre Mr Serge Adiasse   nous nous connaissons depuis environ une dizaine d’années, et je le rencontre tous les ans le 2 septembre à la cérémonie du Gard  cet homme est  le rescapé du massacre du Gard  d’Etreux,  il me dit « J’ai appris  que vous aviez fait un DVD sur la Résistance de votre famille et je voudrais bien me le procurer, »  Je lui ai apporté dans la semaine.  Au mois de mai pour le soixantième anniversaire de la libération des camps de concentration je suis invité par Michel Cadart à son exposition à Thérouanne, où il me demande de  commenter l’arrestation de ma famille et leur passage aux camps de Dora, et j’en profite pour filmer l’exposition de mon ami Michel qui est un  très bon collectionneur. Ce jour là, je rencontre une personne que me présente Michel Cadart, c’est Mr Constant de Arques nous discutons et il me dit qu’il est orphelin de guerre comme moi, cinq membres de sa famille ont été arrêtés, trois ne sont pas rentrés dont son père, et nous rendons compte que nous appartenons à la même association dont le siège est à       Lille.                                                                                      Nous mangeons ensemble et discutons bien sûr de la déportation, il fait des expositions, je lui offre mon DVD et il me demande comment je l’ai fait , nous venons à parler d’ordinateurs et il me dit que sa ma femme a l’intention d’en acheter un et me demande beaucoup de renseignements, le soir sa femme me dit qu’elle veut acheter le mien puisqu’il est tout équipé de programmes qu’elle ne saurait pas installer, elle me propose le prix que je l’ai payé afin que j’en rachète un autre, je n’ai pas l’intention de me séparer de mon ordinateur qui  est une petite merveille et si j’ai des ennuis avec l’autre,  le soir elle me dit vous réfléchirez, je vous téléphonerai.

Environ un mois après je reçois un appel, me demandant ce que j’avais décidé pour l’ordinateur, nous en avions discuté avec Jeannine, et je lui dis que c’était d’accord pour le prix que je l’avais payé, il décide de venir le chercher en juillet.

Je reçois un coup de téléphone  d’un monsieur Mayeur de Leval me demandant si j’avais entendu  parler de l’arrestation de son père en août 1943 à Dorengt  et  si  j’avais   des renseignements, il vient me rendre visite et nous discutons, j’ apprends qu’il n’a pas connu son  père, il est venu au monde  en octobre 1943, et il est de la même association qui regroupe les orphelins de Guerre  que moi et Mr Constant, le monde est petit. Dans le courant de l’année je suis invité par Mr Constant pour une visite des camps de concentration, mais comme je n’ai pas l’intention d’y aller je laisse ma place à Mr et Mme Mayeur et ils font la connaissance de Mr Constant, et depuis nous sommes restés très amis.  

Dans le mois de mai, je reçois un courrier de l’Education Nationale, me demandant de me rendre à la Préfecture le 7 juin 2006  pour la remise des prix du concours de la Résistance, et de préparer une allocution sur la Résistance, ceci est la suite de la préparation de l’exposition sur la résistance dans le monde rural, que Mme Kimpe avait organisée à Bondues, elle était venue me voir pour avoir des documents sur la Résistance et surtout beaucoup de photos, elle avait en préparation un certain nombre de tableaux sur la résistance dans le monde rural,  je lui avais donné tellement de documents et de renseignements  qu’ elle m’avait dit « Rien que pour l’avesnois j’ ai ce qu’il me faut ».

Le samedi 3 juin je reçois la visite de Mme Kimpe, et je remarque que cette dame est plutôt gênée.  Et elle me dit j’ai une mauvaise nouvelle pour vous, «  Je ne sais pas ce qui se passe mais vous, vous ne prendrez pas la parole à la préfecture, il n’y aura que les deux Godarts Jacques et Henri, mais comme vous êtes invité ,votre présence est acceptée,  j’ai été prévenue par Mme  Sylvie Meunier secrétaire, qui suit le dossier,  que  l’Inspecteur d’académie qui a tout organisé n’est pas content du tout.  Il se demande d’où cela peut venir. » Le tout avait  été bien organisé, le dimanche et le lundi jour de la pentecôte les bureaux sont fermés,  il n’y  a que le mardi 6 pour essayer de savoir ce qui se passe.

Car le mercredi est le jour où nous devons nous rendre à Lille. Le mardi 6   je prends mon courage à deux mains, je téléphone à la préfecture, la réponse est : « Veuillez vous adresser à l’ONAC, me voici  à L’ONAC, la première personne me demande mon nom  quand je lui dis Albert Meresse aussitôt elle me dit : «  Mr Meresse je vous passe la directrice », à cet instant je pense avoir compris, Mme le directrice me demande ce que je voulais, je lui dis que j’avais une allocution à prononcer à la Préfecture et j’avais été exclu au dernier moment, je voudrais bien en connaitre la raison, «  Monsieur Meresse vous n’avez jamais été dans la résistance, vous n’avez pas pu obtenir la carte de combattant volontaire de la résistance, et vous voudriez causer , il n’en est pas question, » et je lui  réponds «  Pourquoi les deux Godart qui ne sont que témoins comme moi ont-ils le droit ? », je vois qu’elle voudrait arrêter cette conversation, mais moi je veux savoir, Mme la directrice me dit «  Vous avez fait une demande de carte du combattant vous avez été refusé, »Je lui réponds « Voici une erreur  je n’ai jamais demandé de carte. Monsieur Meresse vous êtes né en 1922 et vous habitez à St Hilaire les Cambrai   j’ai votre dossier devant moi, » Je lui réponds aussitôt « Je suis de 1933 né à Cartignies et je n’ai jamais habité à St Hilaire Les Cambrai»

Je lui donne mes coordonnées, et elle me dit il  y a une erreur, «  Monsieur Je m’occupe de cela. »

Vers 16 heures 30     je reçois un appel de Mme Kimpe, me disant « Mr Meresse qu’avez-vous fait ? C’est un vrai branlebas partout, et je peux vous dire d’être présent demain à Lille avec votre allocution »

Et le lendemain matin je recevais une invitation  de la Préfecture.

Le 7 juin je demande à mon cousin Joël Hanon de me conduire à Lille et en effet nous avons nos chaises avec notre nom,  après les discours du Préfet et du Conseil Général, ensuite c’est le discours de l’Inspecteur d’Académie, Jacques Godart est appelé, ensuite Henri Godart et ensuite ce fut moi je suis félicité par Le préfet qui me dit que mon allocution  est la plus représentative après la remise des prix nous sommes invités dans le salon d’honneur de la préfecture et le préfet me  dédicace mon papier avec l’allocution, ce qui me fait plaisir.

                                                             Chapitre 10

En juillet2006, je suis invité à Arques par Mr Constant pour son exposition  sur la Résistance et la Déportation, Je demande à Mr Mayeur si il a reçu une invitation et il répond «  Oui, il ira à Arques et je peux donc venir avec lui. ».J’ avais mis en relation Mr Constant et Mme Kimpe lors de l’exposition au fort de Bondues, et il avait réussi à avoir les panneaux exposés à Bondues, les panneaux sont prêtés, après l’exposition à Bondues  aux Associations en faisant la demande  Il y avait une très belle exposition et je fus sollicité à plusieurs reprises, pour commenter les panneaux ayant un rapport avec la Résistance dans le  monde rural de l’Avesnois,  je fis la connaissance de Mr Yves Lemaner  Historien de la deuxième guerre mondiale, et Directeur de la Coupole à  Helfaut  près  de St Omer.

Le 2 septembre, je vais à la cérémonie du massacre du Gard d’Etreux et je rencontre mon ami Serge Adiasse, il me dit «  A Boué le Syndicat d’initiative va organiser avec Madame Kimpe une exposition dans le mois de Novembre, il recherche des personnes qui ont bien connu la Résistance, seriez vous partant» Je ne me fais pas prier, quelques jours plus tard, Mme Kimpe vient me rendre visite  et me dit « Mr Meresse, je voudrais que vous soyez avec nous pour l’exposition de Boué, je ne vois que vous pour commenter la résistance dans l’Avesnois, » Je ne peux refuser , et je ne demande que cela, commenter la résistance est un honneur pour moi, je me souviens toujours des paroles de mon Grand père Charlemagne, «  Tu as l’obligation de porter l’honneur de la famille Meresse, et quand tu portes le drapeau de la résistance tu portes le drapeau de l’honneur, et je me souviens aussi des paroles de Pierre Deshayes aux obsèques de ma mère  « Lysiane et Albert vous êtes les héritiers d’une grande famille durement éprouvée, une famille d’honneur, le nom des Meresses est lourd  d’honneur à porter, je sais que vous en serez dignes ».

Début septembre un appel téléphonique m’apprend que ma cousine Odette qui habitait Obrechies est décédée, depuis un certain temps elle était sous oxygène jour et nuit, elle était usée par le travail, je suis profondément affecté car avec Odette nous étions comme  frère et sœur, c’était une femme très gentille et tellement courageuse qui avait eu une vie très difficile, elle avait vu mourir quatre fils, son mari était en invalidité depuis l’âge de vingt cinq ans suite  à un accident à l’usine, mais elle avait été bien soignée  par ses filles surtout par Yvonne, que je considère comme une deuxième Odette.    

Dans le mois d’Octobre je suis invité à la réunion de préparation de l’exposition, et Mme Kimpe me demande de faire revenir le container de Robert Roseleur qui avait été prêté à Bondues pour l’exposition, je promets de m’en occuper. Ce container a une histoire particulière, car suite au parachutage du 28/29 août 1944 sur Couesnon  auquel, Robert était présent comme à tous les parachutages puisqu’il été chef de sécurité, le lendemain Robert se rend sur le terrain pour jeter un coup d’œil, il y avait du bouillard,  il remarque dans la parcelle voisine du terrain Couesnon quelque chose de blanc,  il s’approche et voit un parachute accroché à un charme dans la haie, il remarque que le container y est encore accroché, il décroche le tout et fait un trou , enterre le tout et prévient Jean Pierre de cette façon ni vu ni connu.

Le parachute et son container avait passé la haie et étaient accrochés à l’extérieur du terrain. 

Jean Pierre arrive le lendemain chez Robert, et lui demande des explications sur son message, Robert lui raconte ce qu’il avait trouvé, Jean Pierre lui dit, « Il manquait un container, mais avec autant de personnes sur le terrain on ne peut pas tout voir, mais cela me semblait bizarre, » Jean Pierre fait le nécessaire pour enlever le contenu, mais le container est resté dans son trou, il sera récupéré ensuite par Robert qui le garda chez lui comme souvenir de ses actions dans la Résistance.

Le lendemain je demande à mon cousin Gilles Hanon, qui est professeur dans un lycée à Halluin prés de Bondues s’il lui serait possible de récupérer le container, et de le rapporter chez son père Joël à Prisches, environ une quinzaine de jours après ce fut chose faite.

Le vendredi trois  novembre 2006, je reçois un appel téléphonique qui me bouleverse, mon ami, le frère de mes frères dans la Résistance, Robert Roseleur est décédé. Son fils Jean Pierre me demande de passer,  il a des choses à me demander, il veut que je rende le dernier hommage à l’église, je ne peux refuser mais il était mon ami et j’ai peur de craquer.  Robert était invité à l’exposition de Boué, il était le dernier des résistants  actifs de Cartignies, et logiquement il était attendu, je préviens Mme Kimpe ainsi que les membres du syndicat d’initiative  de Boué  ils furent tous présents aux obsèques.

L’église était bien trop petite pour contenir la famille et tous les amis venus rendre un ultime hommage à l’ancien Résistant et à l’ancien commerçant en bestiaux, près de quatre cent personnes  étaient présentes dont la moitie ont du rester debout ou sur le parvis.

Juste avant l’offrande j’ai rendu le dernier hommage à mon ami Robert.  

                                                Hommage à Robert

Aujourd’hui c’est au nom de la résistance que je vais rendre un dernier hommage à Robert                Cet homme  qui n’a pas hésité, en 1943 à s’engager dans la Résistance à 19 ans, sous le pseudonyme de « Max » Avec l’arrivée du BOA, il fallait trouver des terrains de parachutages, Mon père  Jules Meresse, qui était déjà dans la Résistance depuis 1941, reçoit   en Avril 1943 celui que l’on appelait le « commandant Jean Pierre » c'est-à-dire Pierre Deshayes, ainsi que Lionel Alloy,  ils découvrent un terrain sur les pâtures de Paul Lécoyer, environ 8 hectares en longueur, le terrain idéal pour les parachutages. Après l’accord de Paul Lécoyer le terrain est reconnu par Londres,  il s’appellera Couesnon.   Pierres Deshayes demande à mon père  d’en assurer l’organisation.

Il faut trouver des hommes sûrs, six au minimum, Paul Lécoyer en est le premier, ensuite Léonce Roseleur et son fils Robert, et mes deux frères Gérard et Robert

Ils seront six, du groupe Libé-Nord BOA. Robert est nommé chef de sécurité.  Les premiers parachutages commencent le 14 juillet et ensuite le 10 août, le 10 janvier et le 5 février, ils sont une réussite, Les containers arrivés sur le sol il faut les décrocher les cacher en attente de l’enlèvement fait  par Fernand Wargnie qui est chef de secteur ensuite,  il faut faire un tas avec les parachutes et les recouvrir avec un  parachute  foncé en attente de les brûler le lendemain par Paul Lécoyer. Bien souvent le parachutage se  termine  vers 5 à 6 heures du matin c’est une nuit bien  remplie. Le 17 mars 1944  l’arrestation de mon père et de mes frères, de Jules et Roger Lebon et d’Émile Vallée,   provoque l’arrêt des parachutages. Ils reprendront au mois d’août.  Le dernier sera la nuit du 28 au 29 août 1944  quelques jours  avant l’arrivée des américains. Ce jour là, beaucoup de résistants, environs 80, sont présents pour prendre leurs armes. Robert en temps que chef de sécurité a beaucoup de responsabilités, et il faut respecter les consignes, Robert m’a dit un jour ce n’était pas cette pagaille  lorsque nous n’étions que six, il est félicité par Jean Pierre pour son sang-froid.

Robert avait participé  à tous les parachutages sur ce terrain. Cinq au total et aucune arme parachutée ne sera prise par l’ennemi.  A l’arrivée des américains  Robert est aux avant- postes avec d’autres résistants du groupe OCM  pour ratisser le village à la recherche d’Allemands, ils feront  une vingtaine de prisonniers sur la commune de Cartignies. Le 21 mai 1950  Robert est décoré de la croix de guerre avec étoile de Bronze

Citation :           

  Robert Roseleur membre du BOA « Région nord A »

Elément qui fit en toutes circonstances, des plus belles qualités de courage et d’abnégation. Chef d’équipe de sécurité  du terrain « Couesnon » participa à six opérations de parachutages  sur le terrain Couesnon, ainsi qu’au transport des armes et du matériel. A pris une part active à la libération de la France, mérita bien de la Résistance. Cette citation comporte l’attribution de la croix de guerre 1939/1945 avec étoile de Bronze

                                                                 Signé le Général DE GAULLE

En 1990, 46 ans après il reçoit  la carte du combattant volontaire de la  Résistance.  

La résistance présente ses sincères condoléances à toute la famille

Robert  après  avoir si bien servi la France, tu as gagné le droit de reposer en paix,   le repos d’un brave est toujours respecté. ;

                                                                                                      Albert Meresse

Deux jours après nous installons l’exposition à Boué, j’ai beaucoup de documents à installer, des collectionneurs sont présents Mr Faglin Albert et  Mr Detrez  Daniel possèdent une très belle collection d’armes l’un comme l’autre, en parfait état, bien entendu ces armes sont neutralisées, Mr Serge Adiasse a un endroit réservé pour le massacre du Gard, nous avons   pu voir la tenue qu’il portait le jour du massacre, la veste et le  pantalon déchiqueté  par les balles allemandes,  une personne présente Mr Prudhomme Michel  figurant du film le soldat Ryan,  spécialiste  et collectionneur  de documents sur les plages de débarquements.

Le soir  du jeudi 9 novembre  à 20 heures  c’est le vernissage, la salle des fêtes de Boué et il y a du monde, avec de nombreuses personnalités  Madame Lesur Présidente du syndicat d’initiative prend la parole, et ensuite Mme Kimpe Professeur agrégée d’Histoire et Géographie  rend hommage à Robert Roseleur et demande une minute de silence, ensuite elle  nous fait un exposé détaillé sur la Résistance et la Déportation.

Le lendemain je suis présent à 14 heures l’exposition n’ouvre que l’après midi, un petit téléviseur a été installé et mon DVD la Résistance de « Jules Meresse » passe tous les après midis en boucle, il m’est arrivé malgré une bonne provision de revenir chez moi refaire des DVD, car la demande est  importante,  si ma mémoire est bonne ce doit être 37 qui furent demandés. Tous les jours je suis présent, pour commenter les panneaux sur la résistance et la déportation,  le mardi  ce sont les enfants des  écoles qui visitent, ils ont posé beaucoup de questions, Mr Michel Prudhomme vint expliquer ce  que fut le débarquement du 6 juin 1944, les enfants furent très intéressés, bien souvent leurs questions sont un peu bêtes mais il y a toujours du bon sens  derrière.  

Madame Lesur Présidente  fut obligée de refaire des documentations elle pensait qu’environ 400 seraient suffisantes, mais le mercredi soir jour de la fermeture elle eu la surprise en faisant les comptes : environ 1200 personnes  étaient passées à l’exposition.

Une quinzaine de jours plus tard, toutes les personnes organisatrices furent invitées à un pot d’amitié et surtout de remerciements, j’ai connu beaucoup de monde, et en particulier le monde de la Résistance de l’Aisne, un peu inconnu pour moi, mais j’étais très content d’avoir fait leur connaissance, surtout avec Serge Adiasse, le Rescapé,   je lui ai dit que je ne faisais partie d’aucune association d’anciens combattants quand je lui ai dit que le Président de Fesmy  n’avait pas voulu, car je ne suis pas allé en Algérie,  et pourtant j’ai été rappelé en 1956 pour la guerre d’Algérie,  ayant des parents morts  pour la France  je suis resté à Trèves  en Allemagne mais comme  ce sont leurs idées qui priment, il ne faut pas chercher à discuter, parce qu’ ils sont allés en Algérie , il n’y a personne qui a fait mieux, je ne veux pas dire  qu’ils n’ont rien fait loin de là. Certains ont vu leurs camarades tomber  comme mon voisin Camille Louis, mais n’oublions pas qu’ils y sont allés parce qu’ils étaient appelés, mais ils n’étaient pas volontaires, je ne suis pas tendre avec ces hommes croyez vous qu’ils l’ont été avec moi. ? Donc nous avons discuté avec Serge, et je décide d’entrer à l’UNC dont il est le président.

En janvier 2007 j’ai la visite de Mr Le maire, il m’annonce qu’il a reçu une lettre de Mr Davérat  du comité d’entraide  de la légion d’honneur de Lille , je connaissais cet homme,  j’avais correspondu avec lui à plusieurs reprises, il m’avait dit que je faisais partie d’une grande famille de la Résistance, il avait assistait au démantèlement du réseaux Robert de Landrecies lui étant à cette époque inspecteur des impôts à Landrecies, et indirectement il avait connu  les activités de ma famille.

Lors d’une correspondance il m’avait demandé si je me rendais à la cérémonie de la déportation le dernier dimanche d’avril, je lui avais dit que je me rendais à Cartignies et à Bergues mais non à Fesmy car il n’y avait pas cette manifestation, et j’ai compris que la lettre à la Mairie de Fesmy était une suite à la correspondance que j’avais entretenue précédemment avec lui.  Donc la visite du maire c’était pour me lire cette lettre  expliquant qu’ à la journée de la déportation ce n’était pas simplement des drapeaux au monument, mais que c’était une manifestation patriotique qu’il fallait faire et qu’il avait dans son village une personne volontaire et très active  pour ce genre de manifestation qui n’était autres qu’ Albert Meresse, bien connu dans le monde la Résistance et de la déportation. Mr le Maire me dit qu’il allait en parler avec le conseil municipal et qu’il me tiendrait au courant.

Voici le moment de réaliser un projet que j’avais en tête depuis un certain temps, la réalisation d’un drapeau pour assister aux manifestations patriotiques, et conduire à leur dernière demeure les derniers résistants et déportés,  il faut trouver un  drapeau, je regarde sur internet et j’en trouve un à un prix intéressant, j’ai la personne qui me fera les inscriptions dessus  ce drapeau se nommera « Résistance Déportation  1940 / 1945 à Cartignies » et portera l’écusson du BOA. Maintenant il faut activer les choses car nous avons l’Assemblée Générale   des porte drapeaux de l’Aisne à Boué le 18 mars, le drapeau porté par David Vin  défilera ce jour là. Entre temps j’ai appris que le conseil municipal avait décidé de faire une manifestation à la journée de la déportation le 29 avril, j’ai déjà Cartignies le matin Bergues sur Sambre en début d’après midi  donc ce  ne peut être qu’après 15 heures je ne peux pas annuler des manifestations des invitations que je reçois depuis plus de 30 ans pour Cartignies et  10 ans pour Bergues, enfin je verrais bien.  Maintenant il faut trouver des porte drapeaux un pour Cartignies ce sera Bernard Delmarle,  ouvrier communal de Cartignies homme sérieux, comme son père Albert, que j’ai connu dans les années 60. Dans le courant d’avril Mr le Maire vient me voir et me dit, voici ce que nous avons estimé de faire  le dimanche de la journée souvenir  de la déportation, un  défilé après midi vers 15 heures  et ensuite nous passerons ton DVD à la salle  des  fêtes, est ce que ca te va ? Bien sûr je suis d’accord

Me voici avec trois défilés le même jour, trois allocutions à présenter.

Ce fut une journée bien remplie, à Cartignies c’est comme d’habitude Bernard Delmarle  porte mon drapeau pour la première fois,  aussitôt arrivé  Me Ratte conseiller municipal me dit «  Venez au monument ,nous allons faire une photo  après nous ne pourrons pas », Un beau défilé comme d’habitude, nous rentrons à 15 heures 15 il est temps car après midi  c’est Bergues, A l’heure du départ ne voyant pas arriver mon porte drapeau David Vin, je téléphone à sa mère elle me dit qu’ il est parti à  la mer avec des filles, j’ai compris en arrivant à Bergues s Sambre, je vois Mr  Fleury dont le fils est porte drapeau pour l’UNC, je lui demande si il veut porter mon drapeau, je lui en donne la raison,   il est d’accord aussitôt, et il me dit qu’il viendra à Fesmy aussi, donc me voici libre pour mes allocutions.  En arrivant à Bergues  Mr Le maire Mr Felbacq  me dit comme vous êtes  fils de déportés c’est à vous que revient l’honneur de déposer la gerbe au monument, je me dis que je n’en demandais pas autant Mr le Maire est catégorique, je prononce mon allocution sur la résistance et la déportation.                                              Aussitôt terminé à Bergues nous prenons la route,  de Fesmy, le défilé commence en arrivant au monument aux morts, Mr le maire donne la gerbe à déposer au monument  à Pierre Mayeux président des anciens combattants de Fesmy, j’ai préparé une allocution sur le devoir de mémoire qui c’est terminée par ;

« Je voudrais m’adresser aux enseignants,  je leur demande d’être nos messagers auprès de leurs collègues et de réserver chaque année quelques instants pour sensibiliser leurs élèves, et  les accompagner dans les commémorations. Vous seuls saurez leur faire comprendre ce que  firent ces hommes volontaires pour leur patrie.

Nos jeunes ont besoin de connaître et d’aimer leur patrie, ils ont besoin de savoir que la liberté exige parfois que l’on se batte pour elle, et cela n’est pas toujours écrit dans les livres,  ils ont besoin que vous leur expliquiez.

N’oubliez jamais que votre liberté acquise vous la devez à vos aïeux, qui eux,  assumèrent leur devoir, au péril de leur vie.  

Ils ont  sacrifié leur jeunesse et leur vie, ils se sont battus  pour que nos enfants vivent dans un pays libre.

Ensuite nous nous sommes retrouvés à la salle des fêtes pour la projection du DVD intitulé « La Résistance de Jules Meresse ».

Puisque David Vin m’a laissé tomber sans me prévenir le jour du défilé je dois en trouver un autre, et je pense au brave petit gars de Fesmy, Sébastien Débuchy, je téléphone à ses parents car Sébastien  est jeune et je veux une réponse, ils me répondent nous, nous voulons bien et ils appellent Sébastien qui est d’accord, c’est lui qui sera le Parrain  du drapeau et Laurence Scoupe porte drapeau à Boué  qui sera la marraine, pourquoi Laurence, n’ayant pas de famille et étant une battante pour la mémoire de la Résistance, elle m’a demandé de porter mon drapeau à certaines  manifestations ayant un rapport  avec la Résistance et où je ne me rends pas, et je lui ai promis qu’à mon décès elle aurait tous mes documents sur la résistance et mon drapeau à condition quelle soit présente à chaque manifestation de la déportation à Cartignies. Bien sûr,  Laurence a accepté aussitôt, et comme c’est une femme d’honneur, ce  sera fait, Le Baptême du drapeau est demandé par Paul Bayard à Mr L’abbé, celui-ci n’est pas trop favorable mais ne dit pas non, Paul revoit Mr L’abbé qui lui dit de me prévenir que le baptême se fera le jeudi de l’Ascension après la Messe.

Ce jour-là je suis présent à la messe avec le petit Sébastien, Laurence doit venir nous rejoindre, mais arrive la fin de la messe, et toujours pas de Laurence, connaissant cette dame de parole, je pense aussitôt, j’espère que je me suis bien expliqué, à la fin de la messe Mr l’abbé me demande de m’approcher avec mon drapeau, après avoir dit quelques mots pour expliquer ma présence, Mr l’abbé bénit le drapeau, et nous descendons l’allée centrale Sébastien très fier de l’honneur d’être  porte  drapeau.

Au sujet de Laurence, la malheureuse est allée à Cartignies, c’est de ma faute je ne lui avais pas précisé que la bénédiction était à Fesmy.

Je suis depuis le mois de mai dans la réalisation du film sur le Gard d’Etreux, logiquement il doit être terminé pour le 2 septembre.

Nous allons  de temps en temps le dimanche, chercher marraine Marie pour manger avec nous.

Le Samedi 29 Aout nous apprenons le décès de marraine Marie, à l’hôpital de le Nouvion, nous étions allés la voir la veille, elle n’était pas bien du tout, nous allons rendre visite à Floyon et Nicole nous donne un faire-part, que je regarde seulement quand nous sommes rentrés , je remarque qu’ils ont bien fait les choses, ils n’ont pas oublié les docteurs et les infirmières, ni les amis, mais nous, aucune trace je dis à Jeannine tu vois le remerciement après avoir été la chercher tous les quinze jours  quand  parrain fut  décédé, enfin passons nous avons fait ce que nous devions faire.

Quelques jours après les obsèques, nous recevons un appel téléphonique de l’oncle René le beau frère de la défunte, il est très en colère il nous dit que toutes les plaques qui se trouvaient sur la tombe de parrain étaient disparues, toutes ces plaques avaient étés mises dans le caveau                    et la pierre remise dessus,  Jeannine en colère téléphone à Roger et  lui dit ce qu’elle pense, et elle ajoute maintenant tu resteras chez toi et nous de même.

Le film sur le Gard d’Etreux est terminé Serge Adiasse propose de le passer le 2 septembre à la commémoration, mais les organisateurs répondent que ce sera trop long et que ce n’est pas possible, et pourtant il faut  que le film soit fait, je dis à Serge, je demanderai au maire d’Etreux sur place, pris sur le vif il ne peut refuser, et j’annonce au micro qu’ un film sur le massacre du Gard a été réalisé, et qu’il est disponible chez Serge Adiasse.

Le 9 septembre, Roland Matton de Cartignies, me fait contacter par Mr Georges Garin, Maire de Cartignies, pour m’annoncer que Mireille Lebon dont le père Jules et le frère Roger ont été arrêtés avec mon père, est décédée à Avesnes s Helpe à la résidence Simone Jacques  où elle était soignée depuis un certain temps, résistante avec son père elle mérite les honneurs.

Je contacte Roland Matton, qui aidait de Mireille depuis quelques années, et il me demande de m’occuper de lui rendre les honneurs, nous nous mettons d’accord sur la procédure à suivre. Comme  ce sont des obsèques civiles, je lui propose un arrêt au monument des déportés, son frère y est inscrit en lettres d’or, ensuite la montée au cimetière où elle sera ensevelie avec son mari Paul Chatelain, et nous lui rendrons les honneurs drapeaux en tête,  des anciens d’AFN ,des anciens combattants et celui des anciens combattants de Boué, porté par Serge Adiasse le rescapé du massacre et une allocution au cimetière, ce qui est accepté par le Maire et Roland à condition que ce soit moi qui lise l’allocution.

Je suis obligé d’accepter, j’ai l’habitude.

L’adieu à Mireille

 Aujourd’hui, nous sommes réunis pour rendre un dernier hommage à Mireille

Fille de Jules Lebon ancien combattant de 14/18  né à Prisches et de Thérèse  Boulanger née à  Cartignies,  habitant Barzy en Thiérache.  Après leur mariage, c’est dans ce village  que  deux enfants virent le jour.  Roger le 19  septembre 1920  et Mireille   le 2 octobre 1921

Vers 1925  ils viennent habiter Cartignies où Jules exerce le métier de commerçant en bestiaux  Les enfants auront une jeunesse heureuse,  mais en 1940 la guerre change beaucoup de choses, Jules est trop âgé pour être appelé, mais Roger a 20 ans, malgré tout il  ne sera pas appelé étant de la fin de l’année.

Jules ancien combattant de 14/18 et Roger  sont des patriotes, des hommes qui ont appris à aimer et à défendre leur pays, sur les bancs de l’école  publique et laïque de leur village. 

En 1942 ils s’engagent dans la résistance, ils rejoignent Eugène Lorette responsable du secteur OCM d’Avesnes. Aujourd’hui, nous sommes réunis pour rendre un dernier adieu à Mireille Lebon Au début de l’année  1943, Pierre Deshayes, le célèbre commandant Jean Pierre arrive d’Angleterre  sa mission est d’organiser des terrains de parachutage  il arrive avec Lionel Alloy chez mon père, Jules Meresse du groupe Libé nord et découvre le terrain  Couesnon dont mon père sera le responsable.

Il faut des hommes sûrs, pour le terrain. Pour Libé nord l’affaire est réglée, avec Paul Lecoyer, Léonce et  Robert Roseleur  et mes deux frères, Mais Jean Pierre veut une branche OCM  BOA. 

Le 7 septembre 1943 Paul Chabloz  conduit Gustave chez Jules Lebon, ce  sera  Le  PC OCM  BOA, Fernand Wargnie qui est présent sera nommé chef de secteur, et Roger Lebon est nommé adjoint au chef de Zone, avec  Emile Vallée pour le seconder, poste à grande responsabilité puisqu’ils sont obligés de connaître beaucoup de monde dans l’illégalité, mais aussi de se faire connaître, c’est d’ailleurs comme cela qu’ils seront connus du traître.  Roger  Lebon est aidé par sa sœur Mireille, elle s’occupe beaucoup des messages personnels pour le groupe OCM  sur Couesnon, elle transporte le poste émetteur plusieurs fois, Mireille a une double responsabilité  car la maison qui est le PC est aussi le refuge de temps à autres pour Jean Pierre, Gustave  et Georges  Van Kemmel, dont les enfants sont en permanence chez les Lebons. Tout se passe très bien jusqu’au moment où un  traître s’incruste dans le réseau.

Le 17 mars 1944 c’est l’arrestation  la maison est cernée, Jules et Roger sont arrêtés devant Thérèse et Mireille qui sont interrogées et molestées,

Roger est battu dans la cour dans le but de le faire parler mais il ne parlera pas. Mireille m’a dit qu’il était méconnaissable, la figure boursouflée par les coups reçus, et lorsque les SS se rendent compte que Gustave qui était présent ce jour là, est parvenu à s’évader c’est  la fureur  qui s’empare d’eux  ils veulent abattre  Jules, la balle passe près de lui et se loge dans l’armoire, Roger repasse à la bastonnade  Mireille et Thérèse sont  bousculées à coups de bottes et de crosses , ensuite laissant quelques hommes de garde, les allemands  font monter Roger dans le camion et vont chez mon père  et mes frères pour  les arrêter, Arrestation prévue à l’avance par les SS et non pas parce que les Lebons auraient parlé sous les coups, car je peux l’affirmer aucun Résistant  de Cartignies n’a parlé sous la torture

Ils repassent à la mairie arrêtent Emile Vallée et retourne  prendre Jules Lebon  qui est dans un triste état.

Après tout cela Mireille a beaucoup à faire, elle doit cacher les armes restantes que les allemands n’ont pas trouvées. La résistance de Mireille n’est pas finie pour cela elle a  des consignes à faire passer à d’autres qui ont pris la relève. Le calvaire de ces deux femmes dura  jusqu’au  retour de Jules  le 18 mai 1945 dans un état lamentable, mais Roger n’est jamais rentré il avait réussi à supporter  le dur traitement  des camps de concentration mais fut abattu par un jeune SS fanatique pendant la marche  de  la mort.

Mireille a beaucoup souffert de la disparition de son frère.  Elle continua à travailler avec ses parents sur la ferme  et en avril 1958,  elle épouse Paul Châtelain de Cartignies  ils occupent la ferme jusque  la retraite. Le 13 Novembre 1995 c’est le décès de son mari elle continue sa vie seule dans sa maison avec les souvenirs des très durs moments de la guerre qui ont vu une famille volontaire et patriote  démantelée à cause du traître « Henri Plantain », ce traître qui a continué à dénoncer sans remord 70 personnes, a eu ensuite une vie bourgeoise dans la région parisienne.

Mireille a fini sa vie à la résidence Simone Jacques elle s’est éteinte le Dimanche 9 septembre 2007 dans sa  86 ième année

Elle a bien servi la France, volontairement, mais malheureusement une récompense même méritée  n’est jamais donnée sans demande, et Mireille n’a jamais demandé les honneurs.

Et c’est pour cette raison que nous sommes rassemblés aujourd’hui autour d’elle pour lui manifester les honneurs qu’elle n’a jamais reçus.

Mireille reposez en paix le repos d’une grande dame est toujours respecté. 

Je reçois ainsi que Serge Adiasse pour le 22 octobre  une demande du Collège Colbert Quentin pour aller lire la lettre de Guy Moquet aux élèves de 3 ième, nous sommes reçus par le principal Mr Stéphane Menet, et le professeur d’histoire Ludmilla Kosbur, après mon habituelle  présentation sur la mémoire de la résistance, ce sont les questions des élèves, et je dois expliquer le pourquoi de la résistance et comment ces hommes travaillaient pour l’amour de la France, ensuite ce fut des questions sur  les arrestations  et  la déportation. 

Ensuite Serge Adiasse, raconta avec beaucoup d’émotions les représailles qui entrainèrent le massacre du Gard d’Etreux, et Serge, le rescapé qui ne pourra jamais oublier, de conclure avec des mots simples mais qui sortaient du plus profond de  son cœur « Plus jamais ça mes enfants ! » Ensuite, j’ai lu la lettre de Guy Moquet, qui a beaucoup impressionné les élèves.

Le dimanche 11 novembre je me rends à Cartignies, mais comme mon porte drapeau Bernard Delmarle est chasseur et comme le 11 est justement un dimanche, il me prévient qu’il ne pourra porter le drapeau, ce n’est rien Bernard lui dis-je, pour une fois je le porterai moi-même,  l’exposition de Charles Cornet et ensuite le défilé,  mais après le défilé j’ai mal à la hanche, et il faut se rendre à l’évidence je serai obligé de subir une opération de la hanche.

                                                        Chapitre 11

Le 17 mars 2008 je reçois un appel téléphonique de la mairie de Cartignies, Mr Ratte le nouveau maire depuis deux jours tient à continuer la tradition du devoir de mémoire dans sa commune, il me demande si je peux me rendre à Cartignies avec mon drapeau, pour rendre un hommage au dernier des poilu de 14/18, bien sûr j’accepte aussitôt, quel jour pour moi ce 17 mars, il y a 64 ans ce 17 mars, c’ était l’arrestation de mon père et de mes frères et pour cette raison en arrivant à Cartignies je suis allé seul au monument des déportés avec mon drapeau,  si ils avaient pu me voir, ils auraient été fiers de savoir qu’ils n’étaient pas oubliés.

Aussitôt je suis allé retrouver les autres pour le monument de 14/18, ce fut une cérémonie toute simple mais combien symbolique cet hommage rendu par un maire élu depuis deux jours, après  la fin  de la cérémonie je suis allé le remercier et le féliciter.

Dès que je fus rentré je suis allé sur internet et j’ai contacté un journaliste de la Voix du Nord Mr J Michel Vaillant qui est toujours partant pour mes idées, et je lui ai demandé si il serait possible de passer un petit texte sur cette cérémonie, il accepte aussitôt, et le lendemain un article passait dans la Voix du Nord rédigé d’une manière si touchante que je ne pus que le féliciter et le remercier, j’étais content, je pense avoir remercié, Mr Ratte le maire qui na pas faillit à la tradition de  « Cartignies village patriotique » pour cette journée mémorable, mais pour moi que de souvenirs.  

Le 6 avril 2008 se tient notre Assemblée Générale des Combattants Volontaires de  l’O C M / BOA  à Notre Dame de Lorette et la présidente ma demandé de lire un poème sur un poilu si je le désirais, je pouvais le faire moi-même puisque mon père était Ancien Combattant de 14/18

Mr Mayeur de Leval me dit vous viendrez avec nous, car vu mon arthrose de la hanche je ne peux plus faire une route aussi longue.  Lorsque nous sommes arrivés à l’entrée du Mémorial il y avait beaucoup de gendarmes et surtout beaucoup d’agitation, nous devions rejoindre le restaurant mais la police nous empêche de passer, et nous apprenons que il y a eu profanation de tombes c’est pour cette raison que nous ne pouvions pas passer, mais à force de nous expliquer et de montrer notre invitation nous pouvons continuer. L’Assemblée commença, et environ une heure plus tard nous étions invités à former le défilé, sept drapeaux dont le mien, après plusieurs allocutions, c’est à moi de lire le texte que j’ai préparé,

 

Mon père était un patriote.

 

En 14-18 Jules Meresse fut patriote

Il le montra au combat avec ses potes

Un artilleur n’ayant jamais peur

Remontant le moral de ses  pointeurs

 

Jules Meresse aimait sa  patrie

1940  la honte  des « vert de gris »

Son cousin de Libé-Nord l’enrôla

Et pour la France, il y alla

                                                             

Des résistants très grillés

Chez lui furent bien cachés

L’inaction les poussa à partir

L’ennemi essayait de les saisir

 

A ces patriotes le BOA apporta  

Une raison de plus pour le  combat  

Ils étaient 6 hommes du terroir

Combattants pour la victoire

 

Des avions  leur larguaient  nuitamment

Des containers pleins d’armement

Des  parachutes bien chargés

Quand les nuits claires sont arrivées

 

Un jour d’Octobre, Plantain vint  chez lui

Avec un poste émetteur il repartit

Vers son chef de  Landrecies

Et sans  aucun remord  il l’a  trahi

 

Cet agent de  la Gestapo

Dénonça plusieurs réseaux

Il eut fallu lui faire la peau

Avec une balle dans le dos

 

Les  résistants donnés par Plantain  

Furent envoyés vers l’inhumain

La gestapo  avait beaucoup de haine

Et aucune dignité humaine.

 

Ces bourreaux  leur firent subir 

Les pires  tortures à en mourir

Sans jugement  ni condamnation

Leur solution : l’extermination.

 

Dans les camps nombreux ils partirent

De la soif de la faim ils souffrirent

Avec la maladie et le froid précoce

Ils allaient vers une mort atroce

 

Jules Meresse héros de la grande guerre

Ce patriote humilié pour sa  terre

Ce 11 novembre 44 est décédé

Jour d’armistice qu’il avait tant honoré

 

Robert Meresse ce patriote à Hellrich

Le transport lui imposa le sacrifice

De rester seul dans ce camp inhumain

Tué le18 décembre  par des  assassins

 

Gérard Meresse ce patriote à Dora

De toutes ses forces se vida

En marche de la mort vers l’inconnu

La libération jamais il ne connut

 

Roger Lebon ardent patriote

Déporté, torturé, martyrisé

Exécuté de façon dramatique

Par de jeunes SS fanatiques.

 

Nous les témoins de ces crimes horribles

L’ombre des néo-nazis terribles

Prêts à réinstaurer cette haine sauvage

Faisons  preuve d’un inlassable courage

 

Aujourd’hui nous nous trouvons réunis

Autour des  monuments de la Mère Patrie

Ne laissons pas nos héros tomber dans l’oubli

Ils  nous regardent dans les ténèbres de la nuit

 

Souvenez-vous de Couesnon

Du largage des containers par les avions

Des parachutes  à faire disparaître

Et des armes à cacher et à transmettre

 

Souvenez- vous des risques pris

Par ces héros de Cartignies

Pour que la France jamais ne meurt

Et que la liberté demeure

 

Souvenez-vous de Jules et de ses fils

De l’équipe de parachutage des six

Ils ont choisi d’agir pour la patrie

Quatre ont payé de leur vie.

 

Ils étaient l’armée des ombres

Des français en petit nombre

Ramassant les tronçons du glaive

Pour que la France se relève

 

Devant ces monuments et  ces drapeaux

Elevés pour nos quatre héros

Chers compagnons  dormez en paix

Et travaillons pour préserver la liberté

 

Ce n’est pas formidable mais ce fut très applaudi, ensuite nous sommes  retournés au restaurant pour le traditionnel repas, je fis connaissance de plusieurs personnes dont Nelly France une femme née dans un camp de concentration, sauvée in extremis, et rentrée à la libération des camps.

Une journée très fatigante, nous sommes rentrés vers 21 heures,  je souffre de plus en plus de ma hanche.

Avril 2008, remarquant que l’ECAP recherchait des documents rares et possédant ceux des obsèques de Jean Vimont Vicary, je les contacte et aussitôt je reçois une réponse ces documents sont uniques et les intéressent, quelques mois plus tard je reçois une lettre de remerciements.

Les documents ont étés remis à la famille de Vimont-Vicary, lors d’une manifestation patriotique le 8 mai à Le Nouvion en 2006.

Mes recherches sur Lucien Grosperrin continuent avec un contact sur Catillon S Sambre, Mr Jean Pierre Page à qui je pose quelques questions, il me dit qu’il va demander à Mr Legrand garagiste, je pense me souvenir de Grosperrin à Bazuel, sa fille devait être mariée à un garagiste.

J’ai 75 ans aujourd’hui 11 juin

En juin je vais à une visite annuelle chez mon cardiologue Dr Dupont, et je vais lui poser la question au sujet de mon opération de la hanche, car avec mes deux opérations du cœur il parait que l’on ne pourrait plus m’endormir, après réflexion le Docteur me dit : « C’est à voir je vais vous faire passer des tests et vous saurez à quoi vous en tenir. »

Je vais vous donner un rendez vous pour Valenciennes à  mon cabinet  à  la clinique Vauban                                                 

Les tests sont bons, j’ai très bien supporté, je peux me faire opérer sans m’inquiéter, mais dans un environnement cardiaque, on me conseille donc de retourner à la clinique Dubois où j’ai  subi mes opérations du cœur.

En juin je reçois la visite de J Pierre Page, il m’apporte l’adresse de la nièce de Lucien Grosperrin, elle est mariée à Noel Fleury garagiste à le Cateau, un regard sur l’annuaire de téléphone et je trouve le numéro «  Je suis bien chez Mme Fleury ? », Cette dame me dit qu’elle a un  petit dossier confectionné avec le peu qu’elle a, et me donne rendez vous chez elle.

En juillet je prends rendez vous à la clinique Dubois, pour voir le chirurgien, le docteur Beuscart.

Depuis un certain temps je me suis lancé dans la réalisation d’un blog sur internet, Résistance en Avesnois 40/45, conseillé par Philippe Palmiotti, qui est un  ami, c’est compliqué à faire et très long,  il y a les photos les textes, et il faut la vérité, je ne pense pas que j’aurai fini avant l’opération qui est prévue pour début septembre, mais je lui ai demandé de retarder un peu car le 2 septembre la cérémonie du Gard d’Etreux que je ne voudrais manquer pour rien au monde, surtout que cette année, je dois y évoquer le devoir de mémoire.

Après ma visite à Mme Fleury nous sommes avec cette dame repartis à la recherche de la fiancée de cet homme Alice Smith, nous apprenons qu’elle est mariée avec un chirurgien dentiste de Gérardmer Mr Schubert, et avec l’annuaire je contacte les Schuberts de cette région et j’arrive à découvrir cette dame, elle a 87 ans, son mari Mr Schubert très malade, mais elle est contente que je m’occupe de Lucien Grosperrin et elle me donne par écrit certains renseignements et surtout beaucoup à découvrir sur internet.

Me voici reparti dans les recherches, mais la victoire ou non, il faut attendre les réponses et me procurer un livre « Offensive sur le Rhin » qui est presque introuvable, et pourtant une personne de Le Sart le possède je me mets en rapport avec elle, mais j’attends encore la réponse, il semblerait  que tout ce qui touche à Lucien Grosperrin soi tabou à Le Sart, et c’est cela qui me pousse à continuer, je désire prouver  que ces hommes sont morts pour notre bien être.  

J’ai pour le 2 septembre l’allocution sur la mémoire à préparer, ceci fait beaucoup de travail, surtout que je souffre de plus en plus de ma hanche et de mon genou, certains jours, je suis rappelé à l’ordre par Jeannine qui me dit « Tu es infernal, repose toi » et  suis bien obligé de me reposer.

Je reçois une invitation pour la remise de la légion d’honneur à Fernand Leblanc le Président du Musée de la Résistance à Fargniers pour le samedi 30 septembre  mais je ne pense pas que je pourrai y aller, opération le 4 septembre serai je  remis ?, Laurence la marraine du drapeau toujours volontaire me propose de s’y rendre avec le drapeau de la Résistance, Mr Leblanc est l’un des Résistants de moins de vingt ans, donc le drapeau aura sa place à cet endroit.

Nous sommes arrivés le 2 septembre, Sébastien mon porte drapeau est rentré en classe et il n’est pas libre, je demande à Camille Louis, porte drapeau des anciens d’AFN de Fesmy, comme leur drapeau ne sort plus en dehors de Fesmy, si il veut bien porter celui de la Résistance, il est d’accord.

Comme à l’habitude cette cérémonie commence par la messe à la chapelle avec 49 drapeaux et ensuite le défilé  démarre suivi par les personnalités et  une foule importante, une minute de silence, l’appel  des morts par Serge Adiasse suivi du « mort pour la France » de Michel Chazal,  fils de massacré, Puis Mr Knockaert   prend la parole pour rappeler les événements tragiques de ce jour, en suite nous nous dirigeons vers la salle René Mercier.

Aussitôt que nous sommes arrivés, Mr Knockaert me demande de lire mon allocution ;

Aujourd’hui 2 septembre, journée sombre pour beaucoup de familles qui ont vécu ce terrible massacre.  Que l’on n’oublie jamais qu’il y a plus de 60 ans, le 2 septembre 1944, la nouvelle  de la tuerie du Gard d’Etreux est portée de village en village. Il appartient aux générations,  nées après la guerre, de garder fidèlement la mémoire de ce jour cruel et de demander à leurs enfants, de la conserver et de la transmettre à leur tour à leur descendance. Le travail de mémoire que je mène, m’a conduit à faire un film qui me semble plus évocateur qu’un long discours. Combien de fois ai-je pensé à notre camarade Serge Adiasse,  à  ce qu’il  avait subi et qu’il ne pourra jamais oublier. Voir des fusils braqués sur lui, entendre les détonations, et voir ses camarades près de lui  tomber les uns après les autres, comment oublier une pareille chose ? Et Serge de me dire plus tard, avec ce film les  jeunes comprendront  qu’ils doivent se souvenir, que l’horreur peut se reproduire si l’on n’y prend pas garde. La liberté, la paix sont à ce prix. C’est pour cette raison  qu’aujourd’hui où les armes se sont tues depuis 64 ans, où des témoins disparaissent chaque année, je veux vous dire avec force à quel point je suis  fier  de ces hommes volontaires,  du courage de ces otages  fusillés,  et fier d’être présent avec mon drapeau à toutes ces manifestations patriotiques.  Vous profitez chaque jour des bienfaits de la liberté  que l’on vous a donnée. Vous  pensez, parlez, vous vous déplacez, vous jouez avec les copains et copines que vous appréciez. Vous êtes  libres de vos choix, cela est le plus important.  Les durs souvenirs du temps passé n’ont jamais fait partie de votre vie, vous êtes  nés libres et vous  n’avez jamais connu  autre chose que la paix, S’il vous plaît, soyez vigilants ! Alors pourquoi montrer des images douloureuses, vous  parlez de choses qui ne vous  concernent pas ?  Vous  pensez,    peut être : on ne construit pas un avenir avec le passé.  Pourtant votre vie de tous les jours vous rappelle à l’histoire : vos coutumes, vos traditions.    La liberté fait également partie de votre patrimoine. Que seriez-vous aujourd’hui si des gens que vous n’avez pas connus n’avaient pas sacrifié leur vie pour que vous soyez libres. Toutes les réponses à ces questions doivent vous amener à comprendre que ce dont vous profitez chaque jour est votre droit mais  que d’autres ont payé de leur vie  pour que vous le conserviez ! Se recueillir sur la tombe, pour ceux qui en ont une, devant le monument de ces témoins de l’histoire, c’est les remercier du don qu’ils nous ont fait, comprendre aussi que sous chaque croix, chaque monument dort un morceau de liberté.  Se souvenir, c’est faire en sorte que toutes ces souffrances  n’aient pas été acceptées pour rien. Vous pouvez tous faire quelque chose, comme votre écoute  aujourd’hui, votre mémoire de demain, et vous mériterez  le sacrifice  de gens qui vous ressemblent tant.

Car la mémoire n’est pas figée, elle a une histoire,  un usage, et un devoir, voici plus de 30 ans que je me consacre à ce devoir : Vous qui n’avez pas connu ces choses affreuses, n’oubliez pas que ces personnes admirables, dont certaines n’étaient pas plus âgées que vous, ont conquis par leur sacrifice la liberté dont vous jouissez aujourd’hui.

Soyez fiers et montrez-vous dignes de cet héritage

Apres quelques morceaux joués par La fanfare l’espérance de Fesmy, nous  nous dirigeons vers la salle pour le verre de l’amitié, j’y rencontre des personnes comme le Frère de Colbert Quentin, qui me remercie de ce que j’ai fait pour le Gard’ Etreux, ensuite un homme que j’avais connu il y a plusieurs années André Lamotte, jeune résistant arrêté fin août par la gestapo, envoyé à Buchenwald et dirigé vers un commando et libéré par les Russes. J’y rencontre   Jean Guéry de  Le Nouvion résistant déporté à Buchenwald, toutes ces personnes que j’ai toujours plaisir à rencontrer, ils savent que je les comprends et surtout les  respectent

Lorsqu’ils me racontent, je n’ai qu’une pensée, ce que mon père et mes frères ont subi,  ces hommes qui ont souffert, humiliés, réduits à l’état de bêtes, et certains s’évadaient pendant les marches de la mort, en se disant mourir en s’évadant ou d’une balle dans la tête, Risquons   pour arriver à en sortir, qui ne pourront jamais  oublier, et que bien souvent ne sont pas compris, et même les moqueries dans les entreprises, comme cet homme que l’on appelé Buchenwald, quand j’ai entendu Mr X me dire cela avec un grand sourire ce qui m’a fait bondir de rage, oui j’ai bien dit de rage,  j’ai dit a ce Mr X vous reprenez votre parole ou vous sortez de chez moi.

Deux jours après c’est le départ pour Lille  « l’opération de la hanche », je peux partir content j’ai fait ce que je voulais au Gard d’Etreux, et pour l’opération je suis confiant, en effet opération à 16 heures réveil à 18 heures  pas de mal,  j’ai une pompe à morphine mais comme je n’ai aucune douleur, je me dis peut être que demain ce ne sera plus la même chose, je passe une bonne nuit, et le lendemain je n’ai pas  mal, bien sur je sens que j’ai eu une opération , vers 15 heures le Kinésithérapeute fait son apparition avec une canne, il me dit avec un grand sourire aller mon cher monsieur on va se lever, vous ne croyez pas que vous allez rester allongé. Quelques pas dans la chambre à ce moment on ne peut pas dire que ce n’est pas douloureux, aussitôt recouché une infirmière vient me demander où je vais en convalescence, et que si cela continue je sortirai  mercredi 10 septembre donc pour l’hôpital de le Nouvion, avec les ambulances Mouchot.

Le lendemain j’ai la visite de mon neveu François et de sa charmante  Mélanie  cela me fait plaisir, car j’ai dit à Jeannine de ne pas déranger quelqu’un pour venir,  comme je l’appelle tous les jours au téléphone, elle n’est pas sans nouvelle, mais malgré tout elle me dit qu’elle viendra dimanche avec Philippe et Maryse Lixon, ce qui me fait plaisir. Le lundi on m’enlève le premier drain, pas trop douloureux, et toujours pas d’obligation de me servir de la pompe à morphine,  et le kiné qui vient tous les jours maintenant je vais dans le couloir et le mercredi matin on m’enlève le dernier drain, et à deux heures embarquement direction Le Nouvion, je suis accueilli en arrivant par Béatrice ma nièce et voisine, ainsi que plusieurs aide soignantes qui sont venues accueillir parrain Albert, car ma nièce Marie Blanche qui est responsable du personnel, quand elle cause de moi me dit toujours parrain Albert. Jeannine est arrivée vers 18 heures avec mon neveu Georges mon voisin et mari de Béatrice.

Le lendemain j’ai mal à la cuisse et elle est gonflée,  le docteur passe c’est le docteur  Leber Je la connais elle était remplaçante du Dr Lefevre, et elle me dit  que je  fais un  hématome, je  dis  à  Jeannine tout  a  été  bien  mais  voilà  les ennuis qui commencent,  je pensais ne rester que 8 jours mais ; je suis mis sous antibiotique, et ils ont peur que je fasse une phlébite,  après environ une huitaine de jours l’hématome s’estompe mais il faut réadapter mes médicaments car je suis sous Aspégic et ils doivent adapter pour revenir au préviscan avant mon départ, et j’ai le Kiné,  Lilian Fondement qui vient tous les jours je fais beaucoup de progrès je marche sans canne, et même après  je monte les escaliers et les descend, je suis bien soigné par le personnel qui est vraiment formidable, je fais le connaissance de Delphine aide soignante qui habite Cartignies « mon village » nous parlons de personnes de connaissance, je fais la connaissance de Nathalie, aide soignante également, et aussi de l’infirmière de nuit qui habite Fesmy et que je ne connaissais pas, je reçois beaucoup de visites, j’ai tellement d’amis, un jour nous étions 7 dans la chambre, le samedi 20 Jeannine m’apporte le courrier comme d’’habitude  mais ce jour là, il y a une lettre qui m’intéresse particulièrement, elle m’apporte des nouvelles sur la recherche de Lucien Grosperrin, il y a  même tout ce que je désirais, ceci est encore du travail dès ma rentrée qui maintenant approche de jour en jour. Je demande souvent au docteur quand je vais sortir, et le lundi 22 elle me dit que je sortirai le mercredi 24, Jeannine vient me voir je lui dis de prévenir le pharmacien Mr Joveniaux qui est un ami,  et qui doit venir m’installer  un lit médicalisé, ce fut chose faites le lendemain.

Le matin de mon départ je vais voir des amis à la maison de retraite, car maintenant je peux me déplacer et je ne voudrais pas sortir sans aller voir Mme  Lahaye, une brave femme de Floyon et belle mère de ma cousine Bernadette, ainsi que Mr André Harbonnier fils de Mme Harbonnier, que Jeannine a soignée jusqu’au dernier de ses jours, et père de Alain Harbonnier ce monsieur à qui j’ai appris à tailler les onglons des moutons, et qui m’en a toujours été reconnaissant.

Le mercredi 24  je reprends la route pour Fesmy, réintégrer sa maison quel bonheur, j’ai du travail sur mon ordinateur, mais j’ai promis à Jeannine d’être quelques jours à me reposer.

Premier chose à faire sur l’ordinateur analyser les recherches sur Grosperrin, je rédige un article, que je trouve satisfaisant, je ne vous en ajoute pas le texte, vous aurez l’occasion de le voir plus loin, et ensuite je rédige mon blog sur internet, les textes sont  prêts, mais le plus délicat est de le mettre sur internet, le 28 septembre je peux lancer ce blog, « Résistance en Avesnois 39/45 » sur le début les visites sont rares, mais au fur et a mesure des jours 6  à 7 visites par jour, et maintenant que nous sommes le 12 mars je suis à 3740  visites, à 10 heures il y a eu 15 visiteurs  il arrive de recevoir 31 visiteurs sur une journée.

Comme les recherches sur Lucien Grosperrin, sont terminées je me décide de faire son blog, quand le premier est fait surtout avec un professeur comme Philippe Palmiotti, on apprend vite, quelques jours après je lance le blog  le 3 octobre 2009  « Lucien Grosperrin » il marche bien aussi, il est en référence sur le mien, aujourd’hui 12  mars 2009 il a reçu 580  visites.

Au 15 octobre le kinésithérapeute me dit voici la fin de mes visites vous avez très bien récupéré  maintenant d’ici un  mois vous ne boiterez plus, en effet j’ai fait beaucoup de progrès, le dimanche 9 novembre je vais à la manifestation à Haudroy, mon porte drapeau Sébastien il  est très content d’y venir,  je l’ai photographié avec le drapeau sur la stèle face au monument, un très beau souvenir que je me suis dépêché  d’envoyez à son oncle  Jean-  Jacques Débuchy, c’était une belle manifestation 148 drapeaux et environ 300 personnes,  après le monument un défilé de tous les drapeaux  jusqu’à la salle de réception dans la Capelle.

Le 11 novembre est un jour sacré pour moi à Cartignies, à 10 Heures  je suis à la salle des fêtes, pour l’exposition toujours appréciée  de Charles Cornet,  à 11 heures Bernard mon porte drapeau est présent, défilé aux monuments et ensuite verre de l’amitié à la salle des fêtes, je rencontre des vieilles connaissances.

Je reçois beaucoup de visites surtout pour des renseignements sur la TNT, je donne la marche à suivre ou je vais régler des décodeurs TNT terrestre des TNT Sat.   

Je me dépense beaucoup, il faut dire que ma santé va  très bien en ce moment, et comme je ne sais pas rester tranquille, mais Jeannine me rappelle souvent que j’exagère.

Le 20 décembre nous sommes invités au mariage de la fille de Gérard Walemme, mais comme  nous ne faisons plus de repas, Gérard insiste,  me disant tu ne peux refuser, tu es venu à son baptême, tu es venu à sa communion et tu te souviens de ces repas bien arrosés les photos souvenirs que nous avons de toi, et force d’insister nous cédons mais nous ne resterons pas jusque la fin. Ce jour là, toute la famille est réunie nous sommes contents d’être rassemblés, mais Michel le frère de Gérard me dit, le premier août 2009 ce sont nos noces d’or vous ne pouvez pas faire sans venir, et je suis harcelé  par sa  charmante et bouillante fille Christine qui ne cède pas tant que nous n’avons pas dit oui, ensuite c’est Denise leur sœur qui vient nous dire le dimanche 19 avril ce sont nos noces d’or, vous êtes ici aujourd’hui vous allez chez Michel vous ne pouvez pas faire sans venir, que voulez vous ,nous ne pouvons que céder, ils m’ont toujours considéré comme leur frère.

Le repas se passe très bien, il est bon de rencontrer la famille se remémorer ses souvenirs, et nous en avons beaucoup, bien sûr nous causons du baptême  de la communion de Elise,  la mariée  en particulier d’un moment où nous avions bien vécu, j’ai été mis sur une table par les cousins et amis m’ont mis en slip et maillot de corps et avec un ruban rose dans les cheveux, je n’ai eu que le temps de sauter en bas de la table  je pense qu’il m’auraient mis a poil, et bien sûr j’ai été photographié, dans  cette ambiance, nous serions bien resté jusque la fin, mais il faut être raisonnable, le régime et la santé avant tout, arrivé au trou normand nous avons repris la route bien sûr avec regrets, mais avec les promesses pour les noces d’or nous sommes de revue.

Le lundi 29 décembre voyant que mes mémoires ont besoin de corrections,  je pense à un ami que je connais depuis plus de 35 ans, ancien directeur d’école à la retraite, je lui téléphone et lui explique que j’aurais un texte à corriger et à mettre en forme, il est d’accord aussitôt, et même content que je m’adresse à lui, et quelques jours après , je lui envoie la première partie, il me demande cependant de garder l’anonymat car il lui faut choisir à certains moments entre l’authenticité de mes propos et certaines règles de français .Je peux dire qu’il est resté fidèle à ce que je voulais écrire.

                                                Voici l’année 2009  

 

J’avais l’intention de l’écrire mais des événements importants ont entaché mon honneur.et je me vois d’en l’obligation de renoncer

 

 

 

 

 

 

 

 



22/12/2018
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